Le jury du 65e Festival de Cannes a décerné la Palme d’or à Amour, de Michael Haneke, qui réussit la gageure d’allier l’absence de style au conformisme moral le plus affligeant. Ce cinéaste nous donne, année après année, des films de facture lisse et morne, dépourvus de tout enjeu esthétique, au service de récits aigres qui tentent de manipuler le spectateur afin de lui donner une bonne leçon. Rien de très nouveau sous le soleil cannois : si l’on excepte la parenthèse enchantée 1976-1980, au cours de laquelle furent récompensées des œuvres majeure (Taxi Driver, Padre padrone, L’Arbre aux sabots, Apocalypse Now, Kagemusha), Cannes s’est pratiquement toujours trompé, honorant avec constance des œuvrettes à la mode qui furent promptement oubliées, et passant à côté des plus grands films.

*Photo : buzzbuzz

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