Le nouveau roman de Michel Houellebecq, Soumission (Flammarion, 2014), divise la critique, jusque-là quasi-unanimement acquise au Goncourt 2010. Tandis que le directeur de la rédaction de Libération voit dans ce livre d’anticipation un symptôme de la « zemmourisation » des esprits et une validation des idées du Front national, Alain Finkielkraut salue le « grand romancier du possible » qu’est Houellebecq. Pour l’académicien, l’arrivée au pouvoir d’un parti musulman est un scénario possible à l’avenir, au même titre que la généralisation du clonage que prophétise cet « Alceste à cigarette ».  Bref, « Houellebecq appuie là où ça fait très mal et les progressistes crient aïe ! »

Revenant sur l’affaire Piketty, Alain Finkielkraut s’agace de voir ce jeune économiste refuser la Légion d’honneur à grands renforts de médias. « Les rebelles d’aujourd’hui sont des enfants gâtés » estime-t-il, arguant qu’il est « tout à fait légitime que la République mette à l’honneur un certain nombre de gens dont les travaux sont jugés estimables ». Le débat est ouvert !

*Photo : GINIES/SIPA. 00697589_000022.