Les analyses après-coup de la campagne américaine pleuvent comme la mitraille à Gravelotte (18 août 1870), la réélection d’Obama fait à la fois mentir les statistiques et jubiler la gauche française, persuadée qu’il est proche d’eux et que Romney était un clone d’Hitler.

La sympathie qu’inspire le bonhomme est en grande partie due à la couleur de sa peau, le respect qu’on se doit d’éprouver, plus ancré dans le réel lui, vient du fait qu’il est brillant intellectuellement parlant, un politicien habile et dur, autoritaire et faussement décontracté, un homme cultivé bon père de famille, pieux et conscient de la grandeur de son pays : bref le parfait américain ! Ce qui devrait rebuter le français commun d’ordinaire…

Sans revenir sur une campagne assez terne politiquement et centrée essentiellement sur le spectacle publicitaire du dénigrement mutuel, ni redire après d’autres la cause essentielle de la défaite républicaine, c’est à dire le déphasage démographique d’un parti « blanc ». Les questions économiques furent tout de même capitales, parce que les États Unis, même si un frémissement se fait sentir, ne sont pas au mieux (légère baisse du chômage, reprise timide du marché immobilier) et que se profile l’échéance du 31 décembre 2012 : la bien nommée « falaise fiscale » (Fiscal cliff).

Réduire les déficits budgétaires d’un commun accord au Congrès va être un marathon beaucoup plus difficile que le classique new-yorkais, bien que celui de cette année ait été annulé à cause de la vilaine Frankenstorm : Sandy. Obama va devoir négocier avec ses adversaires majoritaires et trouver un compromis. Au premier de l’an, les crédits d’impôts mis en place par Bush se terminent et certaines dépenses publiques pourraient être amputées, d’aucuns prédisent déjà une perte d’un point, voire un point et demi de PIB, ce qui n’arrangera pas la consommation et le chômage… Dépenses militaires, médicare, éducation ? Les infrastructures du pays auraient semble-t-il besoin d’un sérieux ravalement!(routes, chemin de fer, ponts, etc.)

Bref le suspense démarre bien avant l’investiture du réélu, le cliffhanger avec Barack Obama dans le rôle de Gabe Walker, moins musclé que Stallone sans doute, mais la falaise, elle, est colossale.

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