Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…



De loin, j’observais la Sauvageonne : elle rayonnait ainsi, toute en rousseur. Car, oui, fidèles et fort aimés lecteurs du forum, la Sauvageonne s’est fait teindre les cheveux en roux par Maelys, son esthéticienne. Causeur ne sera malheureusement pas le premier média à l’annoncer : Closer (lointain cousin de votre journal adulé) et Voici l’ont déjà fait.
Que Jonathan et Martin, mes deux rédacteurs en chef uniques et préférés, me pardonnent : depuis des semaines sur écoute téléphonique, la Sauvageonne a été épiée et suivie par une meute de paparazzis ; tel est le prix de sa célébrité. Donc, je l’observais à la galerie de la Dodane, où trois artistes exposaient leurs œuvres : Silvia Thomire, Episodik et Danielle Borla. Originaire de Rouen, la première fait partie de l’association des Amis des arts, pratique une technique mixte et a vécu aux Etats-Unis où son mari travaillait. Autodidacte, elle peint depuis trente ans. « J’ai commencé en Espagne, comme ça, pour m’amuser, puis j’ai pris des cours de peinture », explique-t-elle. « Je vivais entre Tarragone et Barcelone. J’ai rencontré là-bas une artiste peintre très intéressante qui peignait dans le style fauvisme (même si ce n’est pas du tout mon truc). J’ai appris les techniques de la nature morte. Puis, j’ai rencontré Sylvain, mon mari qui aime beaucoup l’art moderne. Je suis très inspiré par la couleur, les matières. Aux Etats-Unis, j’ai utilisé la cannette. Et j’ai continué. J’emploie différents médiums. La cannette, je l’utilise comme un bijou, pour fasciner, pour amener de la matière dans la toile. J’utilise de la peinture acrylique, des pastels à l’huile, des pastels sèches ; j’aime beaucoup peindre à l’instinct. J’aime aussi beaucoup le fusain. J’emploie l’acrylique pour des facilités de séchage. J’utilise également l’huile ; ce n’est pas du tout la même approche. » Une cannette au beau milieu d’une toile, c’est vrai que ça surprend. Elle se dirige vers l’une d’elles en particulier et la commente : « Cette toile représente les tours de la General Motors où travaillait mon époux. Détroit est le fief de Pepsi. Aujourd’hui Coca-Cola les dépasse largement ; Pepsi perd des usines. Ce tableau a été fait en 2013 ; il représente Coca qui explose et qui étouffe Pepsi. Nous étions à Détroit de 2012 à 2016. En Espagne, j’y suis allée de 1997 à 2002. » Deuxième artiste : son vrai prénom est Rodolphe mais son nom d’artiste est Episodik ce qui s’explique par le fait qu’il expose volontairement peu. C’est pour lui un exutoire. Il dessine depuis la prime enfance mais, après une formation en droit, en histoire et en sciences politiques, il avait mis son activité artistique en sommeil ; celle-ci a fait son retour alors qu’il avait 30 ans grâce aux nouveaux outils numériques : « Mes créations sont imprimées sur une plaque d’aluminium. C’est un process digital. » Quant à la troisième, Danielle Borla, dont nous avions déjà évoqué le travail dans cette même chronique, elle présentait une dizaine de toiles. « C’est Silvia qui m’a invitée à exposer avec elle », dit-elle. « Un vrai plaisir. Il y a eu pas mal de visiteurs sauf hier samedi à cause de la manifestation ; on s’y attendait un peu. J’expose beaucoup de marines car mon âme est faite d’embruns. Je ne sais faire que ça. À cause de ma vue qui baisse, je vais me mettre à l’abstrait, mais ça partira toujours de la mer. Peut-être des fonds marins. » Trois artistes ; trois styles très différents.

