Lilian Euzéby est un grand artiste. Et son coup de pinceau se double d’une belle plume, comme le révèle ce livre d’art où s’alternent textes inspirés et profonds paysages.

Chers lecteurs qui ne connaissez pas encore la peinture de Lilian Euzéby, bonne nouvelle, un magnifique livre vient de paraître : Du retour de ces ondes. Dans ce superbe livre d’art de 250 pages composé de très belles reproductions et de textes courts et puissants – chose rare dans la peinture actuelle, l’artiste sait écrire ! – Euzéby nous invite à un voyage passionnant au sein d’étonnants paysages. Depuis près de trente ans, Lilian Euzéby raconte le lien qu’entretient le paysage avec le temps qui passe. Ses œuvres déroutent par des labyrinthes étranges où le présent, l’avenir et le jadis se superposent et se confondent. Il écrit : « Lorsque je peins un paysage, mon seul but est d’y découvrir comme le chasseur paléolithique accroupi dans la boue, quelques traces qui feront que je poursuive mon existence de conteur. » Ses textes nous apprennent à appréhender sa peinture « comme lorsqu’on regarde au-dessus d’une rivière, on y voit d’abord l’eau, puis le reflet des arbres. En observant un peu plus attentivement on distingue le fond de la rivière, les cailloux, les algues ondulantes et la vase. On devine la profondeur de l’eau, on se perd dans l’obscur, on cherche à comprendre la matière et puis on est ébloui à la surface par le reflet du ciel infini. » Les gorges du Gardon l’inspirent. C’est d’ailleurs là-bas, dans le charmant village de Russan, entre Nîmes et Uzès, que se trouve son atelier – magnifique de vieilles pierres et visitable sur demande. Autodidacte, curieux et érudit, Lilian Euzéby explore la vie secrète des choses en se plongeant dans les profondeurs anciennes pour y ressentir l’éblouissant frisson que donne la découverte du sacré dans les choses de la nature. Le cycle de l’eau et du vent, le vol des oiseaux, le ciel décideur, les astres brillants et les civilisations gréco-latines, les roches et les forêts, la mer antique et les anciens chemins… Dans ce tout, il enfouit ses pépites littéraires. Nous sommes très loin des infantilisantes grandes foires d’art contemporain pour happy few analphabètes et déracinés. Derrière la poussière, dans le fond de ses eaux, Borges, Nietzche ou Rimbaud sont à demi cachés. Ici, les dieux et la tragédie sont présents : « Le paysage est tragique car même le plus élémentaire, le moins pittoresque nous fait ressentir derrière sa nature simple la présence d’un dieu caché. Ma vie durant, avec innocence, j’ai cherché les signes du sacré. » La peinture de Lilian Euzéby peut sembler abstraite, belle et décorative à l’œil distrait, mais elle décrit minutieusement une nature complexe et inachevée. Sous différents angles, Euzéby nous offre tout un monde saisi dans un émerveillement singulier, avec le grand mystère originel comme horizon poétique.
Du retour de ces ondes, en vente directement auprès de l’artiste (150 exemplaires dont 50 numérotés, signés et accompagnés d’un monotype également numéroté et signé), www.euzeby.me.


