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Présidentielle 2027 : le second tour Mélenchon-Le Pen est-il devenu inévitable ?


Présidentielle 2027 : le second tour Mélenchon-Le Pen est-il devenu inévitable ?
Jean-Luc Melenchon. Leftist party La France Insoumise (LFI) candidate in France's 2027 presidential election Jean-Luc Melenchon takes part in Politico s Major Interviews series in Paris, France on September 24, 2026. Jean-Luc Melenchon candidat pour La France Insoumise (LFI) pour l election presidentielle 2027 participe aux grands entretiens du site Politico a Paris, le jeudi 22 septembre 2026 //ALAINROBERT_1J6A9915/Credit:Alain ROBERT/SIPA/2609250731

Marine Le Pen reste largement en tête, Jean-Luc Mélenchon progresse à 17 % et Édouard Philippe tombe à 15 % dans l’hypothèse où il représente seul le bloc central. Six mois avant la présidentielle, le dernier sondage Ipsos BVA pour Le Parisien installe pour la première fois le chef des Insoumis au second tour dans toutes les configurations testées. Le scénario longtemps présenté comme un épouvantail devient une hypothèse très sérieuse. Mais il est encore trop tôt pour parler d’inéluctable.


Pendant des mois, Édouard Philippe a été présenté comme l’adversaire le plus probable de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. L’ancien Premier ministre semblait disposer d’un avantage simple : un bloc central affaibli mais encore suffisamment large pour lui permettre de devancer une gauche éclatée. Le dernier sondage Ipsos BVA-CESI pour Le Parisien bouleverse ce scénario.

Dans les quatre hypothèses testées, Marine Le Pen arrive toujours largement en tête avec 32 à 33,5 % des intentions de vote. Mais derrière elle, Jean-Luc Mélenchon atteint désormais 17 % et se qualifie pour le second tour dans toutes les configurations. Lorsqu’Édouard Philippe est le candidat du bloc central, il n’obtient plus que 15 %, contre 17 % pour le leader de La France insoumise. Raphaël Glucksmann suit à 14 %. Le sondage a été réalisé les 21 et 22 octobre auprès de 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales.

Édouard Philippe perd son statut de favori du centre

La comparaison avec septembre est sévère pour l’ancien Premier ministre. Il y a encore quelques semaines, un précédent sondage Ipsos BVA le plaçait à 19 % lorsqu’il représentait seul le bloc central, derrière Marine Le Pen mais devant Mélenchon. Il tombe aujourd’hui à 15 %. Gabriel Attal recule lui aussi dans les scénarios où il est testé.

Ce décrochage pose une question plus large que celle des personnes. Le macronisme peut-il encore produire un candidat capable de rassembler suffisamment au premier tour ? Après dix années au pouvoir, le bloc central paie l’usure d’Emmanuel Macron, la situation budgétaire, les tensions sociales et l’absence de successeur incontestable. Philippe conserve une image de présidentiable, mais cette image ne suffit plus automatiquement à garantir sa qualification.

Mélenchon bénéficie de la polarisation

À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon dispose d’un socle très consolidé. Ses 17 % représentent une progression de deux points par rapport à septembre dans l’enquête Ipsos. Ce niveau reste très loin de celui de Marine Le Pen, mais dans un paysage fragmenté, il peut suffire à atteindre le second tour.

Le paradoxe est connu. Mélenchon reste l’une des personnalités politiques les plus clivantes du pays, mais cette polarisation lui garantit aussi une base électorale disciplinée. Lorsque le centre, la droite classique et la gauche non mélenchoniste se partagent leurs électeurs entre plusieurs candidatures, un bloc de 17 ou 18 % peut devenir décisif.

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Les violences du 17 octobre n’ont pas fait progresser Marine Le Pen dans cette enquête, contrairement à ce qu’une lecture mécanique aurait pu laisser penser. Elles n’ont pas davantage affaibli Mélenchon. Le résultat le plus visible est plutôt l’érosion des candidats du centre, alors que les deux pôles les plus structurés conservent ou renforcent leurs positions.

Un second tour qui ferait exploser le vieux « front républicain »

Un duel Le Pen-Mélenchon placerait le pays dans une situation politique entièrement différente des seconds tours de 2017 et 2022. Le réflexe du « front républicain » deviendrait beaucoup plus incertain. Une partie de la droite et du centre refuserait probablement de voter pour Mélenchon ; une partie de la gauche modérée pourrait tout aussi difficilement soutenir Marine Le Pen. Les reports de voix deviendraient l’enjeu central d’une campagne où chacun des deux finalistes susciterait un rejet massif dans le camp adverse.

C’est aussi ce qui rend le scénario si spectaculaire. Pendant des années, le duel entre le RN et LFI a servi d’argument aux partis de gouvernement pour appeler au rassemblement. Aujourd’hui, l’affaiblissement de ces mêmes partis pourrait précisément rendre ce duel possible.

Six mois, c’est encore très long

Il serait pourtant absurde de qualifier ce second tour d’inévitable. Une intention de vote n’est pas une prédiction. La campagne n’est pas figée, les candidatures définitives ne sont pas toutes connues et la gauche non mélenchoniste comme la droite peuvent encore recomposer le jeu. Le récent succès de Raphaël Glucksmann dans la primaire du centre gauche rappelle d’ailleurs que des dynamiques peuvent apparaître rapidement.

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Les marges entre Mélenchon, Philippe et Glucksmann restent suffisamment faibles pour qu’un événement politique, une candidature retirée ou une campagne réussie modifie l’ordre d’arrivée. À six mois du scrutin, quatre ou cinq points ne constituent pas un mur infranchissable.

Mais quelque chose a changé. Le second tour Le Pen-Mélenchon n’est plus seulement le scénario repoussoir brandi dans les débats télévisés. Il est désormais celui que produit une enquête d’opinion importante dans toutes les hypothèses testées. Édouard Philippe, qui apparaissait encore récemment comme le mieux placé pour l’empêcher, n’a plus de marge de sécurité. La présidentielle française entre ainsi dans une phase où les deux candidats les plus clivants sont aussi, pour le moment, les deux candidats les mieux placés.



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