À l’automne, United World Wrestling élira son président pour un nouveau mandat. Cette échéance intervient dans un contexte où la Fédération doit à la fois renforcer sa gouvernance, consolider son modèle économique et préparer l’avenir de la lutte au sein du programme olympique. Plusieurs questions soulevées par les enquêtes publiées ces derniers jours demeurent toutefois sans réponse…
Depuis plusieurs semaines, Causeur publie une série d’enquêtes consacrées à la gouvernance de United World Wrestling (UWW), la fédération internationale qui dirige la lutte olympique. Ces articles ont notamment porté sur la procédure de désignation des Championnats du monde 2026, sur la situation financière de la fédération, sur son modèle économique, sur certaines décisions de gouvernance prises par son Bureau, ainsi que sur des questions relatives à la transparence de plusieurs opérations et déplacements impliquant ses dirigeants. À chaque étape, les personnes concernées ont été sollicitées afin de pouvoir présenter leurs observations avant publication. L’objectif de cette série n’est pas de démontrer l’existence d’irrégularités, mais de documenter le fonctionnement d’une organisation investie d’une mission d’intérêt général pour le mouvement sportif international et financée en partie par les revenus du mouvement olympique.
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Ces questions interviennent à un moment particulièrement important pour l’avenir de la discipline. La lutte figure au programme des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, mais, comme toutes les disciplines olympiques, elle devra continuer à démontrer sa valeur sportive, économique et médiatique pour conserver sa place au-delà de cette échéance. Les fédérations internationales sont aujourd’hui évaluées sur des critères de gouvernance, de transparence, de solidité financière, d’audience et de développement mondial. Dans ce contexte, les choix de la direction de l’UWW dépassent largement les enjeux internes de la Fédération : ils concernent l’avenir de plusieurs centaines de fédérations nationales, de milliers d’athlètes et la capacité de la lutte à demeurer durablement un sport olympique.
Une élection décisive pour l’avenir de la lutte
L’élection présidentielle prévue à l’automne revêt donc une importance particulière. Nenad Lalović, qui dirige l’UWW depuis 2013, sollicite un troisième mandat. À ce stade, il n’a pas présenté publiquement de programme détaillant les priorités qu’il entend mettre en œuvre au cours des prochaines années, notamment sur les questions de gouvernance, de développement économique ou de stratégie olympique. Ce débat est d’autant plus important que la lutte a déjà connu, en 2013, une remise en cause de sa présence au programme olympique avant d’être réintégrée à l’issue d’une réforme profonde de sa gouvernance. Il convient de rappeler que cette crise de 2013 est précisément celle qui a conduit à l’arrivée de Nenad Lalović à la présidence de l’UWW. Plus d’une décennie plus tard, la question de la capacité de la Fédération à consolider durablement la place de la discipline dans le mouvement olympique demeure un enjeu majeur pour l’ensemble de ses acteurs.
Au cours des dernières semaines, nous avons adressé plusieurs demandes d’information à différentes organisations dans le cadre d’une enquête portant sur la gouvernance de United World Wrestling (UWW). Ces demandes concernaient notamment certains documents financiers, des déplacements en avion privé et plusieurs décisions intervenues avant l’élection à la présidence de la fédération.
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Les courriers ont été adressés à des banques, à des aéroports, à des entreprises privées ainsi qu’à plusieurs organismes publics. Ils ne portaient ni sur des informations couvertes par le secret bancaire ni sur des données personnelles. Ils visaient essentiellement à vérifier l’authenticité de certains documents, à confirmer des faits matériels ou à permettre aux personnes et aux institutions concernées d’exposer leur position avant publication.
À ce jour, certaines organisations ont accusé réception de nos courriers sans répondre aux questions posées. D’autres n’ont donné aucune suite. Dans quelques cas, les demandes ont été transmises à différents services sans qu’une réponse n’intervienne.
De nombreuses raisons peuvent expliquer cette situation. Une organisation peut choisir de ne pas répondre à un journaliste. Elle peut également être tenue par des contraintes juridiques ou internes. L’absence de réponse ne permet donc pas, en elle-même, de tirer une conclusion sur les faits faisant l’objet de l’enquête. En revanche, elle signifie qu’un certain nombre de vérifications n’ont pas pu être effectuées auprès des organismes directement concernés.
Les réponses obtenues à ce stade
M. Nenad Lalović a répondu à nos questions. Il conteste l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis et soutient que les documents transmis sont des faux. Une autre réponse a été reçue d’une société privée mentionnée dans certains documents soumis à vérification. Cette réponse a été prise en compte dans le cadre de l’enquête. Elle n’a toutefois pas permis, à ce stade, de confirmer ou d’infirmer les éléments factuels sur lesquels portaient nos demandes.
Plusieurs points demeurent ainsi en cours de vérification. Les documents financiers transmis sont-ils authentiques ? Les relations contractuelles auxquelles ils font référence ont-elles existé ? Les opérations financières qui y sont mentionnées correspondent-elles à des opérations réelles ? Quel a été, le cas échéant, le rôle des différentes personnes et sociétés citées dans ces documents ? Les organes dirigeants de l’UWW avaient-ils connaissance des faits évoqués, s’ils étaient établis ?
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Comme indiqué plus haut, ces questions ont été adressées aux personnes et aux organismes susceptibles de disposer d’informations utiles. Certaines demandes ont donné lieu à une réponse, d’autres n’ont reçu qu’une réponse partielle ou n’ont pas donné lieu à une réponse sur le fond. Ces circonstances ne permettent pas, à elles seules, de tirer une conclusion sur les faits examinés ; elles conduisent simplement à constater que plusieurs vérifications n’ont, à ce jour, pas pu être menées à leur terme. L’objet de cette publication n’est donc pas de tirer des conclusions à partir d’absences de réponse. Il consiste à rendre compte de l’état actuel de l’enquête. L’enquête, reprise par d’autres médias, se poursuit afin de vérifier les éléments qui n’ont pas encore pu l’être.
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