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Un langage de diplomate

Jean-Luc Mélenchon et l'animalisation de l'adversaire


Un langage de diplomate
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Tout en continuant de développer ses analyses géopolitiques disruptives, le leader de l’extrème gauche animalise ses adversaires lors de ses voeux


Bien que cela ne soit « pas dans sa culture de Maghrébin-Européen », le candidat officiel du grand remplacement a présenté ses vœux devant près de 600 « camarades », à Paris, le 6 janvier. L’occasion pour notre général Tapioca de livrer un discours d’une heure et demie largement consacré à la politique internationale.

Trois jours plus tôt, les Américains ont mené l’opération « Absolute Resolve » à Caracas. Les journaux français ont alors évoqué la « capture» de Marudo, ce qui a profondément irrité le leader de la gauche. Il met donc en garde ses soutiens : il faut absolument parler d’« enlèvement » ou de « kidnapping » — comme seul Le Monde, qu’il exècre pourtant en temps normal, l’a fait. « Les Chinois sont plus respectueux des autres que les États-Unis d’Amérique (…) Ce que vous voyez, c’est une bête blessée à mort qui se débat », analyse-t-il, se réjouissant de la dédollarisation de l’économie mondiale. Cependant, le tribun n’oublie pas de régler ses comptes avec Emmanuel Macron, ce « kéké » qui « dit un jour une chose et le lendemain le contraire » : « son arrogance néocoloniale déshonore la France. Cet homme qui nous préside est un poulet d’élevage. Pas une fois de sa vie il n’est allé dans le champ picorer… Toujours il est arrivé à l’heure de la gamelle en regardant si elle était pleine ! » La salle exulte. Une fois l’ennemi politique suffisamment ridiculisé-animalisé, tout est permis. « Tout anticommuniste est un chien », disait Sartre, pendant qu’à Moscou, on chassait vipères lubriques et rats visqueux. Évoquant l’Algérie et l’Afrique, Mélenchon affirme que Macron « nous a fâchés avec tout le monde » et qu’il « nous fait honte ». Avec le Maghreb, dit-il, « c’est une histoire de famille » : ancienne puissance coloniale, la France devrait donc « baisser le ton ». Après avoir adressé ses « pensées émues pour les camarades vénézuéliens et cubains assassinés », le chef de meute se tourne vers la Chine : « Nous ne voulons pas être les vassaux des USA. Tous ceux qui ne sont pas avec les USA sont nos amis ! »

Vu de LFI, le monde est simple.

Février 2026 - #142

Article extrait du Magazine Causeur




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Rédacteur en chef du site Causeur.fr

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