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Le contribuable canadien est bien abattu et passe à la casserole


Le contribuable canadien est bien abattu et passe à la casserole
Le ministre canadien de l’Agriculture, Heath MacDonald, au centre, est accompagné de la ministre du Développement économique de l’Île-du-Prince-Édouard, Darlene Compton, à droite, et de Russ Mallard, président d’Atlantic Beef Products Inc., lors d’une conférence de presse à Albany le 9 janvier, afin d’annoncer des aides gouvernementales pour une expansion halal à l’usine de transformation de bœuf © Instragram de M. MacDonald

Le gouvernement fédéral canadien participe à la transformation des abattoirs pour produire plus facilement de la viande halal à hauteur de 40 millions de dollars. De quoi scandaliser le contribuable laïque pendant que le multiculturalisme entérine l’invasion des mets halal dans les écoles du pays.


Manger, c’est incorporer un territoire.
Jean Brunhes.

Ventre affamé n’a pas d’oreilles mais il a un sacré nez.
Alphonse Allais.

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu’il n’y a point d’idole dans le monde, et qu’il n’y a qu’un seul Dieu.
1 Cor. 8:4


Au Canada, comme en Union européenne, en dérogation du droit commun fondé sur des critères scientifiques modernes, est légal l’abattage des bovins selon les rites juif et musulman : est autorisé, sans étourdissement préalable, l’égorgement de l’animal selon une technique par laquelle est tranché l’œsophage. Il en résulte une entorse à la séparation de la mosquée et de la synagogue et de l’État; sur le plan de la santé publique, elle se traduit par un risque de contamination de la viande; enfin, il y a mépris de la souffrance animale.

En principe, le non-respect des règles sanitaires concerne la société entière et non pas uniquement le consommateur lambda: le gastronome qui, après avoir ingurgité un aliment toxique, fait gicler par spasmes à partir de ses orifices des liquides et semi-liquides biologiques verdâtres, compte sur le système de santé national pour se remettre sur pied; est aussi malsaine la tolérance de la cruauté animale. Cependant, aux fins de la présente discussion, l’on admettra charitablement la prémisse portant que la loi civile peut, malgré tout, licitement prévoir ce genre d’exemption et laisser chaque quidam aspirant à la transcendance libre de ses choix culinaires, lesquels, en théorie, n’engagent que lui seul.

Bien-pensance canadienne

Jusqu’à une époque relativement récente, les musulmans croyants pouvaient s’approvisionner sans problèmes dans les établissements classiques, en application du principe de nécessité reconnu par la charia, qui permet d’arrondir les angles : l’interdiction totale du porc demeurait évidemment intangible, mais l’on pouvait, sans risque d’anathème, commander ses viandes en elles-mêmes licites mais provenant d’animaux abattus selon l’hygiène moderne à la séculaire boucherie Sanzot (à condition d’en trouver le numéro de téléphone exact). Par contre, les orthodoxes ont toujours été tenus de faire leurs achats dans les boutiques approuvées par le rabbinat, même si la halakhah connaît le précepte « la loi du Royaume est la loi » en v.f. (« dina d’makhulta dina » en v.o.).

L’on voit mal en quoi la simple phase d’étourdissement préalable et une technique d’un égorgement relativement indolore du bestiau constituent une violation grave de la méthode religieuse. La solution la plus simple eût donc été d’imposer l’abattage conforme à la loi civile, quitte à organiser la présence des rabbins et des imams, qui eussent pu alors accorder leurs certifications, cachère et halal, après avoir scandé leur bénédiction. Au Canada, l’on invoque ad nauseam le principe d’« accommodements raisonnables », lequel, hélas, est à sens unique.

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Mais… c’était sans compter sur une volonté de ségrégation socioreligieuse, de contrôle du groupe. Et, pour les islamistes, sur la juteuse source de financement d’un réseau parallèle d’abattoirs halal, qui connait en effet un substantiel développement depuis une trentaine d’années, ce qui n’est pas le cas des établissements cachère, la population juive orthodoxe étant considérablement plus faible et stable.

En outre, multiculturalisme canadien à toutes les sauces oblige, on constate un phénomène insidieux : l’invasion des mets halal dans les institutions publiques, notamment les cantines scolaires. Selon une certaine bien-pensance, s’ils sont servis à tous les élèves sans distinction de race ou de religion, chacun y trouve son compte : les jeunes musulmans mastiquent conformément aux prescriptions religieuses que leur imposent leurs parents, tandis que pour les petits roumis, rien ne change puisque les recettes sont les mêmes, la préparation est la même et surtout, oui, surtout, aucune différence de goût pour les jeunes palais! Tout le monde est content et personne n’est lésé. Un admirable d’exemple d’œcuménisme. Où est le problème?

La réponse est on ne peut plus simple : cette pratique impose, précisément, aux familles laïques, la consommation de produits contestables sur le plan sanitaire et moral. Nul besoin d’être vegan ou carnivore islamophobe pour défendre des méthodes d’abattage conformes à la science moderne. Que des écoles islamiques privées s’en tiennent à un menu halal, grand bien leur fasse, mais c’est une hérésie en ce qui concerne l’école publique. En revanche, il revient aux parents concernés qui optent pour l’école publique canadienne (qui ne saurait, malheureusement, être qualifiée ni de « républicaine » et ni vraiment de « laïque ») pour leurs enfants de leur préparer un repas du midi selon leurs coutumes ancestrales.

Cela dit, il faut impérativement noter que chacun a droit à ses répulsions et inclinaisons alimentaires, peu importe qu’elles soient fondées sur des considérations d’ordre religieux, culturel, ou purement gastronomique. Les planificateurs de menus scolaires peuvent, et doivent donc, très laïquement, s’en tenir uniquement aux statistiques de consommation, qu’il s’agisse de plats de porc, de viande le vendredi, de chèvre, ou même d’alligator.

Toujours plus loin

Mais, au Canada, l’on va encore plus loin. Très loin. Trop loin. L’abattage halal et cachère y bénéficie maintenant de subventions étatiques.

C’est ce qu’annonce fièrement au début de l’an de grâce 2026 le ministère confédéral de l’agriculture. Oui, le contribuable confédéral laïc, immolé sur l’autel des sacrificateurs, contribue maintenant aux rites religieux. Combien? Une première enveloppe de 25 millions $ pour les deux prochaines années, et il est projeté un total 40 millions $ jusqu’en 2030. Rien que ça[1]. La légalité des viandes halal et cachère, déjà difficile à avaler, est une chose, mais voir l’État les prendre à sa charge est un comble. Une onéreuse tartufferie, d’autant plus que qu’elle stimule ainsi financièrement les activités islamiques se déroulant hors de la cuisine.

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L’évidence est que, en réalité, ce programme vise essentiellement les électeurs islamistes. En y incluant aussi et en instrumentalisant le judaïsme orthodoxe, aux effectifs comparativement négligeables, on s’offre le luxe de noyer le poisson (avec ou sans écailles) : le juif observant sert de caution passive et même d’alibi. Tant mieux pour lui s’il profite ainsi, au passage, d’une manne inattendue. Ironiquement, il doit ce ruissellement financier aux islamistes, mais les voies du Seigneur sont impénétrables. Cela dit, il faut lui rendre cette justice : lui, au moins, n’a pas la prétention d’imposer à la société civile les prescriptions de la cacheroute.

Détail aussi piquant qu’un oursin, ce programme vient d’être lancé à… l’Île-du-Prince-Édouard, grande productrice de fruits de mer, mais moins connue pour ses yechivot.

Le gouvernement de Mark Carney, digne successeur du nouveau minet de Katy Perry, se livre, sans vergogne, à l’achat pur et simple des voix islamistes (il serait incongru de parler ici de pot-de-« vin »…). Cependant, le désespoir civique est prématuré. Une pétition citoyenne vient d’être lancée contre ce cynique détournement de pouvoir. Et y aura-t-il contestation devant la justice?

Seul un aruspice expérimenté pourra trouver la réponse dans les entrailles d’un sanglier dûment sacrifié à cette fin, lesquelles pourront être recyclées en andouillettes. 


[1] https://agriculture.canada.ca/fr/programmes/investissement-casher-halal



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