Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…

Je revenais de Lille ; j’allais être en retard. Ma Sauvageonne prit donc sa voiture pour se rendre au cirque Jules-Verne d’Amiens où était proposé le spectacle Circus Variations. Elle m’avait donné rendez-vous dans le hall, « sur la droite », avait-elle précisé de sa voix de jeune fille bien élevée mais sensuelle comme celle de notre regrettée Brigitte Bardot. Embouteillages, devant moi des conducteurs à la lenteur de gastéropodes à coquille, stationnement difficile, et j’en passe. Effectivement, je fus en retard. Quand j’arrivai, essoufflé, dans le hall du cirque, mon ébouriffée ne se trouvait plus sur la droite, comme prévu. Elle était déjà montée à l’étage pour y trouver une place. Je montais à mon tour l’escalier ; elle m’aperçut, me héla. Mon cœur se mit à battre quand je la vis. Je la rejoignis, joyeux comme un vieux poulain dans une tendre et verte prairie de Thiérache (Aisne). Une fois de plus, c’était elle qui avait choisi notre sortie ; une fois de plus, elle fut bien inspirée. Grâce à Circus Variations, mis en scène par Maroussia Diaz Verbèke, nous passâmes une heure et quinze minutes de plaisir. Au programme : la trentaine de musiciens de l’Orchestre de Picardie, sous la direction de Dylan Corlay, accompagna les numéros des artistes circassiens Vassiliki Rossillion, Maël Commard, Johan Stockmar, Virginia Danh, Alvin Nislsen Nyygaard, Jérémy Mutin et Marisol Lucht. Équilibristes, voltigeurs, acrobates, clown, etc., il y en avait pour tous les goûts. Tous dialoguaient avec les musiciens. Les notes virevoltaient dans les airs comme les artistes. Un vrai bonheur. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir l’écrivain-journaliste Laure Adler en Madame Loyale ! J’eusse voulu la rencontrer à la fin du spectacle pour lui demander ce qu’elle faisait là, en habit de lumière. Passion pour le cirque ? Connivence amicale avec les créateurs de Circus Variations ? Je ne le saurai jamais car je ne la vis point. En revanche, au bar (encore au bar, toujours au bar ; je suis incorrigible!), je fis la connaissance des charmants Marisol Lucht et Maël Commard, ravis de faire partie de cette belle aventure circassienne. Je les pris en photo avant de repartir dans la nuit en compagnie de la Sauvageonne dont les yeux brillaient comme une piste aux étoiles. A ses côtés, j’avais l’étrange impression d’être un très vieux Roger Lanzac. Mais qui, aujourd’hui, se souvient encore de Roger Lanzac ?
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