Comme chaque année, notre directrice de la rédaction se plonge avec délice dans le rapport sur le sexisme en France du Haut Conseil à l’Egalité. Mais cette fois-ci, c’est décidé: elle n’entend plus écouter le HCE tant qu’il ne dénoncera pas les bobards délirants du néo-féminisme! Nous vous proposons de découvrir sa chronique.
Le Haut Conseil à l’Egalité (HCE) publie son rapport annuel sur le sexisme en France. C’est mon marronnier personnel. Chaque année, le HCE explique aux Françaises combien elles sont malheureuses, opprimées, discriminées.
Le sexisme, profondément ancré dans notre société, crée un système structurant d’inégalité. Et il est évidemment reconnu comme un moteur du continuum des « violences sexistes et sexuelles », qui vont du compliment à l’agression, comme chacun sait.
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Sexisme très méchant et sexisme faussement bienveillant
Le sexiste prend aujourd’hui deux formes, selon le Haut Conseil :
Le sexisme hostile : c’est la dévalorisation systématique des femmes et parfois les violences ; il concernerait 23 % des hommes et 12 % des femmes. À quelle catégorie appartient le sifflement dans la rue ? On ne sait pas. Mais sur ce terrain du sexisme méchant, le HCE a détecté cette année une nouvelle tendance venue, je vous le donne en mille, d’Amérique. Ce qui menace l’égalité des sexes en France, ce n’est pas l’islam radical ni le fait que nous accueillons des millions d’hommes issus de cultures peu regardantes sur les droits des femmes. Non, c’est le masculinisme. C’est la faute à Trump, bien sûr.
Le sexisme paternaliste : à côté de ce sexisme méchant, il y a un sexisme faussement bienveillant, paternaliste, qui considère les femmes comme des êtres à protéger. Il serait particulièrement répandu chez nous, les boomers.
Mais le mal est partout. 84 % des femmes ont vécu au moins une situation relevant du sexisme, apprend-on (harcèlement, violences sexuelles, blagues graveleuses…). Je m’inquiète pour les 16 % qui ne l’ont jamais rencontré et je propose de leur offrir à chacune une blague graveleuse.
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Vous ne pouvez pas ironiser sur les violences contre les femmes ! me réplique-t-on toujours. Loin de moi cette idée. Mais se moquer des foutaises du HCE est un devoir. Ce qu’il appelle sexisme bienveillant, c’est le délicieux jeu de rôles entre les sexes où la femme est le butin et l’homme le chasseur. Personne n’est obligé de s’y prêter, on peut échanger les rôles et il n’empêche pas les femmes d’être libres et de prendre la vie d’assaut. Foutez la paix à celles qui veulent des fleurs, des compliments et des portes tenues. Ce qu’ils appellent sexisme, c’est la différence des sexes. Le HCE sera content quand il n’y aura plus ni hommes ni femmes.
Selon le HCE, le déferlement des réseaux masculinistes dans le numérique, qui prétendent répondre aux féministes, est la nouvelle manifestation du sexisme hostile. Cela va de théoriciens de l’infériorité des femmes à des primates conjurant leur peur des femmes en disant des horreurs, parfois en en faisant. 1 milliard d’euros auraient été affectés à ces causes entre 2019 et 2023 (mais c’est une paille à côté de tout ce qui est venu financer les délires wokistes). Le HCE s’inquiète de ce retour de bâton (le fameux « backlash »). J’écouterai le HCE quand il dénoncera les bobards délirants du néo-féminisme punitif et policier qui voit en tout homme un violeur en puissance.
Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio
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