Avec Céline Pina, Eliott Mamane et Jeremy Stubbs.
Au cours de son discours devant le Forum économique mondial à Davos, Donald Trump a insisté sur le fait que les Etats-Unis avaient toujours besoin du Groenland pour assurer la sécurité du monde libre, tout en niant vouloir prendre possession de ce territoire par la force des armes. Pourtant, l’idée d’annexer un territoire – par quelque moyen que ce soit – appartenant à une autre nation est aujourd’hui devenue irrecevable aux yeux des Européens pour qui la paix dépend du respect de la souveraineté de chacun.
Si on comprend très bien que les Européens aient besoin d’exprimer avec une certaine force leur opposition à l’approche de Donald Trump, on peut se demander si Emmanuel Macron a trouvé la meilleure façon de le faire. Car lors de son propre discours à Davos, le chef de l’Etat français a évoqué un possible rapprochement commercial avec la Chine pour compenser les relations tendues avec l’Amérique. Sauf que le peu de combattivité des Européens face à la Chine est précisément un des manquements que Donald Trump leur rapproche. La France veut-elle vraiment suivre l’exemple du Premier ministre canadien, Mark Carney, qui vient de se rendre à Pékin pour forger un nouveau partenariat avec Xi Jinping? Est-ce qu’on affirme sa liberté simplement en changeant de maître?
Dans une certaine mesure, on peut dire que le duel Macron-Trump, c’est l’affrontement entre l’impérialisme de la norme et l’impérialisme de la force.
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A Strasbourg, le Parlement européen a refusé pour le moment de ratifier le traité avec le Mercosur en saisissant la Cour de justice européenne pour que cette dernière valide la compatibilité de cet accord avec le droit européen. Or, si la France se montre très réticente quant à l’application d’un tel accord de libre-échange, l’Allemagne est favorable. Ces tensions internes expriment toute l’incapacité de l’Union européenne à se comporter comme une grande puissance, et les artifices techniques par lesquelles la Commission tente d’imposer l’application immédiate de l’accord montre toute l’immaturité des classes gouvernantes actuelles du Vieux Continent.
La même immaturité trouve un reflet exact au niveau français. Le gouvernement semble sur le point de faire passer son budget, non seulement parce que les députés n’ont pas encore envie de faire face aux électeurs, mais aussi parce qu’un certain nombre des motifs pour des motions de censure ont si peu à voir avec de vraies questions budgétaires.
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