Régulièrement, un(e) romancier(ère) fait son apparition dans notre  firmament littéraire, un virtuose dont l’écriture et la maturité envoûtent. Et puis, il arrive que ce magnifique savoir-faire lasse, agace, et que l’auteur se perde dans le tournis de sa virtuosité. Il y a bien longtemps que Yasmina Reza a dépassé ce cap. Depuis le triomphe planétaire de Art et  Conversations après un enterrement, sa plume cerne impitoyablement les humains trop humains, leurs relations tortueuses, touchantes, minables ou fidèles, et un peu tout cela à la fois. Son dernier livre est un très bon cru. Il s’agit une sorte de Ronde à la Schnitzler, où chaque personnage prend la parole au chapitre suivant celui où il apparaît, un roman choral pas choral, où les airs solos s’enchevêtrent habilement pour créer un Rubik’s cube implacable d’amours et d’amitiés liées par  un fil rouge : la recherche du bonheur.

Yasmina Reza, Heureux les heureux, Flammarion

*Photo : Donna Cymek.

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