734 854 329 : c’est le nombre de phrases commençant par un chiffre-mystère employées par les journalistes français depuis 10 ans. Doit-on en conclure que cette fleur de rhétorique est fanée jusqu’à l’os ? Plus éculée que les sabots d’un vieil homme obèse ? Ce chiffre donne-t-il raison à Isabelle Sorente lorsqu’elle estime, dans son remarquable essai Addiction générale (Lattès), que l’obsession des chiffres dans nos sociétés est une passion aussi grotesque que criminelle, une drogue dévastatrice interdisant l’accès à toute science et raison authentiques ? Rien n’est moins sûr, puisque 97,3 % des Français exigent au contraire que nos journalistes leur prodiguent 9 fois plus de chiffres dans la prochaine décennie.

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Bruno Maillé
est un paria timide.Ecrivain fantôme en voie de matérialisation, il gravite depuis quinze ans entre diverses revues antimodernes, notamment  L’Atelier du roman.Depuis qu’il écrit à rebrousse-poil dans Causeur, sa conscience politique vient enfin de dépasser d’une courte tête celle de la limace ordinaire. 
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