LGBTIQ : Lesbiennes, Gay, Bisexuels, Transsexuels, Intersexuels et Queer, tel est l’acronyme qui désigne le mouvement de lutte pour l’émancipation des personnes non hétérosexuelles.
D’aucuns pourront juger le choix de ces lettres discriminant puisqu’il ne prend pas en compte d’autres pratiques sexuelles alternatives à l’héterosexisme fascisant qui norme la société : A comme Asexuel et P comme Pansexuel ou « Polyamoureux » auraient aussi bien leur place dans l’acronyme.
Il est amusant de voir que les queer (« personnes ne souhaitant pas se voir définies par leur sexe ou leurs pratiques sexuelles ») se retrouvent étiqueté-e-s derrière une lettre ou un sigle. Mais les militants de la cause LGBTIQ ne s’embarrassent pas de petites contradictions.
« No gender, no master » est le cri de révolte suprêmement subversif qui anime le mouvement Queer. Ce dernier a trouvé ces dernières années un relais à Sciences Po à travers la création d’une association « Queer week Sciences Po », qui organise chaque année une « semaine de réflexion autour des questions de genre et de sexualités ».
Rappelons qu’à Sciences Po, une chaire spécialement dédiée aux gender studies avait vu le jour en 2010 (alors que l’institution refuse toujours la création d’une chaire d’économie sociale et solidaire, chacun ses priorités…) sous l’impulsion de feu Richard Descoings, créateur de la première Queer Week.
Le thème de cette année : l’Art, défini comme un « instrument de contestation [qui] offre à la théorie queer le moyen de se re-présenter, de se donner à voir et de questionner esthétiquement les normes dominantes »
Au  programme des réjouissances de cette semaine festiviste, on trouvait :
Un atelier « Drag King » organisé par l’« artiste burlesque et queer » Louise de Ville, qui consiste à apprendre à jouer les mâles dominants en jouant sur la règle des trois B :
– Banding : « se bander les seins » pour faire disparaître ces excroissances gênantes et déterministes.
– Barbe : « utiliser le matériel féminin pour se masculiniser, le mascara devenant ainsi du « man-scara » (sic).
– Bite : « se munir d’un gode pour jouer les mâles, les vrais ! ».
Et l’artiste de conclure : « Souvent la fille la plus féminine devient le macho le plus crédible ». Tiens donc.
Plusieurs conférences hautes en couleur avaient été organisées. Un débat sur le cinéma porno féministe dit « démarche post-porn » avec David Courbet, l’auteur de Féminismes et pornographie qui explique sur son blog  que « l’émancipation des femmes tant sur le plan politique que sociétal peut s’effectuer par l’entremise de ces films narrant des situations sexuelles explicites et politiquement incorrectes ». Une conférence sur la littérature lesbienne féministe et postcoloniale, animée par Jules Falquet, auteur de l’essai Théories féministes et queer décoloniales : interventions chicanas et latinas états-uniennes.
Clou du spectacle, l’organisation d’une conférence au titre plein de promesses : « Performances scéniques : espaces de subversion », pour « comprendre en quoi ces arts [scéniques] sont à la fois des cadres de contraintes de normes genrées et en même temps des espaces de liberté et d’émancipation » dans « la salle festive du centre LGBT de la rue Beaubourg ».
Sur le stand animé par les organisateurs de l’événement qui se tenait en permanence dans le hall de Sciences Po, au milieu de bandes dessinées queer et d’exemplaires du magazine Têtu, de magnifiques « pisse-debout » en carton se trouvaient à votre disposition moyennant 1 euro la pièce. Ces instruments, summum du raffinement de la théorie queer, sont censés permettre aux femmes de lutter contre le déterminisme défectueux de leur entrejambe en gagnant le privilège de pouvoir uriner debout.
Car, comme le rappellent sur leur blog les « vulvettes underground », « collectif féministe se regroupant régulièrement en non-mixité pour échanger ensemble sur l’oppression patriarcale », « le pipi en mode assis n’est pas si naturel qu’on le pense. Jusqu’au siècle dernier, les paysannes occidentales portaient des culottes fendues sous leurs jupes, leur permettant d’assouvir leur besoin aux champs sans avoir besoin de se défroquer. En Afrique du Nord, chez les femmes touaregs, cette pratique a toujours cours, les femmes urinant debout sous leurs grandes robes… Encore une fois, tout est social !! ».
« Tout est social », donc, tel est bien le présupposé fondamental des gender studies, qui rejettent toute forme de déterminisme biologique, préférant défier le naturel dans des situations pour le moins « burlesques ».
Si le sexe n’existe pas, tout est permis ! Cela pourrait être la devise du mouvement queer, qui n’est plus à une contradiction près…

*Photo : celesteh.

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