Le nom de Laurent Fabius circule beaucoup pour le gouvernement à venir, après avoir, il est vrai pas mal circulé – en dépit du bon sens le plus élémentaire – pour le poste de Premier ministre quand le job n’était pas encore pourvu. Après les tombereaux de vannes fielleuses qu’il avait déversés sur Hollande, avant, pendant et probablement après la primaire, et ce, en public comme en off, Fabius à Matignon, c’était même pas en rêve.

En dépit de ce casier chargé, il n’est pas à exclure que François Hollande ait suggéré qu’on le nommât au gouvernement. Et ce pour une raison simple: tout est bon pour neutraliser ce molosse-là, et il sera bien moins dangereux à l’intérieur, muselé par la solidarité gouvernementale qu’en liberté à l’extérieur, où il aurait très vite aboyé, voire mordu. (Avis aux pointilleux : il n’y a rien, à mes yeux, de diffamatoire à comparer un dirigeant du PS au meilleur ami de l’homme plutôt qu’à l’habituel pachyderme. Faites vos comptes, il y a beaucoup plus de Français attachés à leurs chiens qu’à leurs éléphants).

Mais revenons à Lolo. Beaucoup de commentateurs ont souligné, avec justesse, la froideur avec laquelle François Hollande a salué hier l’apport de son prédécesseur à l’édifice national (« Ciao et bonne bourre ! », mais je cite de mémoire). Peu de mes confrères ont en revanche remarqué le paquet de vacheries envoyées par Fabius à son adversaire heureux pour le fauteuil de Premier Ministre.

Voilà comment Fabius a salué la nomination de Jean-Marc Ayrault à Matignon. Selon l’ancien premier ministre de Mitterrand, « Le maire de Nantes a trois atouts » Lesquels ? « D’abord il a été un excellent maire de Nantes… » Ça c’est sûr, que s’il faut avoir été Maire de Nantes pour aller à Matignon, normal qu’on ait écarté Lolo !

Mais la suite est tout aussi vache : « Deuxièmement, il connaît admirablement le Parlement. Troisièmement, il a toute la confiance de François Hollande ». « Ce sont des atouts indispensables dans cette fonction », a-t-il conclu. Ami lecteur, sauras-tu trouver dans ces trois « atouts indispensables » un quelconque hommage aux qualités intrinsèques, qu’elle soient personnelles ou politiques du nouveau Premier ministre ? Non, non, non : si Jean-Marc Ayrault lui a été préféré pour Matignon, c’est parce qu’il a été maire de Nantes, président du groupe et chouchou de Hollande, point barre ! Comme disait un chanteur mort : c’est un joli nom, camarade…

(Photo : Parti Socialiste)

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