Combien étaient-ils, hier ? Un million ? Deux millions ? Cinq millions ? Les services de la préfecture de police, augmentés de ceux de la propagande festive, ne finissent pas de les compter. Enfin, ils furent innombrables. Parmi eux, se trouvait Mme Duflot, ministre des appartements illégalement vides et des locaux ecclésiastiques scandaleusement inoccupés, dont la voix haut perchée et le débit torrentiel lui mériteraient le surnom de « vain clairon »… On vit aussi Roselyne Bachelot, passée du virus H1N1 à la grippe LVMH, qu’on attrape, en hiver, dans les rangs mondains des défilés de gauche et sur les plateaux déserts des émissions de télévision sans public. Le maire de Paris était là, ainsi que M. Désir (sans avenir), gérant d’immeuble rue de Solférino.

Les happy few, parmi lesquels Mme Trierweiler, redoutée compagne du président de la République, se sont retrouvés au rond-point des Champs-Élysées, dans le théâtre administré par Jean-Michel Ribes, qui entretint sans se lasser, et au péril de sa barbiche, l’esprit de résistance sous Sarkozy.

Il y eut des saynètes navrantes, indignes d’un patronage d’arrondissement, des chants de révolte infantiles, des artistes français ennuyeux, des déclarations inutiles[1. Arielle Dombasle a lu un texte de Guy Hocquenghem. Il est toujours délicat de faire parler les morts, mais, pour ma part, je ne suis pas certain que cet homme très brillant, d’une folle exigence, se serait satisfait de cette sotte soirée.], des postures ridicules, et quelques témoignages émouvants (un Égyptien, une Camerounaise).

Nous partîmes avant la fin : nous ne savons pas si la salle reprit en chœur une chanson du groupe américain The Mama’s & the Papa’s …

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