La guerre contre l’Allemagne nazie n’a pas été gagnée le 8 mai 1945, ni même après la  bataille de Stalingrad ou au lendemain de Pearl Harbor. Elle a été gagnée bien avant cela, dès la fin des années 1930, quand les esprits les plus lucides et les plus courageux de l’époque ont compris que la victoire du monde libre passait par la défaite d’Hitler et par l’écrasement total du régime nazi, quel que soit le prix à payer. La guerre contre l’islam radical sera gagnée, elle aussi, le jour où les dirigeants du monde libre (ou de ce qu’il en reste) auront compris qu’il doit être vaincu sur le plan des idées, tout autant que sur les champs de bataille.

L’ennemi principal de l’Occident, dans cette guerre qui dure déjà depuis plusieurs décennies, se trouve en Occident même : il ne s’agit pas seulement des milliers de djihadistes présents sur le sol français, britannique ou allemand, mais également de ceux qui préfèrent pactiser avec l’ennemi, ou simplement temporiser, en attendant de voir de quel côté le vent tourne. L’ennemi de l’Occident, c’est aussi l’idéologie dans laquelle il s’est enfermé – pour des raisons à la fois politiques, morales et économiques, idéologie que l’historienne Bat Ye’or a définie par le néologisme d’Eurabia. Au nom de cette idéologie, on établit une distinction souvent arbitraire et largement artificielle entre islam et islamisme, ce dernier étant considéré comme « une perversion de l’islam », pour reprendre les termes de Theresa May au lendemain des sanglants attentats de Londres.

Dans ce contexte, ce dont le monde libre a le plus besoin est de « combattants de la vérité », c’est-à-dire d’intellectuels et d’hommes politiques qui n’hésitent pas à dire la vérité, sans peur d’affronter les gardiens de l’idéologie dominante ou du politiquement correct. Philippe Karsenty fait partie de ceux-là. Il y a plus de 15 ans, au début de la « Deuxième Intifada », il a exposé le mensonge du reportage de France 2 et de Charles Enderlin dans l’affaire Al-Dura, ce qui lui a valu d’être poursuivi en diffamation devant les tribunaux français (honneur que je partage avec lui). Grâce à son opiniâtreté et à sa persévérance, il a réussi à mobiliser la communauté juive et les amis d’Israël autour de cette affaire emblématique, qui a marqué le début d’une nouvelle ère.

Le mensonge de nombreux médias français dans l’affaire Al-Dura, dans laquelle le journaliste de France 2 Charles Enderlin a bénéficié du soutien quasi-unanime des membres de sa corporation (à de rares exceptions près, comme Jean-Claude Bourret, Denis Jeambar, Daniel Leconte, Elisabeth Lévy ou Luc Rosenzweig), s’est étendu depuis lors à d’autres sujets, vérifiant une règle qui veut que les maux qui frappent Israël et les Juifs finissent par toucher l’ensemble de l’humanité. Les médias français, qui ont pour la plupart renoncé à leur rôle d’information, se sont ainsi transformés en « prescripteurs d’opinions » et en maîtres à penser, qui dictent quotidiennement au lecteur ce qu’il doit penser sur des sujets aussi divers que les élections en France, aux Etats-Unis ou le réchauffement climatique.

La situation sécuritaire préoccupante des Juifs en France, elle aussi largement partagée par l’ensemble de la population française, les défis que l’islam radical et le terrorisme djihadiste (qui est sa manifestation la plus visible et violente) posent à la France et les autres dossiers brûlants que celle-ci devra affronter dans les années à venir rendent indispensable la présence à l’Assemblée nationale de combattants de la vérité, qui défendront les intérêts partagés par la France et Israël sur ces sujets et d’autres encore. Philippe Karsenty en fait partie.

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