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A la baguette !

9

Arborant le tee-shirt aux menottes créé par Robert Ménard (John Galiano du journalisme français), Daniel Cohn-Bendit a vertement interpellé Nicolas Sarkozy, venu présenter devant les parlementaires européens réunis à Strasbourg jeudi dernier les objectifs de la présidence française de l’Union. Dany le Vert a commencé sa diatribe par un abrupt : « Vous allez manger avec des baguettes avec le président de Chine ! » Il a raison : ce n’est franchement pas pratique, les baguettes. On en fiche partout. Ça dégouline. Et je ne vous dis pas le nombre de tâches sur la cravate. Monsieur le Président, un seul conseil donc, pour préserver l’honneur de la France et celui de l’Europe : la fourchette, pas la baguette !

Humour, année zéro

21

The Politics of Fear, caricature de Barry Flitt, The New Yorker, 21 juillet 2008.

Non seulement on peut plus rigoler de rien, mais en plus, il faut s’indigner avec tout le monde. Sachez-le : l’usage du second degré est interdit à l’échelle planétaire. La polémique suscitée par la caricature du New Yorker représentant Obama en militant islamiste et sa femme Michelle, kalachnikov en bandoulière, en terroriste, avec entre les deux un portrait de Ben Laden et un drapeau américain qui brûle, doit servir d’avertissement à tous.

Faites simple. Faites direct. Parlez sans détours. Justement, les détours étaient ce qui faisait tout l’intérêt du langage. Sous le règne du premier degré et de l’esprit de sérieux, le langage est, il est vrai, de plus en plus inutile, puisqu’il ne prétend plus que coller au réel. Défense de déconner, d’allusionner, d’impliciter, de détourner. Bref, défense de rire. Comme aime à me le dire l’ami Basile : « il y a des gens qui sont morts… »

Vous, je sais pas, mais moi quand j’ai vu l’image, j’ai compris tout de suite que le journal dénonçait ce qu’il montrait : la caricature du couple Obama agitée dans des milieux d’extrême droite. Non que j’aurais un cervelet plus véloce que la moyenne. Grâce à un vieux truc qu’on appelle le contexte. Un cerveau humain raisonnablement agile peut sans doute enregistrer, en même temps que la signification immédiate d’un dessin, le fait que ce dessin n’est pas publié dans un journal d’extrême droite ni même bushiste mais dans un hebdomadaire qu’affectionne l’intelligentsia, et en déduire instantanément que le dessin n’est pas à prendre au premier degré.

Eh bien, il faut croire que non. Plus maintenant. « Je me demande quelles auraient été les réactions si [des magazines conservateurs comme] Weekly Standard ou la National Review avaient publié cette caricature », s’interroge Jake Tapper, éditorialiste politique de la chaîne de télévision ABC, cité par Libération. Ce qui est franchement inquiétant, c’est qu’il soit nécessaire d’expliquer en quoi le sens d’une telle publication eût été différent.

Immédiatement, le chœur des vierges s’est déchaîné contre cette « caricature offensante » dénoncée non seulement par l’entourage du candidat mais par son rival républicain lui-même. Et personne n’a brandi la liberté de la presse, pas même Libé qui consacre un article mitigé à la « caricature qui fait scandale ».

L’intérêt de cette affaire est que les protestations les plus bruyantes ne viennent pas de réactionnaires défraîchis ni d’évangélistes illuminés, mais du camp du Bien – souvent appelé « gauche » dans nos contrées. Outre le bannissement du second degré, les forces vives du progressisme ont décrété que Barack Obama, leur nouvelle idole, faisait partie des sujets avec lesquels on ne rigole pas. De même que les violences faites aux femmes, la pédophilie, le nazisme, le sida, le développement durable, le racisme, la guerre. L’humour, on sait où ça peut mener. Rire, n’est-ce pas déjà justifier ? C’est bien ça : on commence par se marrer et on finit chez Le Pen.

Pour le droit au risque opposable

Prévention, Précaution, Protection : cette trilogie magique (PPP) inspire désormais toutes nos politiques publiques. En ligne de mire : le Risque. Il est devenu l’ennemi numéro 1, l’adversaire absolu, la nouvelle figure du diable. Car il est partout : dans l’air, dans l’eau, dans l’assiette ; dans le petit et dans le grand ; il est réel dans le virtuel et virtuel dans le réel ; il est aussi dans l’avenir incertain, dans le passé profané, et – toujours plus insidieux – dans le présent quotidien.

L’omniprésence du risque nous obsède. Et dire que certains pensaient qu’on en avait fini avec les grandes Causes. Que nenni ! Nous retrouvons là un nouveau combat, qui entraîne tout, justifie tout, excuse tout.

Jusqu’à nous faire oublier qu’une vie sans risque ne vaut peut-être guère la peine d’être vécue et qu’elle n’aurait surtout plus grand-chose à voir avec la condition humaine, dont la caractéristique essentielle n’a pas changé récemment. C’est toujours la finitude, à savoir l’ignorance, le mal et la mort.

Plaider aujourd’hui, cum grano salis, en faveur d’un « droit au risque opposable », c’est rappeler cette évidence. C’est rappeler que la PPP doit veiller à ne pas dépasser certaines limites au-delà desquelles elle contribue à déshumaniser l’existence.

On encourt un grand risque (encore un !) à tenir un tel plaidoyer : on a toutes les chances d’être accusé d’insensibilité aux malheurs du monde ou, pire, d’être un provocateur. Et, de fait, ce sont des penseurs bien peu recommandables qui ont jusque-là défendu cette idée : depuis Nietzsche et son fameux « il faut vivre dangereusement » jusqu’aux néo-libéraux (ou libertariens) qui soutiennent que l’action de l’Etat est, en tant que telle, une atteinte insupportable aux libertés essentielles de l’homme. Chez eux, c’est la protection de l’individu elle-même qui est liberticide.

Sans tomber dans cet excès inutile, on peut néanmoins plaider en faveur d’une critique modérée et interne de la raison PPP en essayant de trouver les critères susceptibles d’en limiter le champ d’action. Deux exemples, pour s’en convaincre.

Aucun sujet ne fait davantage consensus que la Protection de l’enfance. Elle a permis d’incontestables et fulgurants progrès dans la condition enfantine. Et pourtant, si l’on n’y prend garde, elle menace de produire des effets pervers polymorphes. Il suffit de considérer la règlementation tatillonne des sorties scolaires, les contraintes sanitaires d’une cantine, les règles de sécurité des colonies de vacances. Arrive à grands pas le temps où les pique-niques seront interdits parce qu’ils brisent la chaîne du froid. La protection de l’enfance se retournera alors contre l’éducation des enfants. Et l’on oubliera l’essentiel, à savoir que ce qu’il faut protéger, ce n’est pas l’enfance (l’innocence, la pureté, l’imagination…), mais la volonté de grandir des enfants. Et cela passe par l’autonomisation, par la responsabilisation progressive… donc par une certaine dose de prise de risque.

Le même constat vaut pour l’autre bout de l’existence. Un traitement exclusivement médical du grand âge et de la dépendance en vient paradoxalement à réduire les individus à l’état de cadavres vivotant. La focalisation sur les risques médicaux peut entraîner une déshumanisation, car le principal risque à cet âge n’est pas la mort, mais l’insipidité de la vie. On l’oublie parfois, mais sapiens vient de sapere : goûter ; et l’homo sapiens est celui qui, pour sa grande sagesse, a besoin de trouver du goût à la vie.

Grandir et vieillir : quand la PPP en vient à contrarier ces deux objectifs, c’est que les dérives sont proches. Mais cela permet à tout le moins d’identifier un critère qui permette de l’évaluer. Il suffit de se demander si elle respecte ou non l’adulte qui sommeille (parfois profondément) en nous. Quand la PPP oublie de concerner l’adulte (sa responsabilité et son autonomie), elle court un grand danger ; quand elle s’adresse à lui (même s’il n’est pas là hic et nunc – enfance, folie, grand âge…), elle ne risque jamais de s’égarer.

Alors que nos vies sont plus sûres et plus durables que jamais, nous ne cessons de nous convaincre de leur précarité ; alors que nous aurions de bons motifs d’être plus confiants, l’angoisse nous assaille de tous bords ; alors que nos destins semblent plus ouverts que jamais, la peur du vide nous paralyse. Veillons à ce que le « combat contre le risque » ne devienne pas la nouvelle idéologie aveuglante de demain. Bref, sachons aussi nous protéger contre les excès de la protection.

PPDA, nous voilà

Son dernier JT délivré, le présentateur vedette s’en est allé en Bretagne, dire « sa vérité ». Loin des médias, Patrick Poivre d’Arvor a déclamé son amour du grand large, car « la mer ne trahit pas, les éléments ne trahissent pas… » Quant au Tout-Paris, il a proclamé lui préférer résolument « ce qu’on appelle les vrais gens, les gens qui sont biens ». Le pays réel, quoi.

Pourquoi j’aime le Tour

12

Déjà, parce qu’on n’imagine pas Hinault ou Indurain faisant de la pub pour Eurodisney ou McDo. Incarnation du succès acquis par l’effort, le vélo est antimoderne par essence.

Parce qu’aussi on ne voit jamais un cycliste chez Régine, à Saint-Trop’ ou en couverture de Gala : le cycliste se couche tôt, part en vacances à Quiberon et ne plaque pas sa femme pour un top model sitôt qu’il est devenu vedette.

Parce que, sur une étape de montagne, ni le commentaire benêt de Richard Virenque, ni les sourires forcés de Gérard Holtz – qui visiblement préfère le Dakar – n’arrivent à me gâcher le plaisir. Et durant les étapes de plaine, on peut toujours se rabattre sur la splendeur du paysage et les enluminures érudites de Jean-Paul Ollivier sur l’abbaye de Fontrevaud ou le Viaduc de Garabit. Essayez donc de faire pareil avec Roland-Garros…

Parce que la Grande Boucle a généré plusieurs petits chefs d’œuvre du rock’n’roll et notamment Tour de France de Kraftwerk, et le Jalabert des Wampas.

Parce qu’avant d’avoir été cycliste, le coureur a souvent été métallo à Dunkerque ou soudeur à Glasgow, et qu’il ne rate jamais une occasion de rappeler, avec un bon sourire que le vélo, c’est très dur, mais c’est quand même plus marrant et plus gratifiant que de limer la tôle.

Parce que personne n’est fichu de citer le nom d’un gardien de but des années 1940, d’un triple champion de ski nordique aux J.O. de Sapporo ou d’un marathonien qui arrivait régulièrement en deuxième position. Mais qui a oublié Fausto Coppi, Eddy Merckx ou Raymond Poulidor ?

Parce que le vélo est le sport le moins chauvin qui soit. Depuis vingt ans, il n’y a pas eu un seul indigène à même d’emporter le Tour. Ça n’empêche pas, chaque année, trois ou quatre millions de Français d’en bas de se masser au bord des routes.

Parce que, quand Lance Armstrong terrasse son cancer, il ne signe pas un best-seller gnangnan pour expliquer qu’il y a une vie après la maladie. Il se contente de gagner sept fois le Tour.

Parce qu’enfin le dopage n’est pas un vrai problème. On peut gaver Roselyne Bachelot d’EPO pendant dix ans, elle aura toujours besoin (et moi aussi) d’un tire-fesses pour arriver saine et sauve à l’Alpe d’Huez.

Tour de France 2003 [Import]

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Evelyne Dhéliat ou rien

6

Comment reconnaître un grand écrivain ? Quand il rend l’âme, il laisse à la postérité de testimoniales paroles. Bernanos se dressa sur son lit en s’écriant : « A nous deux ! », quand Anatole France, moins sûr de lui, murmura : « Maman, maman… » Jeudi dernier, l’auteur de Disparaître fut, lui, beaucoup plus disert au moment de s’effacer. Et les graveurs doivent déjà se frotter les mains qui devront inscrire dans le marbre les dernières paroles de Patrick Poivre d’Arvor au JT de TF1 : « Dans un instant la météo d’Evelyne Dhéliat suivi de R.I.S., police scientifique. Très bonne soirée à tous. »

Le culte de la Révolution est mort

28

Episode final de la Révolution, pour les uns, liquidation de celle-ci pour les autres : le 18 brumaire – et son principal acteur Bonaparte – sont l’enjeu d’une querelle apparemment savante mais hautement politique. Le débat sur la Révolution est-il condamné à se répéter sans cesse ?
Si je me suis intéressé à Napoléon, c’est bien pour échapper à ce débat qui me paraît complètement stérile, dès lors que la question a été tranchée au moment du Bicentenaire par la chute du communisme et la décomposition de la vulgate marxiste de la Révolution française, dont. le culte est mort aujourd’hui. On ne célèbre plus Robespierre et Saint Just. Celui-ci, dont le mythe a été fabriqué par l’historiographie révolutionnaire, est presque redevenu ce qu’il était à l’époque de la Révolution : un obscur. L’écroulement du mythe révolutionnaire explique d’ailleurs la fuite éperdue hors de ce champ d’études qu’on a pu observer, à l’échelle internationale, dans les années qui ont suivi le Bicentenaire.

C’est un peu moins vrai pour Robespierre…
Robespierre continue à fasciner ceux qui aiment la guerre civile.

Quoi qu’il en soit, l’héritage révolutionnaire ne se réduit pas à Robespierre. Que reste-t-il de la Révolution ?
Tout d’abord, ses principes les moins politiques : les droits de l’homme, le message humanitaire. D’où la révérence quasi-unanime qui entoure la figure de Condorcet : ami des femmes, ami des noirs, de la République, de l’Ecole, de la Science – bref, un ami de l’humanité et des lumières. Il n’était l’ennemi que de ses paysans : en affaires, il était impitoyable. Cela me rappelle ce que Mirabeau disait de son père : ami des hommes, mais ennemi implacable de ses propres enfants.

Le message humanitaire n’est peut-être pas toujours bien défendu par ceux qui s’en prévalent. Pour autant, il n’y a pas de quoi rougir de cet héritage.
Certainement. Mais dans le corbillon révolutionnaire figure aussi, même si la Révolution ne l’a pas inventé, ce qu’on peut appeler « l’esprit sans-culotte », nourri par l’envie et le ressentiment. Cet état d’esprit se manifeste bien avant 1789 et bien après, puisqu’il imprègne bon nombre des mouvements sociaux actuels, alors que la théorie de la dictature jacobine et la philosophie fondée sur le sens de l’histoire sont mortes avec l’espérance révolutionnaire.

Quand on lit Alain Badiou, pour citer un seul nom, il n’est pas certain qu’elle soit morte.
Vous mettez le doigt sur un problème en partie sociologique, car l’université française, où le vent du radicalisme souffle encore, est le conservatoire des valeurs les moins libérales de la gauche, valeurs qui sont à peu près mortes dans le reste de la société. On a donc vu renaître, vers la fin des années 1990, à la faveur des circonstances et grâce au relais de l’altermondialisme, un discours révolutionnaire, infiniment moins sophistiqué que le léninisme, mais plus violent. Ce serait insulter la mémoire d’Althusser que de lui comparer Badiou !

L’humanitarisme et le ressentiment : vous êtes plutôt sévère à l’égard de notre passé et donc, pessimiste quant à notre présent.
La Révolution française est le moment où s’opère la conjonction entre compassion humanitaire et le ressentiment. C’est de ce mélange d’amitié fraternelle, de compassion pour les humbles et de ressentiment social très violent que naît la violence terroriste, indépendamment de toute construction savante ou idéologique. Et cette alliance très française entre la bienveillance humanitaire et la haine née du ressentiment social, continue à opérer. La France a encore ses sans-culottes. Cela ne veut pas dire qu’ailleurs la démocratie libérale provoque un moins grand désenchantement : c’est un phénomène général, jusque dans les pays venus récemment à la démocratie ; mais, dans la plupart des pays, si on n’espère pas grand-chose du libéralisme, on ne croit pas non plus à la révolution : c’est peut-être cela la définition de la démocratie parvenue à maturité. Personne n’y croit mais personne ne songe à la renverser. En France non plus, mais la passion révolutionnaire y subsiste sous la forme d’un fonds d’aigreur qui pourrait, un jour, pour peu que les circonstances s’y prêtent, nous valoir un de ces épisodes dont l’histoire française est prodigue.

Vous inscrivez Napoléon dans la continuité révolutionnaire. Il n’admirait pas vraiment la Révolution.
Il avait la nostalgie de l’Ancien régime et n’aimait pas la Révolution, en particulier dans ce qu’elle a de libéral – par exemple, il déteste les Constituants de 1789, auxquels il préfère les Conventionnels. Mais il n’aime pas beaucoup plus les Jacobins. En réalité, Napoléon méprise la plupart de ses contemporains, tout en considérant leurs engagements avec indulgence. Par delà ses préférences personnelles, il comprend l’importance des principes de la Révolution, en particulier de ses conquêtes sociales, c’est-à-dire de l’égalité. Il garantit l’égalité proclamée par la Révolution mais il liquide la liberté – telle est en somme sa mission historique. Et cela correspond à son jugement sur ce que les Français attendent. « La liberté, il s’en dégoûteront vite », dit-il.

Bachar m’a bâché

8

Bachar el-Assad n’est pas resté déjeuner à l’hôtel Marigny. Un camouflet pour le président de la République ? Envoyée (très) spéciale sur les Champs Elysées pour couvrir le défilé, Trudi Kohl a décidé d’enquêter sur la fuite du président syrien en assistant à la garden party présidentielle. A suivre ici en direct.

Prière de ne pas se tromper d’erreur

4

L’Elysée a rejeté, dimanche 13 juillet, les critiques d’anciens Casques bleus visant la présence du président syrien Bachar el-Assad au défilé du 14 juillet. L’imputation à Damas de l’attentat du Drakkar en 1983 au Liban a été qualifié par la présidence française d' »erreur historique ». « Le Drakkar,a déclaré à la presse une source élyséenne, c’était l’Iran et le Hezbollah. La Syrie, c’était l’attentat contre l’ambassadeur de France au Liban Louis Delamare en 1981 ». Ouf, on a eu chaud.

Collé Carolis !

« Stupide » : c’est ainsi que la patron de France Télévisions avait répondu, au micro de RTL, à Nicolas Sarkozy, lequel estimait qu’il n’y avait guère de différence entre service public et chaînes privées. Manque de bol pour Patrick de Carolis : une étude comparative menée par Médiamétrie sur une année de programmes toutes chaînes confondues vient de mettre en évidence que « TF1 et M6 sont encore très proches de France 2, France 3 et France 5 ».

A la baguette !

9

Arborant le tee-shirt aux menottes créé par Robert Ménard (John Galiano du journalisme français), Daniel Cohn-Bendit a vertement interpellé Nicolas Sarkozy, venu présenter devant les parlementaires européens réunis à Strasbourg jeudi dernier les objectifs de la présidence française de l’Union. Dany le Vert a commencé sa diatribe par un abrupt : « Vous allez manger avec des baguettes avec le président de Chine ! » Il a raison : ce n’est franchement pas pratique, les baguettes. On en fiche partout. Ça dégouline. Et je ne vous dis pas le nombre de tâches sur la cravate. Monsieur le Président, un seul conseil donc, pour préserver l’honneur de la France et celui de l’Europe : la fourchette, pas la baguette !

Humour, année zéro

21
La caricature publiée dans le New-Yorker

The Politics of Fear, caricature de Barry Flitt, The New Yorker, 21 juillet 2008.

Non seulement on peut plus rigoler de rien, mais en plus, il faut s’indigner avec tout le monde. Sachez-le : l’usage du second degré est interdit à l’échelle planétaire. La polémique suscitée par la caricature du New Yorker représentant Obama en militant islamiste et sa femme Michelle, kalachnikov en bandoulière, en terroriste, avec entre les deux un portrait de Ben Laden et un drapeau américain qui brûle, doit servir d’avertissement à tous.

Faites simple. Faites direct. Parlez sans détours. Justement, les détours étaient ce qui faisait tout l’intérêt du langage. Sous le règne du premier degré et de l’esprit de sérieux, le langage est, il est vrai, de plus en plus inutile, puisqu’il ne prétend plus que coller au réel. Défense de déconner, d’allusionner, d’impliciter, de détourner. Bref, défense de rire. Comme aime à me le dire l’ami Basile : « il y a des gens qui sont morts… »

Vous, je sais pas, mais moi quand j’ai vu l’image, j’ai compris tout de suite que le journal dénonçait ce qu’il montrait : la caricature du couple Obama agitée dans des milieux d’extrême droite. Non que j’aurais un cervelet plus véloce que la moyenne. Grâce à un vieux truc qu’on appelle le contexte. Un cerveau humain raisonnablement agile peut sans doute enregistrer, en même temps que la signification immédiate d’un dessin, le fait que ce dessin n’est pas publié dans un journal d’extrême droite ni même bushiste mais dans un hebdomadaire qu’affectionne l’intelligentsia, et en déduire instantanément que le dessin n’est pas à prendre au premier degré.

Eh bien, il faut croire que non. Plus maintenant. « Je me demande quelles auraient été les réactions si [des magazines conservateurs comme] Weekly Standard ou la National Review avaient publié cette caricature », s’interroge Jake Tapper, éditorialiste politique de la chaîne de télévision ABC, cité par Libération. Ce qui est franchement inquiétant, c’est qu’il soit nécessaire d’expliquer en quoi le sens d’une telle publication eût été différent.

Immédiatement, le chœur des vierges s’est déchaîné contre cette « caricature offensante » dénoncée non seulement par l’entourage du candidat mais par son rival républicain lui-même. Et personne n’a brandi la liberté de la presse, pas même Libé qui consacre un article mitigé à la « caricature qui fait scandale ».

L’intérêt de cette affaire est que les protestations les plus bruyantes ne viennent pas de réactionnaires défraîchis ni d’évangélistes illuminés, mais du camp du Bien – souvent appelé « gauche » dans nos contrées. Outre le bannissement du second degré, les forces vives du progressisme ont décrété que Barack Obama, leur nouvelle idole, faisait partie des sujets avec lesquels on ne rigole pas. De même que les violences faites aux femmes, la pédophilie, le nazisme, le sida, le développement durable, le racisme, la guerre. L’humour, on sait où ça peut mener. Rire, n’est-ce pas déjà justifier ? C’est bien ça : on commence par se marrer et on finit chez Le Pen.

Pour le droit au risque opposable

12

Prévention, Précaution, Protection : cette trilogie magique (PPP) inspire désormais toutes nos politiques publiques. En ligne de mire : le Risque. Il est devenu l’ennemi numéro 1, l’adversaire absolu, la nouvelle figure du diable. Car il est partout : dans l’air, dans l’eau, dans l’assiette ; dans le petit et dans le grand ; il est réel dans le virtuel et virtuel dans le réel ; il est aussi dans l’avenir incertain, dans le passé profané, et – toujours plus insidieux – dans le présent quotidien.

L’omniprésence du risque nous obsède. Et dire que certains pensaient qu’on en avait fini avec les grandes Causes. Que nenni ! Nous retrouvons là un nouveau combat, qui entraîne tout, justifie tout, excuse tout.

Jusqu’à nous faire oublier qu’une vie sans risque ne vaut peut-être guère la peine d’être vécue et qu’elle n’aurait surtout plus grand-chose à voir avec la condition humaine, dont la caractéristique essentielle n’a pas changé récemment. C’est toujours la finitude, à savoir l’ignorance, le mal et la mort.

Plaider aujourd’hui, cum grano salis, en faveur d’un « droit au risque opposable », c’est rappeler cette évidence. C’est rappeler que la PPP doit veiller à ne pas dépasser certaines limites au-delà desquelles elle contribue à déshumaniser l’existence.

On encourt un grand risque (encore un !) à tenir un tel plaidoyer : on a toutes les chances d’être accusé d’insensibilité aux malheurs du monde ou, pire, d’être un provocateur. Et, de fait, ce sont des penseurs bien peu recommandables qui ont jusque-là défendu cette idée : depuis Nietzsche et son fameux « il faut vivre dangereusement » jusqu’aux néo-libéraux (ou libertariens) qui soutiennent que l’action de l’Etat est, en tant que telle, une atteinte insupportable aux libertés essentielles de l’homme. Chez eux, c’est la protection de l’individu elle-même qui est liberticide.

Sans tomber dans cet excès inutile, on peut néanmoins plaider en faveur d’une critique modérée et interne de la raison PPP en essayant de trouver les critères susceptibles d’en limiter le champ d’action. Deux exemples, pour s’en convaincre.

Aucun sujet ne fait davantage consensus que la Protection de l’enfance. Elle a permis d’incontestables et fulgurants progrès dans la condition enfantine. Et pourtant, si l’on n’y prend garde, elle menace de produire des effets pervers polymorphes. Il suffit de considérer la règlementation tatillonne des sorties scolaires, les contraintes sanitaires d’une cantine, les règles de sécurité des colonies de vacances. Arrive à grands pas le temps où les pique-niques seront interdits parce qu’ils brisent la chaîne du froid. La protection de l’enfance se retournera alors contre l’éducation des enfants. Et l’on oubliera l’essentiel, à savoir que ce qu’il faut protéger, ce n’est pas l’enfance (l’innocence, la pureté, l’imagination…), mais la volonté de grandir des enfants. Et cela passe par l’autonomisation, par la responsabilisation progressive… donc par une certaine dose de prise de risque.

Le même constat vaut pour l’autre bout de l’existence. Un traitement exclusivement médical du grand âge et de la dépendance en vient paradoxalement à réduire les individus à l’état de cadavres vivotant. La focalisation sur les risques médicaux peut entraîner une déshumanisation, car le principal risque à cet âge n’est pas la mort, mais l’insipidité de la vie. On l’oublie parfois, mais sapiens vient de sapere : goûter ; et l’homo sapiens est celui qui, pour sa grande sagesse, a besoin de trouver du goût à la vie.

Grandir et vieillir : quand la PPP en vient à contrarier ces deux objectifs, c’est que les dérives sont proches. Mais cela permet à tout le moins d’identifier un critère qui permette de l’évaluer. Il suffit de se demander si elle respecte ou non l’adulte qui sommeille (parfois profondément) en nous. Quand la PPP oublie de concerner l’adulte (sa responsabilité et son autonomie), elle court un grand danger ; quand elle s’adresse à lui (même s’il n’est pas là hic et nunc – enfance, folie, grand âge…), elle ne risque jamais de s’égarer.

Alors que nos vies sont plus sûres et plus durables que jamais, nous ne cessons de nous convaincre de leur précarité ; alors que nous aurions de bons motifs d’être plus confiants, l’angoisse nous assaille de tous bords ; alors que nos destins semblent plus ouverts que jamais, la peur du vide nous paralyse. Veillons à ce que le « combat contre le risque » ne devienne pas la nouvelle idéologie aveuglante de demain. Bref, sachons aussi nous protéger contre les excès de la protection.

PPDA, nous voilà

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Son dernier JT délivré, le présentateur vedette s’en est allé en Bretagne, dire « sa vérité ». Loin des médias, Patrick Poivre d’Arvor a déclamé son amour du grand large, car « la mer ne trahit pas, les éléments ne trahissent pas… » Quant au Tout-Paris, il a proclamé lui préférer résolument « ce qu’on appelle les vrais gens, les gens qui sont biens ». Le pays réel, quoi.

Pourquoi j’aime le Tour

12

Déjà, parce qu’on n’imagine pas Hinault ou Indurain faisant de la pub pour Eurodisney ou McDo. Incarnation du succès acquis par l’effort, le vélo est antimoderne par essence.

Parce qu’aussi on ne voit jamais un cycliste chez Régine, à Saint-Trop’ ou en couverture de Gala : le cycliste se couche tôt, part en vacances à Quiberon et ne plaque pas sa femme pour un top model sitôt qu’il est devenu vedette.

Parce que, sur une étape de montagne, ni le commentaire benêt de Richard Virenque, ni les sourires forcés de Gérard Holtz – qui visiblement préfère le Dakar – n’arrivent à me gâcher le plaisir. Et durant les étapes de plaine, on peut toujours se rabattre sur la splendeur du paysage et les enluminures érudites de Jean-Paul Ollivier sur l’abbaye de Fontrevaud ou le Viaduc de Garabit. Essayez donc de faire pareil avec Roland-Garros…

Parce que la Grande Boucle a généré plusieurs petits chefs d’œuvre du rock’n’roll et notamment Tour de France de Kraftwerk, et le Jalabert des Wampas.

Parce qu’avant d’avoir été cycliste, le coureur a souvent été métallo à Dunkerque ou soudeur à Glasgow, et qu’il ne rate jamais une occasion de rappeler, avec un bon sourire que le vélo, c’est très dur, mais c’est quand même plus marrant et plus gratifiant que de limer la tôle.

Parce que personne n’est fichu de citer le nom d’un gardien de but des années 1940, d’un triple champion de ski nordique aux J.O. de Sapporo ou d’un marathonien qui arrivait régulièrement en deuxième position. Mais qui a oublié Fausto Coppi, Eddy Merckx ou Raymond Poulidor ?

Parce que le vélo est le sport le moins chauvin qui soit. Depuis vingt ans, il n’y a pas eu un seul indigène à même d’emporter le Tour. Ça n’empêche pas, chaque année, trois ou quatre millions de Français d’en bas de se masser au bord des routes.

Parce que, quand Lance Armstrong terrasse son cancer, il ne signe pas un best-seller gnangnan pour expliquer qu’il y a une vie après la maladie. Il se contente de gagner sept fois le Tour.

Parce qu’enfin le dopage n’est pas un vrai problème. On peut gaver Roselyne Bachelot d’EPO pendant dix ans, elle aura toujours besoin (et moi aussi) d’un tire-fesses pour arriver saine et sauve à l’Alpe d’Huez.

Tour de France 2003 [Import]

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Evelyne Dhéliat ou rien

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Comment reconnaître un grand écrivain ? Quand il rend l’âme, il laisse à la postérité de testimoniales paroles. Bernanos se dressa sur son lit en s’écriant : « A nous deux ! », quand Anatole France, moins sûr de lui, murmura : « Maman, maman… » Jeudi dernier, l’auteur de Disparaître fut, lui, beaucoup plus disert au moment de s’effacer. Et les graveurs doivent déjà se frotter les mains qui devront inscrire dans le marbre les dernières paroles de Patrick Poivre d’Arvor au JT de TF1 : « Dans un instant la météo d’Evelyne Dhéliat suivi de R.I.S., police scientifique. Très bonne soirée à tous. »

Le culte de la Révolution est mort

28

Episode final de la Révolution, pour les uns, liquidation de celle-ci pour les autres : le 18 brumaire – et son principal acteur Bonaparte – sont l’enjeu d’une querelle apparemment savante mais hautement politique. Le débat sur la Révolution est-il condamné à se répéter sans cesse ?
Si je me suis intéressé à Napoléon, c’est bien pour échapper à ce débat qui me paraît complètement stérile, dès lors que la question a été tranchée au moment du Bicentenaire par la chute du communisme et la décomposition de la vulgate marxiste de la Révolution française, dont. le culte est mort aujourd’hui. On ne célèbre plus Robespierre et Saint Just. Celui-ci, dont le mythe a été fabriqué par l’historiographie révolutionnaire, est presque redevenu ce qu’il était à l’époque de la Révolution : un obscur. L’écroulement du mythe révolutionnaire explique d’ailleurs la fuite éperdue hors de ce champ d’études qu’on a pu observer, à l’échelle internationale, dans les années qui ont suivi le Bicentenaire.

C’est un peu moins vrai pour Robespierre…
Robespierre continue à fasciner ceux qui aiment la guerre civile.

Quoi qu’il en soit, l’héritage révolutionnaire ne se réduit pas à Robespierre. Que reste-t-il de la Révolution ?
Tout d’abord, ses principes les moins politiques : les droits de l’homme, le message humanitaire. D’où la révérence quasi-unanime qui entoure la figure de Condorcet : ami des femmes, ami des noirs, de la République, de l’Ecole, de la Science – bref, un ami de l’humanité et des lumières. Il n’était l’ennemi que de ses paysans : en affaires, il était impitoyable. Cela me rappelle ce que Mirabeau disait de son père : ami des hommes, mais ennemi implacable de ses propres enfants.

Le message humanitaire n’est peut-être pas toujours bien défendu par ceux qui s’en prévalent. Pour autant, il n’y a pas de quoi rougir de cet héritage.
Certainement. Mais dans le corbillon révolutionnaire figure aussi, même si la Révolution ne l’a pas inventé, ce qu’on peut appeler « l’esprit sans-culotte », nourri par l’envie et le ressentiment. Cet état d’esprit se manifeste bien avant 1789 et bien après, puisqu’il imprègne bon nombre des mouvements sociaux actuels, alors que la théorie de la dictature jacobine et la philosophie fondée sur le sens de l’histoire sont mortes avec l’espérance révolutionnaire.

Quand on lit Alain Badiou, pour citer un seul nom, il n’est pas certain qu’elle soit morte.
Vous mettez le doigt sur un problème en partie sociologique, car l’université française, où le vent du radicalisme souffle encore, est le conservatoire des valeurs les moins libérales de la gauche, valeurs qui sont à peu près mortes dans le reste de la société. On a donc vu renaître, vers la fin des années 1990, à la faveur des circonstances et grâce au relais de l’altermondialisme, un discours révolutionnaire, infiniment moins sophistiqué que le léninisme, mais plus violent. Ce serait insulter la mémoire d’Althusser que de lui comparer Badiou !

L’humanitarisme et le ressentiment : vous êtes plutôt sévère à l’égard de notre passé et donc, pessimiste quant à notre présent.
La Révolution française est le moment où s’opère la conjonction entre compassion humanitaire et le ressentiment. C’est de ce mélange d’amitié fraternelle, de compassion pour les humbles et de ressentiment social très violent que naît la violence terroriste, indépendamment de toute construction savante ou idéologique. Et cette alliance très française entre la bienveillance humanitaire et la haine née du ressentiment social, continue à opérer. La France a encore ses sans-culottes. Cela ne veut pas dire qu’ailleurs la démocratie libérale provoque un moins grand désenchantement : c’est un phénomène général, jusque dans les pays venus récemment à la démocratie ; mais, dans la plupart des pays, si on n’espère pas grand-chose du libéralisme, on ne croit pas non plus à la révolution : c’est peut-être cela la définition de la démocratie parvenue à maturité. Personne n’y croit mais personne ne songe à la renverser. En France non plus, mais la passion révolutionnaire y subsiste sous la forme d’un fonds d’aigreur qui pourrait, un jour, pour peu que les circonstances s’y prêtent, nous valoir un de ces épisodes dont l’histoire française est prodigue.

Vous inscrivez Napoléon dans la continuité révolutionnaire. Il n’admirait pas vraiment la Révolution.
Il avait la nostalgie de l’Ancien régime et n’aimait pas la Révolution, en particulier dans ce qu’elle a de libéral – par exemple, il déteste les Constituants de 1789, auxquels il préfère les Conventionnels. Mais il n’aime pas beaucoup plus les Jacobins. En réalité, Napoléon méprise la plupart de ses contemporains, tout en considérant leurs engagements avec indulgence. Par delà ses préférences personnelles, il comprend l’importance des principes de la Révolution, en particulier de ses conquêtes sociales, c’est-à-dire de l’égalité. Il garantit l’égalité proclamée par la Révolution mais il liquide la liberté – telle est en somme sa mission historique. Et cela correspond à son jugement sur ce que les Français attendent. « La liberté, il s’en dégoûteront vite », dit-il.

Bachar m’a bâché

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Bachar el-Assad n’est pas resté déjeuner à l’hôtel Marigny. Un camouflet pour le président de la République ? Envoyée (très) spéciale sur les Champs Elysées pour couvrir le défilé, Trudi Kohl a décidé d’enquêter sur la fuite du président syrien en assistant à la garden party présidentielle. A suivre ici en direct.

Prière de ne pas se tromper d’erreur

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L’Elysée a rejeté, dimanche 13 juillet, les critiques d’anciens Casques bleus visant la présence du président syrien Bachar el-Assad au défilé du 14 juillet. L’imputation à Damas de l’attentat du Drakkar en 1983 au Liban a été qualifié par la présidence française d' »erreur historique ». « Le Drakkar,a déclaré à la presse une source élyséenne, c’était l’Iran et le Hezbollah. La Syrie, c’était l’attentat contre l’ambassadeur de France au Liban Louis Delamare en 1981 ». Ouf, on a eu chaud.

Collé Carolis !

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« Stupide » : c’est ainsi que la patron de France Télévisions avait répondu, au micro de RTL, à Nicolas Sarkozy, lequel estimait qu’il n’y avait guère de différence entre service public et chaînes privées. Manque de bol pour Patrick de Carolis : une étude comparative menée par Médiamétrie sur une année de programmes toutes chaînes confondues vient de mettre en évidence que « TF1 et M6 sont encore très proches de France 2, France 3 et France 5 ».