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Et pendant ce temps-là, Nicolas et Carla

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Carla et Nicolas Sarkozy : le temps des rumeurs.

J’ai passé récemment quelques jours dans un pays étranger, l’Autriche, où l’on peut jouir du plaisir exquis consistant à passer des heures dans un café à lire la presse locale et internationale sans que le loufiat ne vienne vous harceler pour renouveler vos consommations.

C’est ainsi que j’a pris connaissance, dans le très sérieux et très conservateur quotidien viennois Die Presse des dernières péripéties conjugales du couple présidentiel français. Il ne s’agissait pas d’une brève dans la rubrique people de ce journal, mais d’un article fort long et documenté sur les infidélités réciproques dont se seraient rendus coupables Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. Ne soyons pas hypocrites et annonçons d’emblée la couleur : il court dans tout Paris la rumeur que la première dame de France aurait une liaison avec le chanteur Benjamin Biolay, et que le président de la République se consolerait avec la secrétaire d’Etat à l’environnement et championne de karaté Chantal Jouanno.

Le correspondant à Paris de Die Presse s’étonnait de ne pas avoir lu une ligne dans la presse française concernant ces informations capitales.

Son travail, et celui de ses collègues de la presse internationale en poste à Paris n’a pourtant pas été totalement inutile : au début de cette semaine, Cécile de Kervasdoué, meneuse de revue de presse internationale des « Matins » de France-Culture s’est accordé le plaisir malicieux de rapporter tout ce qui avait été écrit sur le sujet de Madrid à Stockholm, en passant par Londres.

Cette bretonne qui n’a rien d’une Bécassine contournait donc ainsi l’omerta que s’était imposée la caste des journalistes français réputés « bien informés » pour introduire ce sujet scabreux sur une antenne généralement peu portée sur les ragots.

Cela nous ramène à l’éternel débat sur la préservation de la vie privée des hommes et des femmes politiques, dont les termes ont radicalement changé depuis l’apparition du web et des réseaux sociaux. La dissimulation, sur une longue durée, de la double vie familiale de François Mitterrand serait aujourd’hui impossible.

Dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, faut-il s’offusquer que les médias étrangers se saisissent avec gourmandise d’une affaire où la presse française avait choisi, pour une fois, de se montrer discrète ?

Faut-il au contraire pester contre cette connivence entre des journalistes et un pouvoir qui les mène par le bout du nez en choisissant les thèmes sur lesquels il veut communiquer et en intimidant ceux qui s’aventureraient à sortir des informations qui lui déplaisent ?

En fait, on se trouve ici dans un cas de figure où il est bien difficile de trancher. Imaginons un instant que la question ait été mise sur le tapis médiatique en pleine campagne pour les régionales. Qui se serait alors intéressé à ce scrutin, pour lequel le bon peuple montre un intérêt médiocre en dépit des efforts de la classe politique et des médias ? De quoi aurait-on parlé devant le zinc ou dans les réunions Tupperware ?

Pour la presse étrangère, c’est différent. Les élections régionales françaises ne font pas dresser l’oreille des rédacteurs en chef des grands journaux européens, en revanche les aventures du couple présidentiel français viennent opportunément relayer les frasques d’un Silvio Berlusconi qui se montre plutôt discret ces derniers temps.

On peut soupçonner également que la communication présidentielle, pour autant que les informations relatées reposent sur des faits réels, ait choisi de n’en faire état qu’après le 21 mars, pour faire diversion après la déculottée prévue pour l’UMP aux régionales.

Dans l’hypothèse où ces ragots seraient totalement bidons, c’est encore tout bon pour Nicolas Sarkozy : il aurait alors beau jeu d’apparaître encore une fois comme une victime de ces rats de journaleux, comme dans le cas du prétendu SMS envoyé par lui à Cécilia, dont le nouvelobs.fr avait fait état avant d’adresser des excuses publiques au président de la République. Pour ma part, j’en reste à la déclaration historique de Sarkozy lors de l’annonce de son mariage avec la chanteuse : « Avec Carla, c’est du sérieux ! » Cela nous informe sur l’intensité d’une relation à un moment donné, mais ne présage en rien de sa durée.

La garde à vue condamnée

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Garde à vue
Michel Serrault et Lino Ventura dans Garde à vue, de Claude Miller (1981).

La garde à vue à la française ? Condamnée. Le jeu de mot est facile, c’est vrai, mais résume parfaitement une situation devenue intenable.

Le citoyen la redoute pour un oui ou pour un non (défaut de présentation du permis, « outrage », etc.), les avocats la dénoncent comme attentatoire aux droits de la défense et en appellent au Conseil constitutionnel, les magistrats forts de la jurisprudence européenne en annulent désormais à la chaîne, et il n’est pas jusqu’à certains représentants des forces de l’ordre qui s’élèvent contre « une politique du chiffre bête et méchante », qui conduit au trou le dealer comme le râleur. Le gouvernement semble, lui aussi, avoir pris la mesure du problème : le Premier ministre comme la garde des sceaux jugent ahurissant le nombre de gardés à vue – bientôt un million par an ? – et appellent à la réforme.

Comment du reste pourrait-il en être autrement ? La « gav », telle qu’elle est pratiquée chez nous, est devenue pour le citoyen lambda une source d’angoisse et d’humiliation.

D’angoisse, parce qu’une fois interpellé, il se retrouve complètement isolé de sa famille, de ses proches et, le cas échéant, de son employeur. D’humiliation aussi, tant le programme des réjouissances est complet : menottes, fouille à nu (dans des locaux chauffés ou non), accroupissement obligatoire destiné à vérifier les « cachettes » les plus intimes de l’interpellé, cellules bondées où le malchanceux et le criminel cohabitent dans les fumets d’urines, passant la nuit sur des bancs de béton, sans couvertures ni oreiller, éclairés continûment par des spots dignes d’un stade. Telles sont les conditions systématiques de la garde à vue en France. Pas pour les seuls clandestins ou les pauvres hères : pour tout le monde. Sans exception.

Halte aux trémolos, nous dit-on ! L’urgence du changement est admise par le pouvoir. Pour preuve : l’avant projet de réforme du Code de Procédure Pénale[1. Lequel s’inspire largement du rapport du Comité dit « Léger », cela ne s’invente pas…], présenté ces derniers jours par Michèle Alliot-Marie. Le hic, c’est qu’on y trouvera rien, strictement rien, de nature à s’attaquer au fond du problème, c’est-à-dire à l’esprit même de notre procédure pénale, en théorie inquisitoire, en réalité inquisitoriale.

Nous sommes, en effet, dans un pays qui a pour culte la religion de l’aveu. Contrairement à nos partenaires européens, qui privilégient l’enquête et les éléments de preuve qu’elle peut fournir avant même que soit interrogé un suspect, en France, c’est bien souvent sur ses seules auditions que vont reposer les charges retenues contre lui.

La « gav » est ainsi très souvent infligée au supposé délinquant comme la préventive au mis en examen : dans l’intention de le faire craquer.

La suggestion de Mme Alliot-Marie de créer une retenue judiciaire de quatre heures des interpellés encourant une peine de moins de cinq ans d’emprisonnement, et ce sans avocat, est d’ailleurs dans la droite ligne de cette collecte d’aveux à tout prix. Collecte favorisée précisément par l’absence d’avocat, dans des conditions d’enfermement telles que l’interpellé sera enclin à collaborer afin que cesse le cauchemar éveillé de sa détention. Et, d’autre part, par la faculté donnée aux policiers d’en maîtriser le calendrier – exemple parmi bien d’autres : un même dossier de présumées violences conjugales sera traité, selon le bon vouloir des commissariats, en quatre ou en quarante-huit heures. Vive l’Etat de droit !

Comment, dès lors, mettre un terme à cette aberration ? N’en déplaise aux policiers qui considèrent les avocats comme des « commerciaux » : autoriser la présence immédiate de l’avocat aux côtés de son client est la première urgence. Il devrait dorénavant lui être permis, et ce dès la première heure de « gav » : l’accès au dossier, la possibilité de préparer son client en conséquence, le suivi de ses conditions d’enfermement.

À ceux qui demanderont si c’est faisable, on répondra que c’est déjà le cas en Espagne, démocratie assez récente dont nous serions avisés de nous inspirer. Et cela ne suffirait pas encore : seule la présence de l’avocat à toutes les auditions du prévenu, ainsi que cela se passe aux Etats-Unis, nous ferait enfin basculer dans un Etat de droit digne de ce nom. La règle devrait aussi simple que stricte : une audition sans avocat sera réputée nulle et non avenue. Donc inutilisable.

Il y aura aussi beaucoup à faire du point de vue logistique. Concernant les locaux, il n’y a pas à tortiller : l’Etat devra bourse délier. Hygiène, promiscuité, privation de sommeil (notamment par l’imposition d’un éclairage permanent) : autant de conditions honteuses, commandées par la politique de l’aveu et auxquelles il faudra remédier illico presto. N’hésitons pas, là aussi, à prendre exemple sur nos voisins britanniques, pour lesquels l’existence de cellules individuelles, propres et chauffées, ainsi que des vêtements de rechange relèvent des conditions légales.

Les pouvoirs publics pourraient enfin décider que les interpellés manifestement sans danger pour autrui et pour eux-mêmes pourraient faire état dès le stade du commissariat, par l’intermédiaire de leur famille ou de leur avocat, de leurs garanties de « représentation » (adresse fixe, bulletins de salaire, caution symbolique le cas échéant) 2. Et être relâchés sur le champ.

Voici des réformes qui, à bien y réfléchir, n’ont rien d’exorbitant. Qui devraient être le B.A.-BA d’un Etat de droit. Qui sont hélas toujours inexistantes chez nous.

Et ajoutons un dernier mot à l’intention de tous ceux qui, pour être convaincus de leur bien-fondé, y rechignent parce qu’elles feraient le jeu des crapules dont la place est derrière les barreaux : la réforme de la garde à vue aurait pour conséquence immédiate et massive d’en faire diminuer le nombre. Diminution – qu’on y songe… – qui rendrait, chaque week-end, chaque soir, des milliers de policiers au terrain, contribuant ainsi à restaurer la sécurité dans nos rues.

SNCF : un peu de poésie pour sortir du train-train

Peinant comiquement à faire rouler ses trains par temps de neige, et à organiser les grands départs en vacances sans retard ni pagaille, la SNCF met virilement le paquet niveau poésie. L’AFP nous apprend que la vénérable institution ferroviaire « enverra des comédiens souffler des impromptus poétiques à ses passagers vendredi à l’occasion de la douzième édition du Printemps des poètes, dont le thème est cette année Couleur Femme ». La France a peur, comme disait l’autre. Impossible donc d’échapper à ces « commandos poétiques du collectif Les Souffleurs » qui pratiqueront leur néo-terrorisme poético-festif sur une poignée de lignes au départ de Paris. Les agents SNCF, délaissant leurs missions habituelles – si archaïques ! – de contrôle des billets, remettront aux voyageurs des « des cartes-poèmes » qu’ils pourront s’offrir mutuellement. Et sinon, quid du rapide de 7 h 32 pour Vesoul ? Ah, désolé du retard, Monsieur, mais tous nos agents sont déjà mobilisés sur la poétisation des trains ! Ne soyez pas si prosaïque !

Ta femme, la crise et les Régionales

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Bon, après les Régionales, une fois le soufflé électoral retombé, il va tout de même falloir faire face à la crise, celle qui progresse comme un tsunami financier et se cogne à la réalité des peuples comme en Grèce et en Islande. Il va falloir nommer exactement ce qui se passe, ce qui se passe vraiment. Comme d’habitude, c’est la littérature, et non les économistes, qui va nous permettre de comprendre en termes simples pourquoi tout est en train de disparaître dans un effondrement à la fois risible et tragique. Que l’on nous permette donc d’en appeler à un poète, le grand Charles Bukowski, dont on ne souligne pas assez que son ivrognerie géniale est une conséquence de la peur panique éprouvée pendant la Grande Dépression des années 1930 aux USA. Alors, où en sommes nous ? Déflation, récession, dépression ? N’écoutons pas Jacques Marseille qui est mort ni Nicolas Baverez qui s’avise dans le dernier supplément économie du Monde (il n’est jamais trop tard) d’une nouvelle question sociale. Ecoutons plutôt Buk  dans There’s no Business : « La récession, c’est quand votre femme se tire avec le premier venu. La dépression, c’est quand le premier venu vous la ramène. »

NPA, ça le fait pas

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Olivier Besancenot (photo looking4poetry, flickr.com).

Certes, les sondages ne valent jamais que ce qu’ils valent, mais là ils concordent tous et semblent refléter une tendance réelle : selon toute vraisemblance, dimanche soir, le Front de Gauche (PCF et PG de Mélenchon) aura gagné, un an après les européennes, une nouvelle manche du bras de fer qui l’oppose au NPA. Or, a priori, c’était pas du tout cuit.

Souvenez-vous, c’était il y a peine deux ans et demi, au sortir du premier tour de la présidentielle. Le petit facteur issu de ce qui était encore la LCR venait d’humilier ce qui fut autrefois le grand parti des travailleurs, en mettant deux points dans la vue de son inconsistante candidate. Fort de quoi Olivier avait annoncé illico son intention de capitaliser son score – et son fort potentiel d’attendrissement médiatique – en fondant un grand parti unitaire à gauche de la gauche. À l’époque, aucun analyste ne donnait trop cher de la peau du parti communiste qui, outre ses tares bien réelles, sentait trop son monde d’avant pour ne pas être automatiquement condamné à disparaître en moins de temps qu’il n’en faut pour boucler (mais non, j’ai pas dit bâcler) un édito de Libé.

Exit donc la LCR, place au NPA. On allait voir ce qu’on allait voir. Eh bien, on a vu. Et on y verra encore plus clair dimanche à 20 heures. Mais d’ores et déjà le pari est perdu. Que le NPA fasse 2 %, 3 %, voire 3,5 % des voix n’y changera rien : le soufflé est retombé, le ressort est cassé. Qu’est-ce qui donc foiré dans le plan de bataille de feue la Section Française de la Quatrième Internationale ? Plusieurs choses, qu’on livrera à peu près dans l’ordre, pour une fois.

Il y a tout d’abord les errements, voire les reniements qui ont accompagné le rebootage du logiciel trotskyste, et qui l’ont grillé auprès de nombre de ses électeurs et militants putatifs. Chacun aura bien sûr immédiatement à l’esprit la pitoyable affaire de la candidate voilée dans le Vaucluse, et ce qu’elle peut laisser présager de pire : un flirt poussé, comme c’est déjà le cas en Grande Bretagne avec les islamistes, au nom bien sûr de l’anti-impérialisme et de la lutte contre la stigmatisation. Témoin de cette pente savonneuse, mardi dernier, en meeting à Lille, Besancenot en a remis une couche dans le registre barbu-compatible en déclarant que le Quick halal de Roubaix était la dernière de ses préoccupations. Les tiennes, peut-être Olivier, mais celles du bon vieux prolo en colère, laïque et républicain, toujours. Faut croire qu’on s’en fiche un peu de celui-là. Tout comme on se fout des féministes pas vraiment portées sur le hidjab. Tout ça pour aller courir après un fantasmatique électorat « des quartiers ».

On trouve le même mépris dans le traitement des valeurs historiques de la gauche – et de l’extrême-gauche, au passage – dans l’attitude du NPA vis-à-vis des syndicats, et plus spécialement de la CGT, systématiquement dénigrée lors des conflits sociaux de cette dernière année. Peu importe, en l’instance que les critiques de mollesse faites à Bernard Thibaut soient fondées ou pas. Ce qu’on est obligé de constater c’est que ces procès en sorcellerie ont déclenché un réflexe défensif chez les syndicalistes les plus combatifs, ce qui est fichtrement contreproductif quand on veut construire un parti anticapitaliste. Oui mais c’est un nouveau parti. Et le syndicalisme, comme la laïcité ou même le féminisme, c’est rien que des trucs de vieux.

Corollaire logique de ces divagations, le sectarisme rabique dont a fait preuve le NPA dans la préparation des régionales, celui pour lequel ce 14 mars, il va payer cher. Là encore, la question n’est pas de savoir si le Front de Gauche est coupable ou non des velléités de satellisation par le PS que lui reproche sans cesse le NPA. Le vrai problème c’est que le NPA est aveugle, il fait comme si la dynamique crée par l’alliance PC-PG n’existait pas. Et donc comme si le vote « radical mais utile » devait éternellement jouer en faveur de Besancenot, comme à la présidentielle (où non seulement Buffet, mais aussi Bové et Arlette furent étrillés). Le NPA fait comme si depuis 2007, il était seul sur le marché, comme si il n’y avait plus qu’a se baisser pour ramasser les militants de base du PC, comme si l’irruption de Mélenchon dans sa zone de chalandise n’avait jamais existé. Mauvaise pioche.

Tout cela est d’autant plus étonnant que ce sectarisme et cette cécité sont une donnée nouvelle dans ce courant politique. Globalement, à la Ligue, on se la racontait pas, on ne prenait pas ses désirs pour des impératifs catégoriques. Quiconque a pu discuter avec Krivine, Piquet ou Bensaïd du temps où ils tenaient la boutique pourra le confirmer: on n’avait vraiment pas affaire à des lourdauds. La Ligue était aux antipodes du style incantatoire en vigueur au NPA, on y était, rusé, patient, porté sur l’autocritique, conscient des difficultés et toujours à l’affût de ce qui pouvait rassembler, quitte à être unitaire pour deux.

Il faut croire que ces fondamentaux-là, eux aussi, faisaient vieux jeu, puisqu’on les a oubliés. Aujourd’hui la seule ligne de Besancenot, c’est de jouer les Monsieur Plus vis-à-vis de ceux qui auraient pu être ses partenaires. Et c’est ainsi, de surenchère en surenchère, qu’on en arrive à des Tchernobyl façon Vaucluse : tous les autres ont des candidats « issus de la diversité » ? Et bien nous, on présente une femme musulmane et voilée ! Toujours plus, donc, sauf qu’à l’arrivée il y aura toujours moins d’électeurs.

À force de vouloir nier la complexité, on finit par se manger le réel en boomerang. Le pari de l’Opération Besancenot, c’était de simplifier sa ligne politique à l’extrême pour attirer des électeurs nouveaux dans ce parti nouveau. La déroute du NPA, c’est aussi la défaite du marketing.

Jean-Baptiste Botul

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[access capability= »lire_inedits »]Jean-Baptiste Botul

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Lorsqu’en 1971, il fut libéré de sa prison bolivienne, Régis Debray prit secrètement la direction de l’Uruguay, où il fit l’acquisition de ce portrait. [access capability= »lire_inedits »]Il orne désormais le vestibule de l’Institut de médiologie et c’est la seule représentation qui nous soit restée de Jean-Baptiste Botul, père incontesté et néanmoins malheureux de cette belle doctrine philosophique qui aurait pu s’appeler le botulisme si le nom n’avait pas été déjà pris.

José Mujica, Jean-Baptiste Botul réfléchissant à sa prochaine conférence aux néo-kantiens d’Uruguay, vers 1938. Le public savant se reportera à la brochure que M. Debray a consacré à ce portrait, Adieu Jean-Baptiste Botul.

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Goodbye Londonistan !

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Haymarket, Londres (photo : E01, flickr.com).

Vous trouvez dérisoires, inutiles, indécents peut-être en ces temps de crise, les débats franco-français sur les fast food hallal, les voiles légers, voire les horaires séparés dans les piscines et les prières sur la voie publique ? Pour vous, les appels répétés au strict respect de la laïcité masquent surtout un racisme rampant, une islamophobie déguisée ? Chacun n’est-il pas libre de mettre en application les préceptes de sa foi, ses traditions culturelles, dès lors qu’ils ne contreviennent pas à l’ordre public ? Peut être est-il temps pour vous de traverser la Manche et d’aller voir de plus près le pays où tout est possible, des burqas à la charia. Où les trois petits cochons de la fable ont été remplacés dans les écoles par les trois petits chiens pour ne pas froisser les convictions des enfants. Car, vous ne l’ignorez pas, le Royaume-Uni est multiculturel et même communautariste. Communautariste : mot étrange et subitement omniprésent que l’on prononce en France avec ce ton vaguement dédaigneux que l’on réserve habituellement aux maladie honteuses. Mais savons-nous bien de quoi nous parlons ?

Tout avait si bien commencé. En tirant un trait sur l’empire britannique sur lequel le soleil ne se couchait jamais, les petits-enfants des colonisateurs avaient, pour se faire pardonner quelques siècles d’impérialisme, décidé de donner le statut de citoyen du Royaume-Uni à toute personne née sur l’île ou dans une de ses colonies (British National Act, 1948), assorti d’une égalité de traitement stricte en terme de droit de vote et de sécurité sociale. Ce que la France ne fit jamais pour l’Algérie, par exemple. Mais aussi d’un respect inconditionnel de « la diversité culturelle couplée à l’égalité des chances, dans une atmosphère de tolérance mutuelle », comme l’affirmait Roy Jenkins, secrétaire du Home office, c’est-à-dire le ministère de l’intérieur, en 1966. Ce qui revenait de fait à accepter sans condition toutes les normes et traditions religieuses, culturelles et sociales. Autour de cette position digne d’un président de la SA Bisounours, un très large consensus politique lui avait vite donné une assise durable dans la société britannique. De l’aristocratie issue des public schools (qui sont privées bien sûr, pourquoi faire simple) et se retrouve dans des clubs ultra-fermés où vous ne poserez jamais un orteil même si vous pouvez vous payer Harrods et qui y puisa et y puise encore une main d’œuvre à moindre coût, à la gauche travailliste qui s’en fit une clientèle électorale indispensable fidélisée par des dirigeants communautaires très écoutés, tous s’accommodaient bien volontiers du modèle britannique, loué partout pour sa tolérance et la paix sociale qu’il garantissait.

Les conflits internationaux qui ne manquèrent pas de venir taper à la porte semblaient comme anesthésiés en passant la Manche. Les attentats du 11 septembre ? Omar Bakri put décerner aux terroristes les épithètes particulièrement bien choisis de « magnifiques ». L’intervention britannique en Irak ? Tony Blair autorisa les écoles coraniques de façon trop concomitante pour être tout à fait honnête, la discrimination positive battit des records, la parité dans les médias et les administrations se fit pointilleuse. Les caricatures du prophète ? Aucune intervention policière ne vint interdire les calicots appelant au meurtre et les drapeaux danois brûlés. A ceux qui les accusait d’acheter la sanctuarisation de leur territoire, les autorités répondaient respect des religions et des cultures. « Nous devons être attentifs si nous voulons être multiculturels » précisait sans rire le directeur de l’école où les petits cochons durent se travestir en caniches.

Inutile de préciser que dans ce contexte les attentats du 7/7 (2005) ont fait l’effet d’un réveil brutal, voire d’une… bombe. Contrairement au 11 septembre, ils sont le fait de citoyens tout à fait britanniques. Dans la foulée, une série de sondages accablants est venue confirmer que le multiculturalisme avait sacrément du plomb dans l’aile. La moitié des musulmans ne se sentaient pas britanniques. 81 % se déclaraient d’abord musulmans. 40 % réclamaient l’établissement de la charia là où ils étaient majoritaires. 20 % cautionnaient les attentats du 11 septembre. 32 % estimaient qu’ils devaient mettre fin à la société occidentale et 7 % (soient pas moins de 100.000 gaillards) souhaitaient carrément l’éliminer par la violence.

Vous avez dit société multiculturelle ? Les attentats de Londres ont mis à jour une société gangrenée par 60.000 délits racistes par an et des communautés séparées, figées par la haine, prêtes à s’entretuer comme à Birmingham en octobre 2005.

Là, forcément, vous venez d’en prendre un petit coup derrière la tête et vous vous posez cette question : Mais comment a-t-on pu en arriver là, tourner le dos à ce point à l’angélisme rafraîchissant de Roy Jenkins ? Où le bât a t-il blessé ?

À force de considérer les différences comme essentielles et valorisantes au détriment de ce qui unit par delà la race ou la foi, on a fait du droit à ces différences (multiculturalisme) un devoir d’appartenance à une identité (communautarisme). L’individu se définit d’abord en fonction de son groupe, de sa tribu. L’intégration ne s’est pas faite via la culture britannique, mais via les différences culturelles et religieuses propres à chacune des composantes de la société. Or, on ne bâtit pas une société sans un minimum de culture commune et une mémoire partagée.

Plus grave, en conférant aux dignitaires religieux cooptés par l’establishment politique le statut d’interlocuteurs privilégiés, les éventuelles affiliations politiques, sociales ou économiques se sont progressivement effacées. Les groupes se définissent avant tout par leur religion. Dont les principes s’imposent. Voile à l’école pour les élèves et les profs, dans les entreprises et les administrations, cantines hallal, 85 tribunaux appliquant la charia… Le scandale dit du Quick roubaisien semble bien innocent subitement. Les 80 % de Britanniques hédonistes accros à la consommation et élevés selon des principes vaguement chrétiens n’ont qu’à bien se tenir et sont certes très tolérants, mais les enseignantes en burqa et les femmes tenues en laisse dans les rues de Londres n’ont pas vraiment la cote. Le politiquement correct britannique a beau être le plus résistant du monde, il s’érode quand, crise oblige, communautarisme exacerbé et immigration massive finissent par faire le lit du BNP (british national party). Un quart des électeurs, en particulier des blancs pauvres qui vivent du benefit, disent avoir envisagé de le soutenir… Voilà qui nous rappellera quelques souvenirs pas si anciens. Les délits racistes augmentent, la paranoïa et le repli identitaire s’accentuent. Malgré le multiculturalisme, une majorité de musulmans se sentent victimes de xénophobie.

Mises de côté, les difficultés d’intégration économiques sont restées sans réponse. Pourtant, là aussi, les chiffres sont accablants. Trois fois plus de chômeurs chez les musulmans que chez les catholiques et les hindous. 58 % des Pakistanais sont pauvres contre 19% de blancs. Suivant une logique communautariste, les inégalités ont été réparties et non supprimées. Comme si seul comptait le fait que des riches puissent être aussi issus des minorités. La promotion incessante de la diversité diversifie sans doute la couleur de la peau des maîtres, mais ne remet pas en cause une seconde la domination qui transcende toutes les autres, celle des plus riches sur les plus pauvres. Voilà qui devrait chez nous faire réfléchir ce cher monsieur Besancenot qui se fait à l’insu de son plein gré le complice involontaire de ce capitalisme qu’il abhorre…

Comment s’étonner que sur ce terreau fertile de pauvreté mêlée à une exacerbation de l’identité religieuse, l’engrais jihadiste répandu à profusion par internet produise de si beaux fruits ?

La réponse des autorités travaillistes n’a pas tardé. L’asile politique accordé si généreusement aux idéologues islamistes radicaux a fait long feu, le « Londonistan » n’est plus. La rigueur semble enfin de mise. Et pourtant, le jeune nigérian Farouk Abdulmutallab qui voulait faire exploser le vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre dernier était passé par Londres et ses cercles radicaux. De quoi donner encore quelques insomnies aux spécialistes du MI5 qui, étonnamment, ne jouent plus les James Bond vs Jules Maigret quand ils rencontrent leurs collègues français de feu la DST.

Dans vingt ans, la population britannique aura doublé les deux poids lourds démographiques européens que sont la France et l’Allemagne. Une bonne dizaine de millions de producteurs et de consommateurs supplémentaires, de quoi réjouir les économistes. En terme de cohésion sociale, on peut se permettre d’être moins optimiste. Voire franchement inquiet.

Cinéma européen

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Si vous êtes cinéphile et si vous avez des choses à faire du 17 au 24 mars, annulez tout et rendez vous au cinéma l’Entrepôt, pour la cinquième édition du festival L’Europe autour de l’Europe. Vous aurez l’occasion de voir sur grand écran un des premiers films de Milos Forman, Au feu les pompiers, un chef d’œuvre de Lindsay Anderson, Britannia Hospital, avec Malcolm McDowell dans le rôle principal, et deux hommages à Boulgakov : Le maître et Marguerite d’Aleksandar Petrovic et Morphine d’Aleksey Balabanov, un des réalisateurs russes les plus talentueux à l’heure actuelle. À ne pas manquer non plus Tsar de Pavel Lounguine, une magnifique fresque historique sur Ivan le Terrible. Et pour les insatiables : Satantango de Béla Tarr, sept heures de puszta déferlent le 27 mars à l’Institut hongrois.

Lettre à un mélancolique

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J’ai dévoré votre dernière livraison. Evidemment, j’apprécie toujours autant votre style, votre grande culture historique et votre si grande lucidité. Seulement voilà, j’ai un gros désaccord avec vous. Un énorme désaccord. Ayant tenté de contribuer à votre défense et m’étant aussi permis de proposer votre candidature à l’élection présidentielle, même si tout le monde, vous le premier, avait d’emblée détecté le côté potache de l’initiative, il me faut vous l’exprimer franchement et aussi publiquement que précédemment.

À vous lire, tout est foutu. Tout a foutu le camp et on ne pourra jamais aller le rechercher. Pis encore, on a la surprise, la stupéfaction, la déception, on reçoit un coup de poing dans l’estomac, en lisant de vous que la France est trop petite. Trop petite ! Pas cela, Eric Zemmour ! Et, surtout, pas vous. Lorsque nous nous rendons dans notre librairie pour acheter du Zemmour, ce n’est pas pour lire du Giscard ou du Minc. Nous hésitons à déposer plainte pour tromperie sur la marchandise. Nous vérifions la magnifique couverture tricolore ; nous nous replongeons dans la lecture pour retrouver votre style lequel, rassurons les prochains lecteurs, n’a rien de giscardien, et nous devons bien nous rendre à l’évidence : c’est bien Eric Zemmour qui écrit que la France est trop petite et qu’elle crève de mélancolie de s’en rendre compte.

Vous avez sans doute mesuré l’effroi que susciterait cette assertion parmi une partie de vos lecteurs habituels, lesquels versent parfois dans le Cocorico. Mais vous n’en avez eu cure. Vous le pensez, donc vous l’écrivez. Rien d’anormal. Votre franchise, c’est une marque déposée. Alors, nous allons vous répondre aussi franchement. Non pas point par point. Il nous faudrait écrire un livre aussi pour y répondre et nous n’avons pas la notoriété suffisante pour mobiliser un éditeur[1. Ils se sont d’ailleurs mis à deux pour vous éditer le vôtre. Au passage, ils pourraient faire leur boulot et repérer les coquilles. Vous laisser confondre AELE et ALENA, ce n’est pas seulement imprimer un lapsus assez drôle, c’est aussi manquer de sérieux. Mais je m’arrête là : je ne voudrais pas apporter encore de l’eau à votre moulin toutfoutlecampiste.]. Trois points suffiront.

La France est trop petite parce que cet hexagone est trop petit dans un monde si grand ; La France est trop petite et sa démographie en trompe-l’œil n’y changera rien ; La France est trop petite parce qu’elle ne pourra jamais recouvrer la souveraineté qu’elle a bazardée.

Donc Minc, Giscard, Attali, les oui-ouistes auraient raison. Trop petite, la France ? Trop ridée, la France ? Elle aurait besoin d’être un Empire, de pouvoir retrouver les frontières de celui de la Rome Antique pour s’accomplir complètement ? C’est le fil conducteur de votre livre, votre thèse. Comme vous ne nous proposez pas la guerre pour retrouver nos cent-trente départements de Hambourg à Turin, il n’y aurait plus qu’à pleurer. Page 21, vous faites un sort à vos lecteurs souverainistes, enfants des maurrassiens et des jacobins de gauche, en les soupçonnant d’anachronisme. Ce n’est pas l’Empire que les Rois de France refusaient mais l’Empereur. Lorsqu’on est nourri par les livres que Paul-Marie Couteaux écrivait dans les années 1990, on a dû mal à séparer l’Empire de l’Empereur. Et on ne goûte guère l’impérialisme, qu’il soit germanique, américain ou même de Napoléon qui avait tout de même fini par rendre la France plus petite qu’il ne l’avait prise, comme disait le Général. Alors, la Wallonie, pourquoi pas ? Mais pour le reste, notre pays peut largement vivre sans mélancolie dans les frontières que nous connaissons. Après l’échec des Plans Fouchet et du Traité de l’Elysée, De Gaulle a très bien pu remettre la France au premier plan en tant que Nation libre et indépendante. Encore fallait-il en avoir la volonté. Il l’avait, au contraire des Partis. J’y reviendrai. De même, la posture chiraquienne de 2003 a démontré que notre 1 % de la population mondiale pouvait largement être compensé par une diplomatie audacieuse et un verbe haut.

La population, justement, parlons-en. Dans votre dernier chapitre, vous faites un sort au dynamisme de notre démographie. Comme un caillou dans votre chaussure, l’augmentation du nombre de Français, notre taux de fécondité qui tranche avec celui de nos voisins européens gênait quelque peu votre démonstration. Aidé par Michèle Tribalat, vous tentez de relativiser ce dynamisme. Vous accusez donc les chercheurs de l’INED de se comporter en Lyssenko et vous moquez Emmanuel Todd, lequel aurait découvert des monstres, aurait fermé la porte à double-tour et même jeté la clef. Il est possible que certains chercheurs ne voient pas les fameux chiffres en question ou refusent de les voir. Mais, de monstres, vous en voyez, a contrario, partout. D’abord, lorsque vous révélez le taux de fécondité des femmes d’origine européenne (1,7 au lieu des 2,0 pour toutes les femmes vivant en France) et que vous le rapprochez des taux globaux de nos voisins, il y a légèreté. Car l’Allemagne, l’Espagne ou l’Angleterre ont, tout comme la France, fait l’objet de vagues d’immigration importantes et les femmes issues de ces vagues font grimper aussi leur taux de fécondité. Si la France était le seul pays d’immigration en Europe, votre argument ferait mouche. Ce n’est pas le cas, fort heureusement et il y a donc une spécificité française que la plupart de nos démographes expliquent de manière féministe[2. Page 215 : présence de crèches, enfants confiés jeunes aux nounous, nombre important de naissances hors-mariage.], écrivez-vous. Et si on retournait cet argument avec l’aide d’un autre ! Jean-Claude Chesnais explique dans l’un de ses ouvrages que l’homme français participe davantage aux tâches ménagères que l’homme espagnol ou italien permettant à sa compagne d’enfanter avec davantage d’enthousiasme que ses cousines latines[3. Ce qui permet d’ailleurs de relativiser la propagande sur les fameux 80 % de tâches domestiques effectuées par les femmes en France, en vogue actuellement grâce à la promotion du livre d’Elisabeth Badinter, et dont on ne sait par qui et comment ils ont été calculés.]. Vous auriez pu ainsi, au lieu de relativiser le différentiel, l’expliquer par la féminisation du jeune français, et donc vous en plaindre, comme doit le faire légitimement l’auteur du Premier Sexe. Ensuite, si vous avez raison de fustiger les germanopratins, incapables de voir au delà du Ve et VIe arrondissements réunis, on a parfois l’impression que vous refusez de regarder vous-même au delà de l’Ile de France. La Mayenne (3% de mères étrangères seulement) dispute ainsi la première place en terme de taux de fécondité à la Seine-Saint-Denis, que vous citez sans cesse en exemple. Enfin, en matière d’assimilation pour les familles qui font grimper le taux de 1,7 à 2, ne vous focalisez-vous pas sur la partie émergée de l’iceberg ? Quand vous dites que beaucoup votent avec leurs pieds en quittant notamment le 93, vous oubliez que des couples mixtes, ou même des familles entières issues de l’immigration font de même ou rêvent de faire de même. Lorsque nous habitions un quartier sensible près de Montbéliard lors des élections présidentielles de 2002, nous avons pu ainsi découvrir que le vote Le Pen n’était pas réservé aux « souchiens », comme disent les Indigènes de la République. Très souvent, ce choix leur semblait une manière d’affirmer leur assimilation. Alors, certes, les chiffres que vous donnez sur le recul des unions mixtes montrent un recul de l’exogamie dans la population issue de l’immigration maghrébine. Certes, la communautarisation a progressé, l’assimilation reculé. Mais ce n’est pas à l’auteur de Petit frère qu’on expliquera que c’est le fruit d’une politique commencée il y a vingt-cinq ans et poursuivie par tous les gouvernements. Comment en aurait-il pu être autrement dans ces circonstances ? Il suffirait qu’on revienne au modèle ancien et on infléchirait vite la tendance. La loi sur le voile de 2003 a démontré que la fermeté était efficace. On ne peut pas ? Non ! Encore une fois, on ne veut pas !

La Volonté et la capacité de mettre celle-ci en œuvre découlent directement de la Souveraineté. Dans votre livre, vous prêchez évidemment un convaincu lorsque vous égrainez tous les passages par dessus bord que celle-ci a connus depuis plus de trente ans. Mais qui nous empêche de la reprendre, cette sacrée souveraineté ? Si nous quittions l’Euro[4. Vous avez bien eu raison, il y a une semaine, de dire à Nicolas Domenach que le minimum serait de menacer de le faire.], rétablissions le principe de la loi-écran, si même nous quittions l’Union européenne, dénoncions la CEDH – que sais-je encore, quelle armée européenne viendrait nous en empêcher ? D’ailleurs, Jacques Chirac en 1995, Lionel Jospin en 1997 et Nicolas Sarkozy en 2007, n’ont ils pas gagné grâce au logiciel national-républicain ? Ce n’est pas parce qu’ils ont renoncé peu après ou même, pour le dernier cité, jamais cru dans ce discours, qu’il est impossible à mettre en œuvre. On n’essaie même pas. Dès que les Allemands froncent un sourcil, on se couche, comme vous l’avez d’ailleurs très bien expliqué lorsque vous abordez le thème de l’union méditerranéenne. Donc on peut, et on dispose même de l’occasion idéale avec cette première crise de la mondialisation.

Et pourquoi ne nous le faisons pas ? A cause des partis, qui se débarrassèrent déjà du Général. Lorsque Sarkozy, DSK et Aubry consultent les mêmes gourous, il ne faut pas s’étonner de suivre la même politique quoi que les Français votent. Le système partisan est verrouillé et nul autre que vous ne le sait mieux. Le financement des partis, les féodalités économiques et locales, la quasi-unanimité des médias refusent de lâcher la proie, que constitue l’alternance entre une droite et une gauche libéralomondialistes, pour l’ombre que constituerait une recomposition rendue nécessaire par les changements géopolitiques et intérieurs. Sans doute parce que cela avait été un thème d’un livre écrit il y a plus de dix ans[5. Le livre noir de la droite, Grasset, 1998.], vous n’avez pas remis le couvert cette fois ci. C’est pourtant la raison centrale de l’incapacité pour la France de se redonner les moyens de devenir Rome, moins dans ses frontières que dans son Génie. Jean-Pierre Chevènement, dans un long dialogue avec un groupe de blogueurs parisiens, explique que le moment de vérité viendra un jour, sans doute provoqué par un choc extérieur. J’ai tendance à croire ce vieux lion sage.

En conclusion d’un discours prononcé au Palais des sports le 15 décembre 1965, André Malraux rappela la lettre que Bernanos écrivit à ses amis en 1942 : « Ne vous tourmentez donc pas, la France a inventé Jeanne d’Arc, elle a inventé Saint-Just, elle a inventé Clemenceau, elle n’a pas fini d’en inventer ! C’est son affaire ! » Il y a donc bien une mélancolie française. Mais c’est parce que nous le voulons bien.

Reine d’un jour

J’en conviens, c’est assez attendu mais chaque année, ça m’énerve. La journée de la femme, que l’on devrait plutôt appeler la journée du malheur des femmes, me flanque des boutons – ce qui est un comble. Je précise immédiatement que je n’aime pas que les hommes battent ou tuent leur femme, ni que leurs patrons les exploitent, ce qui devrait suffire à prouver que j’ai un grand cœur. J’ajoute que je ne crois pas que tout soit parfait sur le front de l’égalité. Mais le festival de propos convenus, de jérémiades inspirées et de communion compassionnelle, le tout noyé dans un flot d’aigreur et de ressentiment qui se déverse sur les méchants mâles qui nous gouvernent, me donne envie de prendre mes jambes à mon cou. Chaque 8 mars, le même message nous est délivré en boucle : nous sommes toutes des victimes. Ça, je n’achète pas. Et à l’exception des pleureuses qui se succèdent sur les plateaux et semblent tout droit sorties des livres de Muray, je ne connais pas une seule femme concrète qui achète.

« Où en sont les femmes ? » se demande gravement Le Monde à l’approche de cette centième édition. Je ne sais pas pourquoi mais je préférais entendre Patrick Juvet demander « Où sont les femmes ? » Comme me le souffle Miclo, « on ne nait pas femme, on le devient, d’accord. Mais ça ne me dit pas où sont mes escarpins ».

La précampagne du centenaire a commencé il y a deux ou trois semaines par la douloureuse question des femmes battues – au passage, on a oublié que 25 hommes mouraient chaque année sous les coups de leur tendre et douce. Puis on est passé à l’égalité dans le travail où, là encore, tout va mal : les femmes occupent les emplois précaires – alors que les hommes, bien sûr, jouissent d’une merveilleuse sécurité –, elles progressent plus lentement, ce qui n’a jamais rien à voir avec leurs propres choix ou avec les contraintes de l’entreprise, mais tient uniquement au machisme des dirigeants, lesquels privent ainsi la France de patronnes « compétentes, humaines, acharnées, instinctives » et j’en passe. « La crise aurait-elle eu lieu si Lehman Brothers s’était appelé Lehman Sisters », s’interroge Le Monde, apparemment sans rigoler (je n’ai pas trouvé la réponse à cette devinette pêchée en « une » mais peut-être ma mauvaise humeur m’a-t-elle rendue inattentive). Comme chacun sait, les tueuses, les emmerdeuses, les chipies, les hystériques et les autres sont de pures inventions de la littérature – encore un mauvais coup des hommes. D’ailleurs, aucun des mauvais coucheurs qui peuplent la rédaction de Causeur ne m’a envoyé un bouquet de fleurs en hommage à mes trésors féminins de calme, de patience et de sérénité, sans oublier mon sens bien connu de l’organisation. Cela dit, comme chez nous, c’est tous les jours jour de la femme, rien n’est perdu.

Heureusement, il y a des entreprises qui aiment les femmes et aiment plus encore le faire savoir. Le Parisien célébrait hier ces bonnes élèves. Alors qu’elles font déjà de leur comportement exemplaire en matière d’écologie et de diversité un argument de vente, elles pourront désormais brandir leur féminisme.

De l’horreur au travail on a naturellement enchaîné sur l’oppression domestique. Il est vrai que dans ce domaine, les inégalités de la nature s’ajoutent à celles qu’ont générées des siècles de patriarcat. Une expérience scientifique simple à réaliser vous le prouvera : placez un homme et une femme dans un foutoir où les toiles d’araignée se fraient un chemin entre les livres ; ajoutez si possible un réfrigérateur qui n’a pas rencontré une éponge depuis des semaines et une baignoire douteuse, et observez lequel des deux cobayes craque le premier. Espérons en tout cas qu’une brigade des plumeaux opérant sous la responsabilité de la HALDE mettra bientôt fin à l’antique injustice qui continue de régner sur le front ménager. En attendant ce jour béni, étant contrairement à toutes mes congénères travailleuses et efficaces de nature feignasse (il faut bien que des exceptions confirment la règle) je me permets de vous envoyer, une fois de plus, à mon cher Muray :

J’aime la sociologue parfaitement hystérique
Parce que le partage des tâches domestiques,
À lire les plus sûres études statistiques,
Demeure depuis quinze ans complètement statique.

Bizarrement, nul n’a songé au sort de celles à qui leur mari refuse l’usage d’un chéquier, interdit le recours à un médecin homme ou impose le port d’une prison vestimentaire. Passons.

En même temps qu’on communie dans l’apitoiement, on célèbre les innombrables vertus et les multiples exploits de ces dames – cela doit être ce qu’on appelle l’inconséquence féminine. Certaines rédactions où on n’a pas la chance d’être dirigé par la main de fer d’une patronne, profitent de ce beau jour pour faire du rêve du gouvernement des femmes une réalité. Ainsi, le « Grand journal » de Canal + était-il hier, sous la houlette d’Ariane Massenet, exclusivement féminin, public compris. Il y avait de la gonzesse et j’en connais quelques-uns qui n’ont pas dû en louper une minute. Certes, j’ai eu un peu la trouille quand Marie Colmant s’est indignée qu’on laisse encore un sale type comme Zemmour s’exprimer. Ça prouve, a-t-elle dit, qu’il reste beaucoup de progrès à faire. Cher Eric, j’ai bien peur que pour toi, ce soit « camp de travail à régime sévère ».

Il y en a pour tous les goûts. Actualité Juive, qui publie par ailleurs une excellente interwiew de Guaino, annonce en une que la femme est l’avenir de la communauté. On attend avec impatience que Têtu proclame que les lesbiennes sont l’avenir des homosexuels.

Dans cet océan de niaiserie, j’ai tout de même déniché une bonne nouvelle. Sachez, mesdames, frangines et copine, qu’à l’occasion de notre fête, le site Sexy Avenue propose 20 % de réduction sur les sex-toys et la lingerie sexy. Une excellente façon de rappeler que l’un des points communs à une grande majorité de femmes n’est pas qu’elles vivent l’enfer mais qu’elles aiment les hommes. Même s’il arrive que les deux aillent ensemble – c’est l’un des charmes de la vie des femmes.

Et pendant ce temps-là, Nicolas et Carla

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Carla et Nicolas Sarkozy : le temps des rumeurs.
Carla et Nicolas Sarkozy : le temps des rumeurs.

J’ai passé récemment quelques jours dans un pays étranger, l’Autriche, où l’on peut jouir du plaisir exquis consistant à passer des heures dans un café à lire la presse locale et internationale sans que le loufiat ne vienne vous harceler pour renouveler vos consommations.

C’est ainsi que j’a pris connaissance, dans le très sérieux et très conservateur quotidien viennois Die Presse des dernières péripéties conjugales du couple présidentiel français. Il ne s’agissait pas d’une brève dans la rubrique people de ce journal, mais d’un article fort long et documenté sur les infidélités réciproques dont se seraient rendus coupables Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. Ne soyons pas hypocrites et annonçons d’emblée la couleur : il court dans tout Paris la rumeur que la première dame de France aurait une liaison avec le chanteur Benjamin Biolay, et que le président de la République se consolerait avec la secrétaire d’Etat à l’environnement et championne de karaté Chantal Jouanno.

Le correspondant à Paris de Die Presse s’étonnait de ne pas avoir lu une ligne dans la presse française concernant ces informations capitales.

Son travail, et celui de ses collègues de la presse internationale en poste à Paris n’a pourtant pas été totalement inutile : au début de cette semaine, Cécile de Kervasdoué, meneuse de revue de presse internationale des « Matins » de France-Culture s’est accordé le plaisir malicieux de rapporter tout ce qui avait été écrit sur le sujet de Madrid à Stockholm, en passant par Londres.

Cette bretonne qui n’a rien d’une Bécassine contournait donc ainsi l’omerta que s’était imposée la caste des journalistes français réputés « bien informés » pour introduire ce sujet scabreux sur une antenne généralement peu portée sur les ragots.

Cela nous ramène à l’éternel débat sur la préservation de la vie privée des hommes et des femmes politiques, dont les termes ont radicalement changé depuis l’apparition du web et des réseaux sociaux. La dissimulation, sur une longue durée, de la double vie familiale de François Mitterrand serait aujourd’hui impossible.

Dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, faut-il s’offusquer que les médias étrangers se saisissent avec gourmandise d’une affaire où la presse française avait choisi, pour une fois, de se montrer discrète ?

Faut-il au contraire pester contre cette connivence entre des journalistes et un pouvoir qui les mène par le bout du nez en choisissant les thèmes sur lesquels il veut communiquer et en intimidant ceux qui s’aventureraient à sortir des informations qui lui déplaisent ?

En fait, on se trouve ici dans un cas de figure où il est bien difficile de trancher. Imaginons un instant que la question ait été mise sur le tapis médiatique en pleine campagne pour les régionales. Qui se serait alors intéressé à ce scrutin, pour lequel le bon peuple montre un intérêt médiocre en dépit des efforts de la classe politique et des médias ? De quoi aurait-on parlé devant le zinc ou dans les réunions Tupperware ?

Pour la presse étrangère, c’est différent. Les élections régionales françaises ne font pas dresser l’oreille des rédacteurs en chef des grands journaux européens, en revanche les aventures du couple présidentiel français viennent opportunément relayer les frasques d’un Silvio Berlusconi qui se montre plutôt discret ces derniers temps.

On peut soupçonner également que la communication présidentielle, pour autant que les informations relatées reposent sur des faits réels, ait choisi de n’en faire état qu’après le 21 mars, pour faire diversion après la déculottée prévue pour l’UMP aux régionales.

Dans l’hypothèse où ces ragots seraient totalement bidons, c’est encore tout bon pour Nicolas Sarkozy : il aurait alors beau jeu d’apparaître encore une fois comme une victime de ces rats de journaleux, comme dans le cas du prétendu SMS envoyé par lui à Cécilia, dont le nouvelobs.fr avait fait état avant d’adresser des excuses publiques au président de la République. Pour ma part, j’en reste à la déclaration historique de Sarkozy lors de l’annonce de son mariage avec la chanteuse : « Avec Carla, c’est du sérieux ! » Cela nous informe sur l’intensité d’une relation à un moment donné, mais ne présage en rien de sa durée.

La garde à vue condamnée

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Michel Serrault et Lino Ventura dans Garde à vue, de Claude Miller (1981).
Garde à vue
Michel Serrault et Lino Ventura dans Garde à vue, de Claude Miller (1981).

La garde à vue à la française ? Condamnée. Le jeu de mot est facile, c’est vrai, mais résume parfaitement une situation devenue intenable.

Le citoyen la redoute pour un oui ou pour un non (défaut de présentation du permis, « outrage », etc.), les avocats la dénoncent comme attentatoire aux droits de la défense et en appellent au Conseil constitutionnel, les magistrats forts de la jurisprudence européenne en annulent désormais à la chaîne, et il n’est pas jusqu’à certains représentants des forces de l’ordre qui s’élèvent contre « une politique du chiffre bête et méchante », qui conduit au trou le dealer comme le râleur. Le gouvernement semble, lui aussi, avoir pris la mesure du problème : le Premier ministre comme la garde des sceaux jugent ahurissant le nombre de gardés à vue – bientôt un million par an ? – et appellent à la réforme.

Comment du reste pourrait-il en être autrement ? La « gav », telle qu’elle est pratiquée chez nous, est devenue pour le citoyen lambda une source d’angoisse et d’humiliation.

D’angoisse, parce qu’une fois interpellé, il se retrouve complètement isolé de sa famille, de ses proches et, le cas échéant, de son employeur. D’humiliation aussi, tant le programme des réjouissances est complet : menottes, fouille à nu (dans des locaux chauffés ou non), accroupissement obligatoire destiné à vérifier les « cachettes » les plus intimes de l’interpellé, cellules bondées où le malchanceux et le criminel cohabitent dans les fumets d’urines, passant la nuit sur des bancs de béton, sans couvertures ni oreiller, éclairés continûment par des spots dignes d’un stade. Telles sont les conditions systématiques de la garde à vue en France. Pas pour les seuls clandestins ou les pauvres hères : pour tout le monde. Sans exception.

Halte aux trémolos, nous dit-on ! L’urgence du changement est admise par le pouvoir. Pour preuve : l’avant projet de réforme du Code de Procédure Pénale[1. Lequel s’inspire largement du rapport du Comité dit « Léger », cela ne s’invente pas…], présenté ces derniers jours par Michèle Alliot-Marie. Le hic, c’est qu’on y trouvera rien, strictement rien, de nature à s’attaquer au fond du problème, c’est-à-dire à l’esprit même de notre procédure pénale, en théorie inquisitoire, en réalité inquisitoriale.

Nous sommes, en effet, dans un pays qui a pour culte la religion de l’aveu. Contrairement à nos partenaires européens, qui privilégient l’enquête et les éléments de preuve qu’elle peut fournir avant même que soit interrogé un suspect, en France, c’est bien souvent sur ses seules auditions que vont reposer les charges retenues contre lui.

La « gav » est ainsi très souvent infligée au supposé délinquant comme la préventive au mis en examen : dans l’intention de le faire craquer.

La suggestion de Mme Alliot-Marie de créer une retenue judiciaire de quatre heures des interpellés encourant une peine de moins de cinq ans d’emprisonnement, et ce sans avocat, est d’ailleurs dans la droite ligne de cette collecte d’aveux à tout prix. Collecte favorisée précisément par l’absence d’avocat, dans des conditions d’enfermement telles que l’interpellé sera enclin à collaborer afin que cesse le cauchemar éveillé de sa détention. Et, d’autre part, par la faculté donnée aux policiers d’en maîtriser le calendrier – exemple parmi bien d’autres : un même dossier de présumées violences conjugales sera traité, selon le bon vouloir des commissariats, en quatre ou en quarante-huit heures. Vive l’Etat de droit !

Comment, dès lors, mettre un terme à cette aberration ? N’en déplaise aux policiers qui considèrent les avocats comme des « commerciaux » : autoriser la présence immédiate de l’avocat aux côtés de son client est la première urgence. Il devrait dorénavant lui être permis, et ce dès la première heure de « gav » : l’accès au dossier, la possibilité de préparer son client en conséquence, le suivi de ses conditions d’enfermement.

À ceux qui demanderont si c’est faisable, on répondra que c’est déjà le cas en Espagne, démocratie assez récente dont nous serions avisés de nous inspirer. Et cela ne suffirait pas encore : seule la présence de l’avocat à toutes les auditions du prévenu, ainsi que cela se passe aux Etats-Unis, nous ferait enfin basculer dans un Etat de droit digne de ce nom. La règle devrait aussi simple que stricte : une audition sans avocat sera réputée nulle et non avenue. Donc inutilisable.

Il y aura aussi beaucoup à faire du point de vue logistique. Concernant les locaux, il n’y a pas à tortiller : l’Etat devra bourse délier. Hygiène, promiscuité, privation de sommeil (notamment par l’imposition d’un éclairage permanent) : autant de conditions honteuses, commandées par la politique de l’aveu et auxquelles il faudra remédier illico presto. N’hésitons pas, là aussi, à prendre exemple sur nos voisins britanniques, pour lesquels l’existence de cellules individuelles, propres et chauffées, ainsi que des vêtements de rechange relèvent des conditions légales.

Les pouvoirs publics pourraient enfin décider que les interpellés manifestement sans danger pour autrui et pour eux-mêmes pourraient faire état dès le stade du commissariat, par l’intermédiaire de leur famille ou de leur avocat, de leurs garanties de « représentation » (adresse fixe, bulletins de salaire, caution symbolique le cas échéant) 2. Et être relâchés sur le champ.

Voici des réformes qui, à bien y réfléchir, n’ont rien d’exorbitant. Qui devraient être le B.A.-BA d’un Etat de droit. Qui sont hélas toujours inexistantes chez nous.

Et ajoutons un dernier mot à l’intention de tous ceux qui, pour être convaincus de leur bien-fondé, y rechignent parce qu’elles feraient le jeu des crapules dont la place est derrière les barreaux : la réforme de la garde à vue aurait pour conséquence immédiate et massive d’en faire diminuer le nombre. Diminution – qu’on y songe… – qui rendrait, chaque week-end, chaque soir, des milliers de policiers au terrain, contribuant ainsi à restaurer la sécurité dans nos rues.

SNCF : un peu de poésie pour sortir du train-train

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Peinant comiquement à faire rouler ses trains par temps de neige, et à organiser les grands départs en vacances sans retard ni pagaille, la SNCF met virilement le paquet niveau poésie. L’AFP nous apprend que la vénérable institution ferroviaire « enverra des comédiens souffler des impromptus poétiques à ses passagers vendredi à l’occasion de la douzième édition du Printemps des poètes, dont le thème est cette année Couleur Femme ». La France a peur, comme disait l’autre. Impossible donc d’échapper à ces « commandos poétiques du collectif Les Souffleurs » qui pratiqueront leur néo-terrorisme poético-festif sur une poignée de lignes au départ de Paris. Les agents SNCF, délaissant leurs missions habituelles – si archaïques ! – de contrôle des billets, remettront aux voyageurs des « des cartes-poèmes » qu’ils pourront s’offrir mutuellement. Et sinon, quid du rapide de 7 h 32 pour Vesoul ? Ah, désolé du retard, Monsieur, mais tous nos agents sont déjà mobilisés sur la poétisation des trains ! Ne soyez pas si prosaïque !

Ta femme, la crise et les Régionales

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Bon, après les Régionales, une fois le soufflé électoral retombé, il va tout de même falloir faire face à la crise, celle qui progresse comme un tsunami financier et se cogne à la réalité des peuples comme en Grèce et en Islande. Il va falloir nommer exactement ce qui se passe, ce qui se passe vraiment. Comme d’habitude, c’est la littérature, et non les économistes, qui va nous permettre de comprendre en termes simples pourquoi tout est en train de disparaître dans un effondrement à la fois risible et tragique. Que l’on nous permette donc d’en appeler à un poète, le grand Charles Bukowski, dont on ne souligne pas assez que son ivrognerie géniale est une conséquence de la peur panique éprouvée pendant la Grande Dépression des années 1930 aux USA. Alors, où en sommes nous ? Déflation, récession, dépression ? N’écoutons pas Jacques Marseille qui est mort ni Nicolas Baverez qui s’avise dans le dernier supplément économie du Monde (il n’est jamais trop tard) d’une nouvelle question sociale. Ecoutons plutôt Buk  dans There’s no Business : « La récession, c’est quand votre femme se tire avec le premier venu. La dépression, c’est quand le premier venu vous la ramène. »

NPA, ça le fait pas

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Olivier Besancenot (photo looking4poetry, flickr.com).
Olivier Besancenot (photo looking4poetry, flickr.com).

Certes, les sondages ne valent jamais que ce qu’ils valent, mais là ils concordent tous et semblent refléter une tendance réelle : selon toute vraisemblance, dimanche soir, le Front de Gauche (PCF et PG de Mélenchon) aura gagné, un an après les européennes, une nouvelle manche du bras de fer qui l’oppose au NPA. Or, a priori, c’était pas du tout cuit.

Souvenez-vous, c’était il y a peine deux ans et demi, au sortir du premier tour de la présidentielle. Le petit facteur issu de ce qui était encore la LCR venait d’humilier ce qui fut autrefois le grand parti des travailleurs, en mettant deux points dans la vue de son inconsistante candidate. Fort de quoi Olivier avait annoncé illico son intention de capitaliser son score – et son fort potentiel d’attendrissement médiatique – en fondant un grand parti unitaire à gauche de la gauche. À l’époque, aucun analyste ne donnait trop cher de la peau du parti communiste qui, outre ses tares bien réelles, sentait trop son monde d’avant pour ne pas être automatiquement condamné à disparaître en moins de temps qu’il n’en faut pour boucler (mais non, j’ai pas dit bâcler) un édito de Libé.

Exit donc la LCR, place au NPA. On allait voir ce qu’on allait voir. Eh bien, on a vu. Et on y verra encore plus clair dimanche à 20 heures. Mais d’ores et déjà le pari est perdu. Que le NPA fasse 2 %, 3 %, voire 3,5 % des voix n’y changera rien : le soufflé est retombé, le ressort est cassé. Qu’est-ce qui donc foiré dans le plan de bataille de feue la Section Française de la Quatrième Internationale ? Plusieurs choses, qu’on livrera à peu près dans l’ordre, pour une fois.

Il y a tout d’abord les errements, voire les reniements qui ont accompagné le rebootage du logiciel trotskyste, et qui l’ont grillé auprès de nombre de ses électeurs et militants putatifs. Chacun aura bien sûr immédiatement à l’esprit la pitoyable affaire de la candidate voilée dans le Vaucluse, et ce qu’elle peut laisser présager de pire : un flirt poussé, comme c’est déjà le cas en Grande Bretagne avec les islamistes, au nom bien sûr de l’anti-impérialisme et de la lutte contre la stigmatisation. Témoin de cette pente savonneuse, mardi dernier, en meeting à Lille, Besancenot en a remis une couche dans le registre barbu-compatible en déclarant que le Quick halal de Roubaix était la dernière de ses préoccupations. Les tiennes, peut-être Olivier, mais celles du bon vieux prolo en colère, laïque et républicain, toujours. Faut croire qu’on s’en fiche un peu de celui-là. Tout comme on se fout des féministes pas vraiment portées sur le hidjab. Tout ça pour aller courir après un fantasmatique électorat « des quartiers ».

On trouve le même mépris dans le traitement des valeurs historiques de la gauche – et de l’extrême-gauche, au passage – dans l’attitude du NPA vis-à-vis des syndicats, et plus spécialement de la CGT, systématiquement dénigrée lors des conflits sociaux de cette dernière année. Peu importe, en l’instance que les critiques de mollesse faites à Bernard Thibaut soient fondées ou pas. Ce qu’on est obligé de constater c’est que ces procès en sorcellerie ont déclenché un réflexe défensif chez les syndicalistes les plus combatifs, ce qui est fichtrement contreproductif quand on veut construire un parti anticapitaliste. Oui mais c’est un nouveau parti. Et le syndicalisme, comme la laïcité ou même le féminisme, c’est rien que des trucs de vieux.

Corollaire logique de ces divagations, le sectarisme rabique dont a fait preuve le NPA dans la préparation des régionales, celui pour lequel ce 14 mars, il va payer cher. Là encore, la question n’est pas de savoir si le Front de Gauche est coupable ou non des velléités de satellisation par le PS que lui reproche sans cesse le NPA. Le vrai problème c’est que le NPA est aveugle, il fait comme si la dynamique crée par l’alliance PC-PG n’existait pas. Et donc comme si le vote « radical mais utile » devait éternellement jouer en faveur de Besancenot, comme à la présidentielle (où non seulement Buffet, mais aussi Bové et Arlette furent étrillés). Le NPA fait comme si depuis 2007, il était seul sur le marché, comme si il n’y avait plus qu’a se baisser pour ramasser les militants de base du PC, comme si l’irruption de Mélenchon dans sa zone de chalandise n’avait jamais existé. Mauvaise pioche.

Tout cela est d’autant plus étonnant que ce sectarisme et cette cécité sont une donnée nouvelle dans ce courant politique. Globalement, à la Ligue, on se la racontait pas, on ne prenait pas ses désirs pour des impératifs catégoriques. Quiconque a pu discuter avec Krivine, Piquet ou Bensaïd du temps où ils tenaient la boutique pourra le confirmer: on n’avait vraiment pas affaire à des lourdauds. La Ligue était aux antipodes du style incantatoire en vigueur au NPA, on y était, rusé, patient, porté sur l’autocritique, conscient des difficultés et toujours à l’affût de ce qui pouvait rassembler, quitte à être unitaire pour deux.

Il faut croire que ces fondamentaux-là, eux aussi, faisaient vieux jeu, puisqu’on les a oubliés. Aujourd’hui la seule ligne de Besancenot, c’est de jouer les Monsieur Plus vis-à-vis de ceux qui auraient pu être ses partenaires. Et c’est ainsi, de surenchère en surenchère, qu’on en arrive à des Tchernobyl façon Vaucluse : tous les autres ont des candidats « issus de la diversité » ? Et bien nous, on présente une femme musulmane et voilée ! Toujours plus, donc, sauf qu’à l’arrivée il y aura toujours moins d’électeurs.

À force de vouloir nier la complexité, on finit par se manger le réel en boomerang. Le pari de l’Opération Besancenot, c’était de simplifier sa ligne politique à l’extrême pour attirer des électeurs nouveaux dans ce parti nouveau. La déroute du NPA, c’est aussi la défaite du marketing.

Jean-Baptiste Botul

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[access capability= »lire_inedits »]Jean-Baptiste Botul

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Lorsqu’en 1971, il fut libéré de sa prison bolivienne, Régis Debray prit secrètement la direction de l’Uruguay, où il fit l’acquisition de ce portrait. [access capability= »lire_inedits »]Il orne désormais le vestibule de l’Institut de médiologie et c’est la seule représentation qui nous soit restée de Jean-Baptiste Botul, père incontesté et néanmoins malheureux de cette belle doctrine philosophique qui aurait pu s’appeler le botulisme si le nom n’avait pas été déjà pris.

José Mujica, Jean-Baptiste Botul réfléchissant à sa prochaine conférence aux néo-kantiens d’Uruguay, vers 1938. Le public savant se reportera à la brochure que M. Debray a consacré à ce portrait, Adieu Jean-Baptiste Botul.

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Goodbye Londonistan !

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Haymarket, Londres (photo : E01, flickr.com).
Haymarket, Londres (photo : E01, flickr.com).

Vous trouvez dérisoires, inutiles, indécents peut-être en ces temps de crise, les débats franco-français sur les fast food hallal, les voiles légers, voire les horaires séparés dans les piscines et les prières sur la voie publique ? Pour vous, les appels répétés au strict respect de la laïcité masquent surtout un racisme rampant, une islamophobie déguisée ? Chacun n’est-il pas libre de mettre en application les préceptes de sa foi, ses traditions culturelles, dès lors qu’ils ne contreviennent pas à l’ordre public ? Peut être est-il temps pour vous de traverser la Manche et d’aller voir de plus près le pays où tout est possible, des burqas à la charia. Où les trois petits cochons de la fable ont été remplacés dans les écoles par les trois petits chiens pour ne pas froisser les convictions des enfants. Car, vous ne l’ignorez pas, le Royaume-Uni est multiculturel et même communautariste. Communautariste : mot étrange et subitement omniprésent que l’on prononce en France avec ce ton vaguement dédaigneux que l’on réserve habituellement aux maladie honteuses. Mais savons-nous bien de quoi nous parlons ?

Tout avait si bien commencé. En tirant un trait sur l’empire britannique sur lequel le soleil ne se couchait jamais, les petits-enfants des colonisateurs avaient, pour se faire pardonner quelques siècles d’impérialisme, décidé de donner le statut de citoyen du Royaume-Uni à toute personne née sur l’île ou dans une de ses colonies (British National Act, 1948), assorti d’une égalité de traitement stricte en terme de droit de vote et de sécurité sociale. Ce que la France ne fit jamais pour l’Algérie, par exemple. Mais aussi d’un respect inconditionnel de « la diversité culturelle couplée à l’égalité des chances, dans une atmosphère de tolérance mutuelle », comme l’affirmait Roy Jenkins, secrétaire du Home office, c’est-à-dire le ministère de l’intérieur, en 1966. Ce qui revenait de fait à accepter sans condition toutes les normes et traditions religieuses, culturelles et sociales. Autour de cette position digne d’un président de la SA Bisounours, un très large consensus politique lui avait vite donné une assise durable dans la société britannique. De l’aristocratie issue des public schools (qui sont privées bien sûr, pourquoi faire simple) et se retrouve dans des clubs ultra-fermés où vous ne poserez jamais un orteil même si vous pouvez vous payer Harrods et qui y puisa et y puise encore une main d’œuvre à moindre coût, à la gauche travailliste qui s’en fit une clientèle électorale indispensable fidélisée par des dirigeants communautaires très écoutés, tous s’accommodaient bien volontiers du modèle britannique, loué partout pour sa tolérance et la paix sociale qu’il garantissait.

Les conflits internationaux qui ne manquèrent pas de venir taper à la porte semblaient comme anesthésiés en passant la Manche. Les attentats du 11 septembre ? Omar Bakri put décerner aux terroristes les épithètes particulièrement bien choisis de « magnifiques ». L’intervention britannique en Irak ? Tony Blair autorisa les écoles coraniques de façon trop concomitante pour être tout à fait honnête, la discrimination positive battit des records, la parité dans les médias et les administrations se fit pointilleuse. Les caricatures du prophète ? Aucune intervention policière ne vint interdire les calicots appelant au meurtre et les drapeaux danois brûlés. A ceux qui les accusait d’acheter la sanctuarisation de leur territoire, les autorités répondaient respect des religions et des cultures. « Nous devons être attentifs si nous voulons être multiculturels » précisait sans rire le directeur de l’école où les petits cochons durent se travestir en caniches.

Inutile de préciser que dans ce contexte les attentats du 7/7 (2005) ont fait l’effet d’un réveil brutal, voire d’une… bombe. Contrairement au 11 septembre, ils sont le fait de citoyens tout à fait britanniques. Dans la foulée, une série de sondages accablants est venue confirmer que le multiculturalisme avait sacrément du plomb dans l’aile. La moitié des musulmans ne se sentaient pas britanniques. 81 % se déclaraient d’abord musulmans. 40 % réclamaient l’établissement de la charia là où ils étaient majoritaires. 20 % cautionnaient les attentats du 11 septembre. 32 % estimaient qu’ils devaient mettre fin à la société occidentale et 7 % (soient pas moins de 100.000 gaillards) souhaitaient carrément l’éliminer par la violence.

Vous avez dit société multiculturelle ? Les attentats de Londres ont mis à jour une société gangrenée par 60.000 délits racistes par an et des communautés séparées, figées par la haine, prêtes à s’entretuer comme à Birmingham en octobre 2005.

Là, forcément, vous venez d’en prendre un petit coup derrière la tête et vous vous posez cette question : Mais comment a-t-on pu en arriver là, tourner le dos à ce point à l’angélisme rafraîchissant de Roy Jenkins ? Où le bât a t-il blessé ?

À force de considérer les différences comme essentielles et valorisantes au détriment de ce qui unit par delà la race ou la foi, on a fait du droit à ces différences (multiculturalisme) un devoir d’appartenance à une identité (communautarisme). L’individu se définit d’abord en fonction de son groupe, de sa tribu. L’intégration ne s’est pas faite via la culture britannique, mais via les différences culturelles et religieuses propres à chacune des composantes de la société. Or, on ne bâtit pas une société sans un minimum de culture commune et une mémoire partagée.

Plus grave, en conférant aux dignitaires religieux cooptés par l’establishment politique le statut d’interlocuteurs privilégiés, les éventuelles affiliations politiques, sociales ou économiques se sont progressivement effacées. Les groupes se définissent avant tout par leur religion. Dont les principes s’imposent. Voile à l’école pour les élèves et les profs, dans les entreprises et les administrations, cantines hallal, 85 tribunaux appliquant la charia… Le scandale dit du Quick roubaisien semble bien innocent subitement. Les 80 % de Britanniques hédonistes accros à la consommation et élevés selon des principes vaguement chrétiens n’ont qu’à bien se tenir et sont certes très tolérants, mais les enseignantes en burqa et les femmes tenues en laisse dans les rues de Londres n’ont pas vraiment la cote. Le politiquement correct britannique a beau être le plus résistant du monde, il s’érode quand, crise oblige, communautarisme exacerbé et immigration massive finissent par faire le lit du BNP (british national party). Un quart des électeurs, en particulier des blancs pauvres qui vivent du benefit, disent avoir envisagé de le soutenir… Voilà qui nous rappellera quelques souvenirs pas si anciens. Les délits racistes augmentent, la paranoïa et le repli identitaire s’accentuent. Malgré le multiculturalisme, une majorité de musulmans se sentent victimes de xénophobie.

Mises de côté, les difficultés d’intégration économiques sont restées sans réponse. Pourtant, là aussi, les chiffres sont accablants. Trois fois plus de chômeurs chez les musulmans que chez les catholiques et les hindous. 58 % des Pakistanais sont pauvres contre 19% de blancs. Suivant une logique communautariste, les inégalités ont été réparties et non supprimées. Comme si seul comptait le fait que des riches puissent être aussi issus des minorités. La promotion incessante de la diversité diversifie sans doute la couleur de la peau des maîtres, mais ne remet pas en cause une seconde la domination qui transcende toutes les autres, celle des plus riches sur les plus pauvres. Voilà qui devrait chez nous faire réfléchir ce cher monsieur Besancenot qui se fait à l’insu de son plein gré le complice involontaire de ce capitalisme qu’il abhorre…

Comment s’étonner que sur ce terreau fertile de pauvreté mêlée à une exacerbation de l’identité religieuse, l’engrais jihadiste répandu à profusion par internet produise de si beaux fruits ?

La réponse des autorités travaillistes n’a pas tardé. L’asile politique accordé si généreusement aux idéologues islamistes radicaux a fait long feu, le « Londonistan » n’est plus. La rigueur semble enfin de mise. Et pourtant, le jeune nigérian Farouk Abdulmutallab qui voulait faire exploser le vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre dernier était passé par Londres et ses cercles radicaux. De quoi donner encore quelques insomnies aux spécialistes du MI5 qui, étonnamment, ne jouent plus les James Bond vs Jules Maigret quand ils rencontrent leurs collègues français de feu la DST.

Dans vingt ans, la population britannique aura doublé les deux poids lourds démographiques européens que sont la France et l’Allemagne. Une bonne dizaine de millions de producteurs et de consommateurs supplémentaires, de quoi réjouir les économistes. En terme de cohésion sociale, on peut se permettre d’être moins optimiste. Voire franchement inquiet.

Cinéma européen

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Si vous êtes cinéphile et si vous avez des choses à faire du 17 au 24 mars, annulez tout et rendez vous au cinéma l’Entrepôt, pour la cinquième édition du festival L’Europe autour de l’Europe. Vous aurez l’occasion de voir sur grand écran un des premiers films de Milos Forman, Au feu les pompiers, un chef d’œuvre de Lindsay Anderson, Britannia Hospital, avec Malcolm McDowell dans le rôle principal, et deux hommages à Boulgakov : Le maître et Marguerite d’Aleksandar Petrovic et Morphine d’Aleksey Balabanov, un des réalisateurs russes les plus talentueux à l’heure actuelle. À ne pas manquer non plus Tsar de Pavel Lounguine, une magnifique fresque historique sur Ivan le Terrible. Et pour les insatiables : Satantango de Béla Tarr, sept heures de puszta déferlent le 27 mars à l’Institut hongrois.

Lettre à un mélancolique

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J’ai dévoré votre dernière livraison. Evidemment, j’apprécie toujours autant votre style, votre grande culture historique et votre si grande lucidité. Seulement voilà, j’ai un gros désaccord avec vous. Un énorme désaccord. Ayant tenté de contribuer à votre défense et m’étant aussi permis de proposer votre candidature à l’élection présidentielle, même si tout le monde, vous le premier, avait d’emblée détecté le côté potache de l’initiative, il me faut vous l’exprimer franchement et aussi publiquement que précédemment.

À vous lire, tout est foutu. Tout a foutu le camp et on ne pourra jamais aller le rechercher. Pis encore, on a la surprise, la stupéfaction, la déception, on reçoit un coup de poing dans l’estomac, en lisant de vous que la France est trop petite. Trop petite ! Pas cela, Eric Zemmour ! Et, surtout, pas vous. Lorsque nous nous rendons dans notre librairie pour acheter du Zemmour, ce n’est pas pour lire du Giscard ou du Minc. Nous hésitons à déposer plainte pour tromperie sur la marchandise. Nous vérifions la magnifique couverture tricolore ; nous nous replongeons dans la lecture pour retrouver votre style lequel, rassurons les prochains lecteurs, n’a rien de giscardien, et nous devons bien nous rendre à l’évidence : c’est bien Eric Zemmour qui écrit que la France est trop petite et qu’elle crève de mélancolie de s’en rendre compte.

Vous avez sans doute mesuré l’effroi que susciterait cette assertion parmi une partie de vos lecteurs habituels, lesquels versent parfois dans le Cocorico. Mais vous n’en avez eu cure. Vous le pensez, donc vous l’écrivez. Rien d’anormal. Votre franchise, c’est une marque déposée. Alors, nous allons vous répondre aussi franchement. Non pas point par point. Il nous faudrait écrire un livre aussi pour y répondre et nous n’avons pas la notoriété suffisante pour mobiliser un éditeur[1. Ils se sont d’ailleurs mis à deux pour vous éditer le vôtre. Au passage, ils pourraient faire leur boulot et repérer les coquilles. Vous laisser confondre AELE et ALENA, ce n’est pas seulement imprimer un lapsus assez drôle, c’est aussi manquer de sérieux. Mais je m’arrête là : je ne voudrais pas apporter encore de l’eau à votre moulin toutfoutlecampiste.]. Trois points suffiront.

La France est trop petite parce que cet hexagone est trop petit dans un monde si grand ; La France est trop petite et sa démographie en trompe-l’œil n’y changera rien ; La France est trop petite parce qu’elle ne pourra jamais recouvrer la souveraineté qu’elle a bazardée.

Donc Minc, Giscard, Attali, les oui-ouistes auraient raison. Trop petite, la France ? Trop ridée, la France ? Elle aurait besoin d’être un Empire, de pouvoir retrouver les frontières de celui de la Rome Antique pour s’accomplir complètement ? C’est le fil conducteur de votre livre, votre thèse. Comme vous ne nous proposez pas la guerre pour retrouver nos cent-trente départements de Hambourg à Turin, il n’y aurait plus qu’à pleurer. Page 21, vous faites un sort à vos lecteurs souverainistes, enfants des maurrassiens et des jacobins de gauche, en les soupçonnant d’anachronisme. Ce n’est pas l’Empire que les Rois de France refusaient mais l’Empereur. Lorsqu’on est nourri par les livres que Paul-Marie Couteaux écrivait dans les années 1990, on a dû mal à séparer l’Empire de l’Empereur. Et on ne goûte guère l’impérialisme, qu’il soit germanique, américain ou même de Napoléon qui avait tout de même fini par rendre la France plus petite qu’il ne l’avait prise, comme disait le Général. Alors, la Wallonie, pourquoi pas ? Mais pour le reste, notre pays peut largement vivre sans mélancolie dans les frontières que nous connaissons. Après l’échec des Plans Fouchet et du Traité de l’Elysée, De Gaulle a très bien pu remettre la France au premier plan en tant que Nation libre et indépendante. Encore fallait-il en avoir la volonté. Il l’avait, au contraire des Partis. J’y reviendrai. De même, la posture chiraquienne de 2003 a démontré que notre 1 % de la population mondiale pouvait largement être compensé par une diplomatie audacieuse et un verbe haut.

La population, justement, parlons-en. Dans votre dernier chapitre, vous faites un sort au dynamisme de notre démographie. Comme un caillou dans votre chaussure, l’augmentation du nombre de Français, notre taux de fécondité qui tranche avec celui de nos voisins européens gênait quelque peu votre démonstration. Aidé par Michèle Tribalat, vous tentez de relativiser ce dynamisme. Vous accusez donc les chercheurs de l’INED de se comporter en Lyssenko et vous moquez Emmanuel Todd, lequel aurait découvert des monstres, aurait fermé la porte à double-tour et même jeté la clef. Il est possible que certains chercheurs ne voient pas les fameux chiffres en question ou refusent de les voir. Mais, de monstres, vous en voyez, a contrario, partout. D’abord, lorsque vous révélez le taux de fécondité des femmes d’origine européenne (1,7 au lieu des 2,0 pour toutes les femmes vivant en France) et que vous le rapprochez des taux globaux de nos voisins, il y a légèreté. Car l’Allemagne, l’Espagne ou l’Angleterre ont, tout comme la France, fait l’objet de vagues d’immigration importantes et les femmes issues de ces vagues font grimper aussi leur taux de fécondité. Si la France était le seul pays d’immigration en Europe, votre argument ferait mouche. Ce n’est pas le cas, fort heureusement et il y a donc une spécificité française que la plupart de nos démographes expliquent de manière féministe[2. Page 215 : présence de crèches, enfants confiés jeunes aux nounous, nombre important de naissances hors-mariage.], écrivez-vous. Et si on retournait cet argument avec l’aide d’un autre ! Jean-Claude Chesnais explique dans l’un de ses ouvrages que l’homme français participe davantage aux tâches ménagères que l’homme espagnol ou italien permettant à sa compagne d’enfanter avec davantage d’enthousiasme que ses cousines latines[3. Ce qui permet d’ailleurs de relativiser la propagande sur les fameux 80 % de tâches domestiques effectuées par les femmes en France, en vogue actuellement grâce à la promotion du livre d’Elisabeth Badinter, et dont on ne sait par qui et comment ils ont été calculés.]. Vous auriez pu ainsi, au lieu de relativiser le différentiel, l’expliquer par la féminisation du jeune français, et donc vous en plaindre, comme doit le faire légitimement l’auteur du Premier Sexe. Ensuite, si vous avez raison de fustiger les germanopratins, incapables de voir au delà du Ve et VIe arrondissements réunis, on a parfois l’impression que vous refusez de regarder vous-même au delà de l’Ile de France. La Mayenne (3% de mères étrangères seulement) dispute ainsi la première place en terme de taux de fécondité à la Seine-Saint-Denis, que vous citez sans cesse en exemple. Enfin, en matière d’assimilation pour les familles qui font grimper le taux de 1,7 à 2, ne vous focalisez-vous pas sur la partie émergée de l’iceberg ? Quand vous dites que beaucoup votent avec leurs pieds en quittant notamment le 93, vous oubliez que des couples mixtes, ou même des familles entières issues de l’immigration font de même ou rêvent de faire de même. Lorsque nous habitions un quartier sensible près de Montbéliard lors des élections présidentielles de 2002, nous avons pu ainsi découvrir que le vote Le Pen n’était pas réservé aux « souchiens », comme disent les Indigènes de la République. Très souvent, ce choix leur semblait une manière d’affirmer leur assimilation. Alors, certes, les chiffres que vous donnez sur le recul des unions mixtes montrent un recul de l’exogamie dans la population issue de l’immigration maghrébine. Certes, la communautarisation a progressé, l’assimilation reculé. Mais ce n’est pas à l’auteur de Petit frère qu’on expliquera que c’est le fruit d’une politique commencée il y a vingt-cinq ans et poursuivie par tous les gouvernements. Comment en aurait-il pu être autrement dans ces circonstances ? Il suffirait qu’on revienne au modèle ancien et on infléchirait vite la tendance. La loi sur le voile de 2003 a démontré que la fermeté était efficace. On ne peut pas ? Non ! Encore une fois, on ne veut pas !

La Volonté et la capacité de mettre celle-ci en œuvre découlent directement de la Souveraineté. Dans votre livre, vous prêchez évidemment un convaincu lorsque vous égrainez tous les passages par dessus bord que celle-ci a connus depuis plus de trente ans. Mais qui nous empêche de la reprendre, cette sacrée souveraineté ? Si nous quittions l’Euro[4. Vous avez bien eu raison, il y a une semaine, de dire à Nicolas Domenach que le minimum serait de menacer de le faire.], rétablissions le principe de la loi-écran, si même nous quittions l’Union européenne, dénoncions la CEDH – que sais-je encore, quelle armée européenne viendrait nous en empêcher ? D’ailleurs, Jacques Chirac en 1995, Lionel Jospin en 1997 et Nicolas Sarkozy en 2007, n’ont ils pas gagné grâce au logiciel national-républicain ? Ce n’est pas parce qu’ils ont renoncé peu après ou même, pour le dernier cité, jamais cru dans ce discours, qu’il est impossible à mettre en œuvre. On n’essaie même pas. Dès que les Allemands froncent un sourcil, on se couche, comme vous l’avez d’ailleurs très bien expliqué lorsque vous abordez le thème de l’union méditerranéenne. Donc on peut, et on dispose même de l’occasion idéale avec cette première crise de la mondialisation.

Et pourquoi ne nous le faisons pas ? A cause des partis, qui se débarrassèrent déjà du Général. Lorsque Sarkozy, DSK et Aubry consultent les mêmes gourous, il ne faut pas s’étonner de suivre la même politique quoi que les Français votent. Le système partisan est verrouillé et nul autre que vous ne le sait mieux. Le financement des partis, les féodalités économiques et locales, la quasi-unanimité des médias refusent de lâcher la proie, que constitue l’alternance entre une droite et une gauche libéralomondialistes, pour l’ombre que constituerait une recomposition rendue nécessaire par les changements géopolitiques et intérieurs. Sans doute parce que cela avait été un thème d’un livre écrit il y a plus de dix ans[5. Le livre noir de la droite, Grasset, 1998.], vous n’avez pas remis le couvert cette fois ci. C’est pourtant la raison centrale de l’incapacité pour la France de se redonner les moyens de devenir Rome, moins dans ses frontières que dans son Génie. Jean-Pierre Chevènement, dans un long dialogue avec un groupe de blogueurs parisiens, explique que le moment de vérité viendra un jour, sans doute provoqué par un choc extérieur. J’ai tendance à croire ce vieux lion sage.

En conclusion d’un discours prononcé au Palais des sports le 15 décembre 1965, André Malraux rappela la lettre que Bernanos écrivit à ses amis en 1942 : « Ne vous tourmentez donc pas, la France a inventé Jeanne d’Arc, elle a inventé Saint-Just, elle a inventé Clemenceau, elle n’a pas fini d’en inventer ! C’est son affaire ! » Il y a donc bien une mélancolie française. Mais c’est parce que nous le voulons bien.

Reine d’un jour

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J’en conviens, c’est assez attendu mais chaque année, ça m’énerve. La journée de la femme, que l’on devrait plutôt appeler la journée du malheur des femmes, me flanque des boutons – ce qui est un comble. Je précise immédiatement que je n’aime pas que les hommes battent ou tuent leur femme, ni que leurs patrons les exploitent, ce qui devrait suffire à prouver que j’ai un grand cœur. J’ajoute que je ne crois pas que tout soit parfait sur le front de l’égalité. Mais le festival de propos convenus, de jérémiades inspirées et de communion compassionnelle, le tout noyé dans un flot d’aigreur et de ressentiment qui se déverse sur les méchants mâles qui nous gouvernent, me donne envie de prendre mes jambes à mon cou. Chaque 8 mars, le même message nous est délivré en boucle : nous sommes toutes des victimes. Ça, je n’achète pas. Et à l’exception des pleureuses qui se succèdent sur les plateaux et semblent tout droit sorties des livres de Muray, je ne connais pas une seule femme concrète qui achète.

« Où en sont les femmes ? » se demande gravement Le Monde à l’approche de cette centième édition. Je ne sais pas pourquoi mais je préférais entendre Patrick Juvet demander « Où sont les femmes ? » Comme me le souffle Miclo, « on ne nait pas femme, on le devient, d’accord. Mais ça ne me dit pas où sont mes escarpins ».

La précampagne du centenaire a commencé il y a deux ou trois semaines par la douloureuse question des femmes battues – au passage, on a oublié que 25 hommes mouraient chaque année sous les coups de leur tendre et douce. Puis on est passé à l’égalité dans le travail où, là encore, tout va mal : les femmes occupent les emplois précaires – alors que les hommes, bien sûr, jouissent d’une merveilleuse sécurité –, elles progressent plus lentement, ce qui n’a jamais rien à voir avec leurs propres choix ou avec les contraintes de l’entreprise, mais tient uniquement au machisme des dirigeants, lesquels privent ainsi la France de patronnes « compétentes, humaines, acharnées, instinctives » et j’en passe. « La crise aurait-elle eu lieu si Lehman Brothers s’était appelé Lehman Sisters », s’interroge Le Monde, apparemment sans rigoler (je n’ai pas trouvé la réponse à cette devinette pêchée en « une » mais peut-être ma mauvaise humeur m’a-t-elle rendue inattentive). Comme chacun sait, les tueuses, les emmerdeuses, les chipies, les hystériques et les autres sont de pures inventions de la littérature – encore un mauvais coup des hommes. D’ailleurs, aucun des mauvais coucheurs qui peuplent la rédaction de Causeur ne m’a envoyé un bouquet de fleurs en hommage à mes trésors féminins de calme, de patience et de sérénité, sans oublier mon sens bien connu de l’organisation. Cela dit, comme chez nous, c’est tous les jours jour de la femme, rien n’est perdu.

Heureusement, il y a des entreprises qui aiment les femmes et aiment plus encore le faire savoir. Le Parisien célébrait hier ces bonnes élèves. Alors qu’elles font déjà de leur comportement exemplaire en matière d’écologie et de diversité un argument de vente, elles pourront désormais brandir leur féminisme.

De l’horreur au travail on a naturellement enchaîné sur l’oppression domestique. Il est vrai que dans ce domaine, les inégalités de la nature s’ajoutent à celles qu’ont générées des siècles de patriarcat. Une expérience scientifique simple à réaliser vous le prouvera : placez un homme et une femme dans un foutoir où les toiles d’araignée se fraient un chemin entre les livres ; ajoutez si possible un réfrigérateur qui n’a pas rencontré une éponge depuis des semaines et une baignoire douteuse, et observez lequel des deux cobayes craque le premier. Espérons en tout cas qu’une brigade des plumeaux opérant sous la responsabilité de la HALDE mettra bientôt fin à l’antique injustice qui continue de régner sur le front ménager. En attendant ce jour béni, étant contrairement à toutes mes congénères travailleuses et efficaces de nature feignasse (il faut bien que des exceptions confirment la règle) je me permets de vous envoyer, une fois de plus, à mon cher Muray :

J’aime la sociologue parfaitement hystérique
Parce que le partage des tâches domestiques,
À lire les plus sûres études statistiques,
Demeure depuis quinze ans complètement statique.

Bizarrement, nul n’a songé au sort de celles à qui leur mari refuse l’usage d’un chéquier, interdit le recours à un médecin homme ou impose le port d’une prison vestimentaire. Passons.

En même temps qu’on communie dans l’apitoiement, on célèbre les innombrables vertus et les multiples exploits de ces dames – cela doit être ce qu’on appelle l’inconséquence féminine. Certaines rédactions où on n’a pas la chance d’être dirigé par la main de fer d’une patronne, profitent de ce beau jour pour faire du rêve du gouvernement des femmes une réalité. Ainsi, le « Grand journal » de Canal + était-il hier, sous la houlette d’Ariane Massenet, exclusivement féminin, public compris. Il y avait de la gonzesse et j’en connais quelques-uns qui n’ont pas dû en louper une minute. Certes, j’ai eu un peu la trouille quand Marie Colmant s’est indignée qu’on laisse encore un sale type comme Zemmour s’exprimer. Ça prouve, a-t-elle dit, qu’il reste beaucoup de progrès à faire. Cher Eric, j’ai bien peur que pour toi, ce soit « camp de travail à régime sévère ».

Il y en a pour tous les goûts. Actualité Juive, qui publie par ailleurs une excellente interwiew de Guaino, annonce en une que la femme est l’avenir de la communauté. On attend avec impatience que Têtu proclame que les lesbiennes sont l’avenir des homosexuels.

Dans cet océan de niaiserie, j’ai tout de même déniché une bonne nouvelle. Sachez, mesdames, frangines et copine, qu’à l’occasion de notre fête, le site Sexy Avenue propose 20 % de réduction sur les sex-toys et la lingerie sexy. Une excellente façon de rappeler que l’un des points communs à une grande majorité de femmes n’est pas qu’elles vivent l’enfer mais qu’elles aiment les hommes. Même s’il arrive que les deux aillent ensemble – c’est l’un des charmes de la vie des femmes.