Cocteau catalogua Misia Sert (1872-1950) parmi les femmes « qui apportent dans le temps un esprit de saccage ». Morand lui rétorqua qu’elle n’avait fait « avorter que les avortons » et lui prédisait une gloire éternelle dans la formation du goût d’une époque. Ce qu’il n’a pas prédit, c’est que le goût de notre temps ne serait plus formé mais fabriqué. Tous ceux qui veulent échapper à cette fatalité feraient bien de courir au 5e étage du Musée d’Orsay pour aller voir l’exposition consacrée à Misia jusqu’au 9 septembre.
Misia était avant tout une somme d’anecdotes mais aussi, à sa manière, une créatrice de génie qui ne rechignait pas au mécénat. Elle produisit des ambiances et des rivalités, des intrigues et des désirs, des modes et des jalousies, des malheurs, des nuits blanches, des tourments, et tant d’autres ingrédients nécessaires à la fécondité artistique. Elle inspirait « tout le monde » et « tout le monde » fut inspiré par elle.

Exposition « Misia, reine de Paris », Musée d’Orsay, niveau 5, 1 rue de Bellechasse, Paris, jusqu’au 9 septembre.

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Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.
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