Qui peut s’enorgueillir de n’avoir pas en lui de craintes inexpliquées, propres à faire la fortune des psychanalystes ? Au départ de ce livre bref, il y a l’intention de Michel Richard d’éclaircir la peur panique que lui inspire l’idée de devoir être mis en présence d’un cadavre.
Peu d’entre nous s’en réjouissent, mais c’est d’une terreur invalidante dont parle l’auteur, au point qu’il a organisé sa vie de manière à toujours échapper à cette situation. « C’est par surprise que mon premier cadavre m’est tombé dessus », dit-il, non sans humour, car jamais il ne se départ d’un mélange de gravité et de drôlerie pour développer son sujet, comme s’il avait besoin de railler sa trouille. Ce premier mort à lui « tomber dessus », c’est un ami qu’il vient visiter trop tard sur son lit d’hôpital (« Sa tumeur était ce qui se faisait de mieux dans le genre, le nec plus ultra des machines à tuer… »).

Quelques corps parmi les morts, de Michel Richard (Fayard, 2013).

*Photo : Adieu Berthe.

Lire la suite