Cinq nouvelles des années 1950, publiées à l’époque dans La Parisienne ou Le Figaro littéraire, et qui sont autant de portraits de femmes, que dis-je ?, d’amoureuses. Tel est le présent que nous fait Michel Déon, par le truchement des éditions Finitude, qu’il faut louer pour l’élégance du livre vert pâle qu’elles publient sous le titre À la légère – tout un programme. Geneviève l’ingénue, Agnès la coquine, Constance la pragmatique, Rose la trapéziste et, pour finir en apothéose, la plus émouvante, Maria, la pauvresse des Baléares, nous charment, nous émeuvent et nous troublent au fil de ces récits au ton délicieusement suranné. Hymne à la femme, qu’elle soit dispensatrice de plaisir ou candidate au bonheur, impudique ou abîmée en prières, À la légère plonge le lecteur dans un monde englouti, encore proche de celui de Stendhal et de Gobineau. Toute une sensibilité, que Déon illustra avec allégresse dans Un Parfum de jasmin ou dans Le Prix de l’amour, s’y traduit, tour à tour frivole et cruelle, burlesque et désenchantée – profondément humaine. À la légère ? Un talisman solaire pour effacer les rigueurs de l’hiver.

Michel Déon, À la légère, Editions Finitude, 2013.

À lire aussi : Un Parfum de jasmin et Le Prix de l’amour (Folio/Gallimard).

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