Depuis mardi 18 décembre 2012, une nouvelle station de métro, sur la ligne 12, est en service. Elle a pour nom Front Populaire. On rappellera que le Front Populaire a vu arriver au pouvoir en mai 1936 un gouvernement de coalition SFIO et radicaux, dirigé par le socialiste Léon Blum et soutenu sans participation par les communistes.

L’élection de cette nouvelle majorité, dont le programme était relativement modéré et réaliste, comme on dit, fut suivie d’un mouvement de grève sans précédent en juin dans tous le pays qui eut pour conséquence les accord de Matignon prévoyant une augmentation des salaires de 12% en moyenne, la semaine de 40 heures, le droit syndical reconnu dans les entreprises et deux semaines de congés payés.
En face, le Medef qui s’appelait le comité des Forges ainsi que les « deux cents familles » planquaient l’argenterie et expliquaient, la main sur le cœur, que ces mesures allaient ruiner l’économie, que c’en était fini de la France.

L’histoire ne se répète pas, ou alors en farce disait Marx citant Hegel. Effectivement, il semble depuis le 6 mai qu’on ait toujours « le mur de l’argent », qu’on appelle les marchés et que les « pigeons » et autres exilés fiscaux médiatiques aient remplacé les deux cents familles. Mais la nouveauté, c’est qu’ils jouent à se faire peur, histoire d’en obtenir plus d’un gouvernement qui en aurait presque honte d’être de gauche. Hollande n’est pas Blum ni Léo Lagrange Michel Sapin. Et, à l’Intérieur, Manuel Valls est beaucoup plus apprécié par la droite que Salengro qui se suicida après une campagne de diffamation.
En même temps, il y a des signes qui ne trompent pas. La nouvelle station Front populaire fait également office, sur la ligne 12, de… terminus. Front populaire : tout le monde descend.

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