Pas besoin d’être Mathusalem pour se souvenir du scandale provoqué par l’entretien croisé entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy qu’avait publié Philosophie magazine pendant la campagne de 2007. A l’époque, on avait taxé le candidat de l’UMP de quasi-vichyste, d’Alexis Carrel en puissance, bref de docteur Folamour à la solde du pire déterminisme fasciste à cause de ses propos sur la possible origine génétique de l’homosexualité, de la pédophilie et du suicide des jeunes (phénomènes qu’il s’était d’ailleurs bien gardé d’amalgamer). Même si les petites élites parisiennes furent révoltées, scandalisées, blessées, outragées… cela n’empêcha pas Sarko d’être largement élu en mai.

Cinq ans plus tard, en réponse à une sacrée bonne question de l’hebdomadaire catholique La Vie, Jean-Luc Mélenchon justifie sa position sur le mariage homosexuel (sans mauvais jeu de mots) :
« Le programme du Front de gauche, c’est « l’humain d’abord ». N’y a-t-il pas une contradiction à être antilibéral sur le plan économique, mais libéral sur les questions de mœurs ? À être pour le mariage et l’adoption homosexuels ?
L’orientation sexuelle n’est pas un choix. Elle a même posé de grandes difficultés aux homosexuels compte tenu de l’opposition de la société sur la base de préjugés tels que : « l’homosexualité est un choix individuel » ou « un vice » »

Vous ne rêvez pas, « l’orientation sexuelle n’est pas un choix » explique le candidat du bruit et de la fureur à gauche. Autrement dit, être homo ou hétéro, cela relève plus de l’inné que de l’acquis, du donné génétique que de l’influence de la société.

On pourra être d’accord ou pas avec ce postulat, une seule chose est certaine : on le distingue mal de celui de Sarkozy en 2007…

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Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.