Tout va bien dans la France du taubiranisme triomphant. La loi étendant le mariage à deux personnes de même sexe est passée comme une lettre à la poste. Des manifestations ? Où ça ? Des contestations ? Nulle part. Le pays est apaisé comme jamais. A tel point que semblables à la première nation scandinave venue, nous en sommes réduits presque malgré nous à vider les prisons. Et c’est là que l’ironie taubirique fait la preuve de sa logique totale.

Les pauvres maires qui se plaignent des épreuves qui les attendent s’ils refusent, en accord avec leur conscience, de célébrer – j’ignore s’il faut encore employer ce terme à connotation fortement religieuse, faudrait que je demande à Peillon – ce nouveau mariage témoignent de la confusion intellectuelle la plus complète, ou de leur ignorance crasse, à moins que ce soit de la mauvaise foi la plus profonde. Que risquent-ils en effet ? Selon le bon édile d’Exoudun (Deux-Sèvres) par exemple, ce refus assimilé à un délit de discrimination leur vaudrait, si les deux époux portaient plainte contre eux, une peine de 75 000 euros d’amende et 5 ans d’engeôlement. Dur dur d’être un héros.

Voire. La réforme pénale que propose aujourd’hui le Garde des Sceaux pour réduire la population carcérale devrait faire respirer ces maires proto-délictueux : tout délit valant une peine maximale de 5 ans de prison, précisément, serait puni in fine, outre quelques TIG (Travaux d’Intérêt Général), d’un « stage de sensibilisation », agrémenté par exemple, comme au Canada, d’un « programme de gestion de la colère ». Nos élus ne risqueront donc presque rien sous le joug de cette nouvelle loi à refuser d’appliquer la précédente. Au pire, un lavage de cerveau dans le programme de gestion des instincts rebelles, ou dans le stage de sensibilisation à l’homophilie.

Alors, finies les petites inquiétudes, les poses à la Che Guevara, ou au martyr sous Néron. Vive Taubira et à nous la belle vie. Tous rebelles, tous stagiaires !

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