Sans vouloir entretenir des clichés anti-flics, on peut raisonnablement penser que la préfecture de police de Paris n’est pas un endroit particulièrement gay friendly ou tenu par des gauchistes transgenres. On s’est pourtant agacé, chez les pandores, de la polémique autour du chiffrage des manifestants du 13 janvier qui s’opposaient au mariage pour tous. La préfecture avait donné le chiffre de 340 000 et les organisateurs celui de 800 000 avant de décréter qu’ils étaient finalement un million parce que quand on aime, on ne compte pas.

Ces habituels écarts, qui font l’ordinaire des manifestations syndicales sur ces sujets annexes que sont l’emploi, le pouvoir d’achat ou les retraites, ont profondément indigné du côté de l’opposition. On n’a pas hésité à parler, comme le manifestant Jean-François Copé qui est aussi accessoirement co-président provisoire de l’UMP, de chiffres « faussés ». Pierre Charon, sénateur de Paris, s’en est même pris au directeur du renseignement qu’il aurait voulu voir « convoqué » pour rendre des…comptes.

Bref, on était à la limite du scandale d’Etat alors que du côté de l’Elysée, on avait pourtant reconnu, beau joueur, une certaine « consistance » à la family pride.

Si on peut mettre ces mouvements d’humeur sur le manque d’habitude que la droite a en matière de manifs,  la préfecture de police, elle, n’a pas trop apprécié cette mise en cause très politique. Jeudi ; un communiqué très sec indiquait : « La conscience professionnelle et la déontologie de certains hauts fonctionnaires, nominativement cités, ont parfois été directement contestées. Ces allégations sont inacceptables».

Dans la foulée, la PP a donc invité les journalistes à regarder les vidéos de la manif et a précisé son mode de comptage, privilège que n’ont jamais obtenu les manifestants contre les retraites fin 2010 début 2011.

Le résultat est là : on en est bien à 340 000 et même légèrement à moins. Bien sûr, ce n’est pas ça qui désarmera les adversaires du mariage pour tous qui, sans doute par infusion de la Grâce, ont pu se compter « vus du ciel » et savent très bien qu’ils étaient au moins un million, voire plus.

On va finir  par regretter la CGT, du côté de la préfecture de police…

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