(Avec AFP) – Présidence au lieu de président, direction au lieu de directeur: un amendement voté récemment par l’Assemblée nationale remplace, pour une série d’organismes, les titres -masculins- par les fonctions -neutres-, s’est félicité mercredi son auteure, la députée PS Anne-Yvonne Le Dain.

C’est un moyen « astucieux » de s’attaquer à la question récurrente, et polémique, du caractère masculin des titres, a expliqué cette élue de l’Hérault, lors d’un point de presse avec ses collègues socialistes Elisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères, Catherine Coutelle, présidente de la Délégation de l’Assemblée aux droits des femmes, et Maud Olivier.

L’amendement ne concerne pas seulement cette agence, mais l’ensemble des quelque 45 organismes dont la nomination des dirigeants est subordonnée à un vote du Parlement: d’Aéroports de Paris aux Voies navigables de France, en passant par Pôle Emploi ou l’Autorité de la concurrence.

Ainsi, le tableau dressant la liste de ces organismes parle, aux termes de l’amendement, du « gouvernorat » de la Banque de France, de « l’administration générale » du Commissariat à l’énergie atomique, ou de la « présidence-direction générale » de la Française des jeux.

femmes députés président

« La puissance publique doit être exemplaire en matière d’égalité homme-femme, notamment lorsqu’il s’agit de postes à hautes responsabilités », a souligné Mme Le Dain.

L’amendement a été voté le 19 mars, pendant une séance où tous les députés présents, sauf un, étaient des femmes, selon Mme Le Dain, et modifie une proposition de loi organique sur la présidence de la future agence française pour la biodiversité.

Pour entrer en vigueur, le texte devra non seulement achever son parcours parlementaire -il n’a pas encore été examiné au Sénat-, mais avoir le feu vert du Conseil constitutionnel.

Celui-ci ne risque-t-il pas de considérer le genre des noms sans rapport avec la biodiversité, et de censurer l’amendement? « L’altérité sexuelle est la première des biodiversités », a rétorqué Mme Le Dain, tandis que Mme Guigou a lâché: « Peut-être que, lorsque le Conseil constitutionnel sera paritaire, il appliquera d’autres principes… »

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