De nombreux habitués des réseaux sociaux se sont élevés hier contre l’invraisemblable multiplication de tweets se félicitant de l’attentat contre Charlie Hebdo.

Ces internautes ont eu le sain réflexe de les compiler et les rendre publics, on peut les retrouver dans l’excellent texte de Jean-Paul Brighelli que Causeur a publié hier.

Je n’ai pas le cœur de les retranscrire ici, mais j’espère simplement qu’ils ne resteront pas impunis.

Je sais bien que la police et la justice ont des tâches plus urgentes à l’instant même. Mais quand on aura arrêté les assassins et leurs complices immédiats, je souhaite qu’on applique les lois de la république, et qu’on traîne devant les tribunaux tous ceux qui se sont réjouis qu’on ait assassiné de sang-froid douze de leurs concitoyens.

Je ne suis pas juriste, mais je me souviens qu’à l’automne dernier, un couple qui vendait des drapeaux djihadistes a été mis en examen pour «apologie d’actes de terrorisme». Or qu’y a-t-il d’autre dans ces tweets qu’une «apologie d’actes de terrorisme» ?

Je ne suis pas juriste mais je me souviens qu’il y a un an, un jeune salopard de 23 ans a été condamné à 2000 euros d’amende, dont 1400 avec sursis, pour avoir appelé sur Twitter au viol de Rokhaya Diallo. Si la peine peut paraître légère, il a néanmoins été retrouvé (malgré un manque manifeste de collaboration de Twitter), interpellé, condamné, et c’était justice.

Et la justice, aujourd’hui, ne peut pas faire comme si ces tweets se réjouissant de la tuerie de Charlie n’avaient pas existé. Qui ne dit mot consent, qui consent encourage.

J’ai été choqué d’entendre hier certains confrères et certains politiques minimiser l’importance  de ces tweets, expliquant en substance qu’on avait affaire à des jeunes écervelés qui se complaise à «braver les interdits»[1. Je tiens à féliciter au passage Julien Dray, qui hier soir sur LCP, a fermement condamné cette analyse lénifiante et excusiste. Je tiens aussi à le féliciter pour son statut Facebook d’hier que j’ai aussitôt partagé sur ma page : «Comme toujours la compréhension des événements la vérité sur la réalité doit être notre règle collective. Qu’on arrête de se protéger avec la bien-pensance car sinon, demain, c’est le Front qui ramassera la mise dans les consciences. Donc OK pour qu’il n’y ait pas d’amalgame mais cela ne doit pas devenir un prétexte pour ne pas dire la vérité.»]. Et alors ? Les petits cons seraient-ils au-dessus des lois ?

Soyons clairs. Je pense que beaucoup de ces haineux ne mesurent pas la gravité de leur acte. Sauf dans le cas de multirécidivistes, je ne souhaite pas qu’ils aillent en taule, je ne réclame pas que la loi s’applique dans toute sa sévérité contre un islamobranleur de dix-huit ans et demi. Je réclame simplement que la justice de mon pays donne une bonne leçon à tous ceux qui se sont rendus coupables d’«apologie d’actes de terrorisme».

Pour leur ôter l’envie de récidiver.

Parce que chez nous, en France, il y a des choses qui ne se font pas.

N.B. : J’apprends que d’autres salopards s’en sont pris cette nuit à des mosquées. Pour les mêmes raisons, eux aussi doivent être pourchassés, attrapés et punis. Pas de ça chez nous !

[Les contenus illicites repérés sur Internet peuvent être signalés sur ce site du ministère de l’Intérieur]

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Marc Cohen
est rédacteur en chef de Causeur.est rédacteur en chef de Causeur. Pilier du Groupe d’Intervention Culturelle Jalons, il a notamment été rédacteur en chef de "L’Idiot International ".