Si Mao avait bossé comme ça, personne ne saurait situer la Chine sur une carte.

Qu’il s’agisse de purger la question des alliances, d’aller aux primaires ou, tout bêtement, de se frotter avec Nicolas Sarkozy, il est une question sur laquelle les ténors socialistes et leurs collègues des autres gauches sont d’une discrétion regrettable : celle du programme.

Ce flou est devenu une tradition à gauche, calamiteuse, mais très explicable : notre gauche trimballe un lourd passif en termes de promesses enterrées. Des reniements que l’électorat de droite – plus traditionnellement porté sur les hommes que sur les idées – pardonne, dit-on, plus facilement que celui de gauche. Sauf que les choses ont changé. Chirac a pensé pouvoir enterrer en fanfare et sans casse la « fracture sociale », trois mois à peine après avoir été élu en 1995 : deux ans après, Jospin arrivait à Matignon. De même, à la dernière présidentielle, Sarkozy s’est arc-bouté sur des propositions concrètes et chiffrées – fût-ce au prix d’une certaine intrépidité arithmétique –, alors qu’en face Ségolène n’avait pas d’opinion tranchée en matière, par exemple, d’augmentation du SMIC. Devinez qui a gagné ?

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Aimée Joubert est journaliste. Marc Cohen est membre de la rédaction de Causeur.
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