« Xénophobie » : le grand mot est lâché. Les Verts soutiennent la proposition d’Eva Joly qui était passée pour la bourde d’une gourde peu au fait de l’Histoire de France et de ses fêtes nationales. François Fillon est allé droit au but en disant que la candidate écologiste n’avait « pas une culture très ancienne des valeurs françaises ». Ce qui permet à Cécile Duflot et aux verts de rebondir sur le thème éculé du procès d’intention des connivences entre droite et extrême droite.

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) s’indigne « des réactions aux relents xénophobes que des responsables de la majorité et du Front National » ont faites à la proposition d’Eva Joly. Imputée au modéré François Fillon la chose est risible. Cependant le premier ministre vient de donner le ton de la campagne présidentielle qui s’annonce. Une partie non négligeable du débat d’idées se fera sur la question des valeurs : multiculturalistes à gauche, nationales et républicaines, à droite.

Mais il serait naïf de ne pas voir que c’est Eva Joly qui a lancé les hostilités. Je ne cois pas à l’erreur d’une prétendue oie blanche. C’est elle qui par deux fois, en revendiquant la richesse que représentait sa bi-nationalité, lors de son investiture, puis, en proposant de supprimer la célébration des forces de défense nationale, lors de la fête du 14 juillet, a provoqué le débat sur les valeurs d’une société qu’elle souhaiterait changer radicalement.

Deux questions se posent quant à ce qu’il convient d’appeler les provocations politiques de madame Joly. Lorsqu’elle revendique fièrement ces origines étrangères: «C’est la première fois que se présente à la présidentielle une Française, qui est née et a grandi à l’étranger» ne milite-t-elle pas clairement pour une sorte de xénophilie politique? Et lorsqu’elle précise dans le même discours du 12 juillet : « Je représenterai … la France du XXIème siècle, dont l’identité n’est pas la nostalgie d’un âge d’or imaginaire, mais un projet … riche de ses différences …la France des régions souvent niées dans leurs traditions » n’exprime-t-elle pas un idéal proprement inverse aux valeurs républicaines françaises ?

Ce qu’elle dénonce comme « âge d’or imaginaire » n’est rien d’autre que l’héritage philosophique des Lumières qui, par la Révolution française a permis de réaliser l’égalité politique de tous les citoyens à partir précisément, du dépassement des différences régionales, culturelles ou raciales. Et sous prétexte de modernité, le programme d’EELV propose un retour aux valeurs d’ancien régime un genre de revival communautariste clairement anti-national voir contre-républicain.

Ce qu’Eva Joly rejette au fond c’est l’unité nationale de la République française, pour elle, c’est un vieux truc dépassé.

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