S’il y a bien un sujet qui fait l’unanimité, du barbu onfrayiste à la rombière lefebvriste, c’est la dénonciation des sectes comme « mal absolu ».

Pourquoi tant d’acharnement ? Bien sûr, les sectes pompent tout le pognon de leurs “victimes” ; mais à défaut, celles-ci l’auraient de toute façon claqué dans d’autres âneries (Club Med, bars à hôtesses, dons à l’Arche de Zoé, Disneyland…)

Et puis d’ailleurs, comment définir une secte ? Le PC des années 50 était une secte ; l’Eglise des catacombes était une secte ; la franc-maçonnerie elle-même fut une secte, avant sa rotarysation.

Surtout, la condamnation du phénomène sectaire est trop consensuelle pour n’être pas suspecte. De quoi cette furie secticide est-elle le nom, comme dirait l’autre ? Ne s’agirait-il pas en fait, de la part de nos élites, d’une vague crainte de voir échapper à leur circuit économique des milliers de consommateurs potentiels (et respectables en tant que tels) ?

Sociaux-libéraux et libéraux-sociaux rivalisent d’arguments “dirimants” pour nous vanter la libre entreprise. Dans ces conditions, peut-on sérieusement s’en prendre aux sectes – qui ne font somme toute que privatiser un segment porteur : la spiritualité ? Ne les appelez plus jamais “gourous” : les patrons de sectes sont d’authentiques PDG, voire des winners-leaders dans leur branche !

Sur le plan intellectuel, que reproche-t-on donc à ces organisations, sinon de se constituer en sociétés parallèles, et par là-même de se soustraire au contrôle officiel des esprits ?

C’est pourquoi nous autres signataires de cet Appel, nous disons : notre cerveau est à nous ! Nous en revendiquons la libre disposition – c’est-à-dire, pour l’essentiel, le droit de décider librement qui nous bourrera le crâne.

Au nom de quoi devrait-on gober le baratin standard que nous servent les “autorités morales” autoproclamées de l’idéologie dominante – quand on peut avoir sa source de désinformation personnelle à travers n’importe quel mystagogue, escroc et fêlé sans doute, mais qu’au moins on a choisi ?

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