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Collège unique objet de mon ressentiment

Le sociologue François Dubet est un peu au pédagogisme ce que Lyssenko était à la science soviétique. Nier l’évidence ne l’a jamais tellement gêné. Le ministère de l’Education Nationale vient de décider d’établir une évaluation des élèves au cours de l’année de cinquième, ce qui fait craindre à certains un premier pas vers la fin du collège unique, dont l’échec est tout de même patent (les raisons de cet échec pouvant cependant être susceptibles de lectures plurielles voire opposées).

Plutôt que de s’interroger sur les raisons de cet échec, François Dubet qui n’a jamais eu de mots assez sévères pour condamner le conservatisme des enseignants, constatant qu’une immense majorité d’entre eux sont aussi pour la fin du collège unique sous sa forme actuelle et le retour d’un « palier d’orientation » en cinquième déplore : « Trente-cinq ans après sa création, le collège unique n’est toujours pas entré dans les mœurs. » Il est étonnant que monsieur Dubet ne se demande pas si par hasard, c’est tout simplement les mœurs qui auraient raison au bout de 35 ans. Et qu’il se rassure, il y a plein de choses qui ne sont toujours pas « entrées dans les moeurs » alors qu’elles sont beaucoup plus anciennes encore que le collège unique : les invasions de sauterelles, la maladie, la mort…


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Jérôme Leroy est écrivain et membre de la rédaction de Causeur. Dernier roman publié: Vivonne (La Table Ronde, 2021)

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