Parents qui vous souciez présentement de l’établissement dans lequel passera en Seconde MonChéri-MonCœur, pupille de vos yeux, écoutez bien…


Il est revenu, le temps du muguet et du classement des meilleurs lycées. Le Figaro a ouvert le feu dans son édition du 18 mars, classant d’un côté « les meilleurs lycées de France » (aucune surprise, le privé représente 85% de ces établissements), et de l’autre les meilleurs lycées publics : aucune surprise, le lycée franco-allemand de Buc et le lycée Henri-IV caracolent en tête.

Il est à craindre que le parent pressé en reste là, sans lire les commentaires de Sophie de Tarlé. La journaliste explique que le privé jouit d’un statut exceptionnel: l’établissement recrute qui il veut, et si un élève se montre peu travailleur ou indiscipliné, on le vire, la liste d’attente est si longue qu’il sera remplacé dans l’instant. Et contrairement au public, le privé n’a aucune obligation de recaser le mauvais sujet.

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Quant aux « grands » lycées publics parisiens, ils bénéficient d’un régime d’exception qui leur permet de recruter hors Affelnet (le système d’affectation du collège au lycée — je vais y revenir), sur toute l’Île-de-France, voire sur toute la France: en sélectionnant a priori les meilleurs, inutile de s’émerveiller si 100% d’élèves ont le Bac avec mention. Si vous constituez une équipe avec les meilleurs joueurs de l’Hexagone, cela s’appelle l’équipe de France, et elle doit raisonnablement enfoncer Canet-en-Roussillon (qui a eu bien du plaisir à éliminer l’OM récemment).

Des lycées méritants non cités dans les classements

D’où le mérite de lycées installés dans des zones défavorisées, réalisant des performances bien meilleures que des établissements réputés. Le lycée Pierre-Gilles-de-Gennes, à Digne-les-Bains, est au 17ème rang français — juste derrière le lycée Charlemagne, que les parents parisiens se disputent l’arme au poing. Le lycée Thiers, à Marseille, sis dans le Ier arrondissement, l’un des plus pauvres de la ville, donc de France, est au 23ème rang national, bien avant le très chic lycée La Fontaine (Paris XVIe) ou le lycée du Parc à Lyon. L’un et l’autre montent dans les classements grâce à une « valeur ajoutée sur le taux de mentions » (la différence entre ce qui pouvait être attendu et la réalité de l’examen) impressionnante.

Pour les lycées « standard », c’est plus compliqué, et c’est là que le classement pêche. Un voyou multi-récidiviste ne peut pas être viré sans qu’on lui trouve un autre établissement. Les pires mauvais sujets tournent ainsi de bahut en bahut, chacun se refilant le bâton merdeux, si vous me passez l’expression. Ou bien on crée quelque part une section STMG, qui en Première héritera des élèves d’autres lycées incapables de suivre en section générale. Les rés

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