Ce qui est opportunément déroutant dans l’exposition « Habiter le campement » qui se tient à la Cité de l’architecture & du patrimoine à Paris, c’est qu’elle montre à quel point le mode de vie mobile ainsi que les formes d’habitats qui lui sont propres (tentes, roulottes, caravanes, yourtes) désignent à la fois l’archétype et le prototype d’une installation urbaine. Nous avons cru le nomadisme définitivement dépassé et relativement négligeable en termes de populations concernées. Grossière erreur. Avec 230 millions de migrants internationaux officiellement recensés dans le monde, sans oublier 1,4 milliard de touristes en 2014 – chiffre en progression de 41 % les dix dernières années –, auxquels il faudrait ajouter un autre petit milliard d’individus désignés comme travailleurs nomades, l’expression anglo-saxonne « home, sweet home », censée évoquer la douceur du foyer domestique, paraît presque incongrue. Et pourtant. Qu’ils soient nomades, voyageurs, infortunés, exilés, conquérants ou contestataires, suivant la taxinomie proposée par les organisateurs de l’exposition, ils étonnent par leurs capacités d’adaptation, d’innovation, d’organisation et, au final, de domestication des espaces les plus inhospitaliers.

« Habiter le campement », Cité de l’architecture & du patrimoine, 1 place du Trocadéro, 75016 Paris. Jusqu’au 29 août. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11h à 19h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

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Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.