Faudra-t-il ajouter, demain, la côte de bœuf à l’inventaire des chefs-d’œuvre en péril du patrimoine alimentaire français ? La côte de bœuf ? Mais elle va très bien, la côte de bœuf, on en voit dans toutes les vitrines de boucherie et sur les étals des grandes surfaces, alors, où est le problème ? Le problème, c’est l’avenir de l’élevage bovin français et plus particulièrement de son élevage traditionnel, à savoir celui qui voit des vaches se nourrir au pré et donner naissance à des veaux avant d’aller à l’abattoir. Aujourd’hui, pourvu qu’il ait sous les yeux une bonne masse de viande rouge accolée à un os, le client est content. Le drame de la boucherie française, c’est qu’elle oscille entre social-démocratie molle et libéralisme flasque, ce qui se traduit, en termes carnés, par un produit stéréotypé qui obéit aux critères officiels de la neutralité sensorielle du goût mondialisé. L’urgent est de faire du volume à moindre prix en un temps record pour faire tourner le terroir-caisse de l’industrie céréalière. Sans entrer dans la technique, pour qu’une carcasse gonfle rapidement, il faut pousser la croissance de la vache avec des céréales dont les prix ne cessent d’augmenter. Seule solution : remplacer le grain inabordable par du tourteau (farine) de soja, le plus souvent OGM, importé à bas coût d’Amérique latine. 

 

*Image : Soleil.

 

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