La chanteuse syro-bahreïnie Assala Nasri, 48 ans, est une icône au Moyen-Orient. Réputée pour ses positions politiques pour le moins claires et assumées, la jeune femme, farouchement opposée au régime de Damas, a déjà été dans le collimateur du pouvoir de Bachar Al-Assad.

De la cocaïne dans le maquillage

La voici sous le feu des projecteurs. Pas ceux de la rampe auxquels elle est habituée lors de ses concerts et floraisons artistiques, mais bel et bien ceux des services de sécurité. En effet, elle a été arrêtée, dimanche, à l’aéroport de Beyrouth au Liban pour « possession de drogue ».

L’artiste a évidemment nié l’évidence. Mais comment de la cocaïne se serait-elle alors retrouvée camouflée dans une boîte de produit de maquillage ? C’est ce que s’efforcent de découvrir les forces de sécurité alors que la chanteuse est retenue sur le territoire libanais en attendant de passer des examens médicaux. Les premiers ont déjà révélé qu’elle avait consommé de la drogue.

Un prince saoudien avec du captagon

En 2014, l’artiste avait déjà été arrêtée par les services de la Sûreté Générale libanaise au motif d’un mandat lancé par Damas à son encontre par Interpol. Le régime syrien l’avait ainsi accusée de « trahison », « d’atteinte à la sûreté de l’Etat » et de « collaboration avec l’ennemi » en raison de ses prises de position politiques.

Il est difficile de croire qu’Assala Nasri, relâchée depuis, est la seule personnalité à consommer de la drogue au Liban et à voyager avec, dans un pays devenu plaque tournante des produits illicites dans la région qui a même vu l’arrestation d’un prince saoudien en possession de deux tonnes de captagon, la potion magique des djihadistes (des pilules et de la cocaïne étaient réparties dans trente-deux paquets et huit valises).

Décidément, dans la région, toutes les saisies de drogues semblent politiques. Dire que certains allèguent que le Hezbollah finance ses activités par les millions de dollars du trafic de drogue…