Vendredi dernier, Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la Communication, installait un « Comité chargé de suivre l’évolution de la place des femmes dans le champ culturel et médiatique ». Dressant un « constat très amer et très peu satisfaisant : la situation des femmes [restant] extrêmement défavorable, qu’il s’agisse des femmes dirigeantes des établissements culturels, des femmes qui sont dans les programmations artistiques », elle a d’ailleurs trouvé en cette semaine le renfort de Sylvie Pierre-Brossolette, ancienne journaliste du Point, nouvellement nommée au CSA, qui se fait fort, elle aussi, de veiller à la parité dans les émissions d’information, et notamment chez les experts appelés à s’exprimer à la radio et à la télé. Mais notre ministre, elle, va plus loin. Reprenant la « boutade » d’un membre du comité, elle a expliqué qu’il faudrait calculer le nombre « de femmes assassinées chaque semaine à la télévision dans les scénarii » qui donne, selon elle « des représentations parfois inquiétantes ». Même Libération a moqué cette déclaration et a procédé un décompte dans son blog chargé des médias « Ecrans ». Pour notre part, nous pensons qu’Aurélie Filippetti ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. Tant qu’à décompter les femmes assassinées dans nos séries, et donc souhaiter in fine un rééquilibrage dans le meurtre scénarisé, pourquoi ne pas exiger la stricte parité du côté des assassins ? En effet, il n’échappe pas à nous autres téléspectateurs qu’une surreprésentation du genre masculin du côté meurtrier comporte un effet stigmatisant indéniable. Mauvaises langues que nous sommes ! Et si Aurélie Filippetti voulait envoyer un signe à la société en souhaitant qu’on associe moins les femmes à la position de victimes ? Cette initiative irait alors à rebours du discours habituel, mais pourrait lui valoir quelques ennuis du côté du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. Affaire à suivre… Ou pas.

 

 

 

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