Après l’histoire, c’est au sport que les antiracistes s’attaquent. Le chant des supporters de rugby anglais que les Français adorent détester, le Swing low, sweet chariot, est fustigé par les antiracistes pour ses connotations qui seraient soi-disant pro-esclavagistes…


La Fédération anglaise de rugby a annoncé mi-juin examiner le chant de ses supporters, le Swing low sweet chariot. Ce chant de type gospel dont les deux premiers vers sont repris en cœur par les fans outre-Manche renvoie à la période de l’esclavage. Il a en effet été composé par Wallace Willis, un ancien esclave américain, dans les années 1860. De là à dire que les supporters anglais font l’apologie de l’esclavage ? Loin s’en faut. Les paroles sont peu explicites : « Coming for to carry me home, swing low, sweet chariot (Venu me porter chez moi, balance-toi doucement doux chariot) ». Les antiracistes y voient une invitation à rejoindre l’au-delà pour l’esclave désespéré dans sa plantation. Pourtant, le chariot qu’évoque la chanson est plutôt celui dont rêve l’esclave pour s’en échapper.

Un chant historique qui fait polémique dans les hautes sphères

L’utilisation dans les stades de rugby de ce chant date du 19 mars 1988. L’Angleterre était sur une très mauvaise série, avec un seul essai marqué en deux ans. Face à l’Irlande, le scénario semble se reproduire, l’équipe perdant à la pause. Au retour des vestiaires, tout change et l’Angleterre passe six essais en quarante minutes, dont trois par l’intermédiaire de Chris Oti, premier joueur noir dans l’équipe nationale. Les supporters d’une école bénédictine de Douai se mettent à chanter le Swing low sweet chariot, qui est alors le chant du club de rugby de l’université. Tout le stade finit par les suivre, ce gospel devenant ainsi le chant des supporters de rugby anglais. Aujourd’hui, ils le chantent à tue-tête au cours des matchs de l’équipe nationale quand leurs joueurs sont en difficulté ou au contraire, lorsqu’ils sont dans un temps fort.

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Pourquoi le remettre en question ? Certains démagos dont le prince Harry se complaisent à flageller leur passé, le rugby n’y échappe pas. Pourtant, on doute qu’ils parviendront à le bannir des stades, quand on connait la résistance anglaise. Là où on ne parvient pas à supprimer les fumigènes des stades, comment interdire des fans de chanter ? Au-delà de ça, ils l’adorent, tant de bons souvenirs s’y rapportent… Boris Johnson est même monté au créneau pour défendre ce chant dont les paroles sont gravées dans le stade Twickenham, temple du rugby anglais.

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