Dans les rues de Paris, une foule hétéroclite (mais attention, pas hétéronormée) a défilé avant-hier en hommage à Clément Méric, « militant syndicaliste, antifasciste, antiraciste, anticapitaliste, antispéciste, féministe et engagé dans les luttes contre l’hétérosexisme et les LGBTphobies », comme le décrivent – non exhaustivement on l’espère – ses amies les GARÇES (Groupe d’Action et Réflexion Contre l’Environnement Sexiste).
Les banderoles mêlaient, pêle-mêle, lutte contre le fascisme, le racisme, l’islamophobie, l’homophobie, et autres déviances, et on pouvait voir défiler, bras dessus bras dessous, femmes voilées et féministes, trotskistes et militants LGBTQI, végétariens, défenseurs des « sans-papier.e.s » (oui, ça se décline, ne soyez pas sexistes) et autres idiots utiles tous mobilisés contre « le fascisme, l’Etat et le capital », les trois étant strictement synonymes -comme dans les années 30.
On ne voit pas trop ce qu’ont tout ces gens en commun, à part une passion pour les –ismes due sans doute à un manque de vocabulaire, et une capacité  à sonder l’âme d’autrui pour y découvrir phobies, inconscients racistes et autres haines pathologiques.
« Pas de débat sur nos vies », « le fascisme n’est pas une opinion », « pas de liberté pour les ennemis de la liberté »,  et autres « je discute pas avec un nazi » : tels sont les sophismes censés justifier l’apanage d’une violence légitime, forcément légitime.
Le mythe du grand soir est brandi comme ultime palladium des pires contradictions qu’entraîne la convergence des luttes : féministes défendant le voile et la GPA, antifascistes utilisant la violence (!), anti-capitalistes défendant l’ouverture des frontières, adeptes du « ni oubli ni pardon » partisans de l’amnistie sociale, sans parler des antispécistes d’accord avec la « nazifiante » Brigitte Bardot pour dire que l’animal est un homme comme les autres.
Mais bon, comme disait Manuel Valls après le drame qui a coûté la vie à Clément Méric, « Ce n’est pas le moment de faire des amalgames. Ce sont des groupes d’extrême droite qui depuis des mois portent des discours de haine. Il ne faut pas confondre ce discours avec ceux qui d’une manière ou d’une autre luttent contre le fascisme. »
Quant aux antifas qui ont eu le mauvais goût de joindre les actes à la parole en s’attaquant à un immeuble sur lequel était déployée une banderole de la Manif pour Tous et en brisant quelques vitrines « d’établissements bancaires, ainsi que du mobilier urbain », ils s’en sont tiré avec seulement 14 interpellations et 2 gardes à vue. Après tout, ce ne sont que «des casseurs qui ne respectent pas l’esprit de ce rassemblement». Tu l’as dit Manu !

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