Devant le pénible spectacle d’une classe politique volant unanimement au secours des marionnettes en danger, j’ai pensé à cette réflexion mélancolique de Michel Rocard : « La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi. Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvres et on nous moque. Nos rois avaient leurs bouffons. Mais le bouffon du roi n’entrait pas dans la cathédrale. Aujourd’hui, les bouffons occupent la cathédrale et les hommes politiques doivent leur demander pardon. Ce qui fait que ne viendront plus à la politique que les ratés de leur profession. »

Nous y sommes. Le bouffon du roi est devenu le roi. Sa Majesté le Pitre occupe à la fois l’Autel et le Trône et, de Florian Philippot à Claude Bartolone, en passant par Alain Juppé, tous nos représentants lui font obséquieusement allégeance : non seulement ils ne sont plus respectés, mais ils ne se respectent plus eux-mêmes.

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Alain Finkielkraut
philosophe et écrivain.Dernier livre paru : La seule exactitude. (Editions Stock).