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«Wallah»  et «wesh», ces termes qui colonisent notre langue

Quelle époque !


«Wallah»  et «wesh», ces termes qui colonisent notre langue
Face à Darius Rochebin sur LCI, l'entrepreneur de gauche Matthieu Pigasse a déclaré «Glucksmann c’est “Bismillah, c’est les ténèbres”», le 20 octobre 2026. Capture LCI / Open AI.

Wallah et wesh se sont immiscés dans le vocabulaire du quotidien. Le premier terme signifie « par Dieu » ; le second est une interjection pouvant se traduire par « quoi de neuf ? ».


Certes et heureusement, tout le monde ne les utilise pas (encore), mais ils s’imposent, y compris dans les « bonnes familles ». Un de mes amis, non politisé, peu suspect de pencher à l’extrême droite et habitant les beaux quartiers propres aux périphéries des capitales, se désolait que son fils les utilise. « C’est l’époque », finit-il par conclure un brin médusé, un brin résigné.

Conquête

Cette anecdote n’est évidemment pas anodine. Qu’une classe d’âge, culturelle ou sociale emprunte des mots issus de l’immigration et que les rejetons provenant de cette dernière ne font plus l’honneur de s’approprier la langue du pays d’accueil marque un inversement des pratiques et un indice sur le basculement des rapports de force à l’œuvre – comprenez par-là que le nouveau dominé s’aligne sur le dominant par mimétisme et sans doute un peu par crainte. Le vocabulaire utilisé n’est jamais neutre : il est à ce titre le révélateur de réalités bien plus profondes qui ont souvent d’autres symptômes visibles dans l’espace public – dans le cas qui nous concerne, la multiplication des commerces halal, des mosquées, des kebabs…

Dans les sciences (algèbre, zénith…), l’alimentation (café, épinard…) ou l’habillement (jupe, coton…), il existe pléthore de mots autrefois empruntés à l’arabe. Mais les derniers apports sont d’une autre nature, qui n’ont rien de l’enrichissement, induit par exemple par une découverte scientifique ou l’apport de nouveaux aliments dans la gastronomie, mais au contraire à la fois de l’appauvrissement généralisé et de la conquête culturelle de l’espace. 

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Le phénomène est facilité par la baisse du nombre de mots connus, compris et utilisés par les nouvelles générations. Faites-le test : combien sont-ils à connaître la signification de mots tels que « mirifique », « courroucé » ou « nonobstant », parmi ceux que j’ai entendus récemment ? La nature ayant horreur du vide, celui-ci finit par se remplir ainsi de nouveaux substantifs. Aux termes déjà évoqués, on pourrait en ajouter quelques autres marquant la wallahweshisation de notre langue : miskine (mon pauvre), seum (et moi qui pensais, amis Français, que c’était un belgicisme) ou encore moula (wesh Wassila Meddas !).

Phénomènes phonétiques

De surcroît, l’utilisation de wallah et wesh induit, plus ou moins consciemment, une nouvelle prononciation – il est impossible de les énoncer avec une scansion d’académicien – et, partant de là, change les accents qui font la richesse des régions. Le phénomène s’inscrit dans une transformation globale de nos façons de parler : il y a quelques mois, un débat avait surgi sur l’affrication, mécanisme phonétique par lequel une consonne occlusive est prolongée par une friction donnant un son tel que, par exemple, « tch ». Si le phénomène n’est pas neuf dans la langue, on ne peut s’empêcher de penser que ses nouvelles formes ont un peu à voir quand même avec l’africanisation. La syntaxe globale, déjà mise à mal par la déconstruction générale, est un peu plus attaquée par l’utilisation inutile de ces interjections.

Une rumeur selon laquelle wallah et wesh seraient passibles d’une amende en cas d’utilisation dans les écoles, a circulé sur les réseaux sociaux. Si nous ne sommes bien sûr pas favorables à l’instauration d’une police du vocabulaire – qui serait, de toute façon, inutile et contre-productive – en revanche, il n’est pas interdit à nos responsables de s’attaquer aux causes dont les changements linguistiques actuels sont les symptômes. 



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