Accueil Édition Abonné Menaces de mort à l’encontre d’une enseignante: six mois de prison ferme. Enfin !

Menaces de mort à l’encontre d’une enseignante: six mois de prison ferme. Enfin !

Abdelkader B. passera sa troisième nuit derrière les barreaux ce soir


Menaces de mort à l’encontre d’une enseignante: six mois de prison ferme. Enfin !
Image d'illustration © Pascal Fayolle/SIPA

Islamisation de la France. Au Fauga, en Haute-Garonne, une institutrice a été menacée de décapitation par le père d’un élève, vendredi 4 septembre, après qu’une de ses collègues a sanctionné son fils. L’enseignante a porté plainte et le père a été condamné ce jeudi à six mois de prison ferme. Ses deux enfants seront désormais scolarisés dans une autre école.


Oui, enfin ! À Toulouse, un président de tribunal courageux, prenant l’exacte mesure de la gravité des faits, a dit le droit et rendu la justice. Six mois de prison ferme avec mandat de dépôt à l’encontre d’un père d’élèves de quarante-sept ans coupable d’avoir menacé de décapitation une enseignante de l’établissement où sont accueillis deux de ses enfants. Le mandat de dépôt nous indique que, dès le soir du jugement, le coupable a dormi en taule. La main du magistrat, décidément, n’a pas tremblé.

M. Abdelkader B. – Oui, il se nomme Abdelkader, je n’y peux rien. Il s’appellerait Antoine, Raymond, Bébert ou Archibald, je donnerais aussi son prénom, évidemment. Il ne s’agit nullement de stigmatiser (j’entends d’ici les belles âmes…) mais tout simplement de rendre compte des faits, rendre compte de la réalité en répondant aux basiques questions journalistiques : qui, quoi, où, quand, etc. Qui ? nous venons de désigner le condamné. Quoi ? Menace de décapitation à l’encontre d’une enseignante après que le rejeton du condamné en question a été puni à l’école. Où ? Précisément dans cette école, au Fauga, petite ville de Haute-Garonne.

De son propre aveu, la victime « s’est vu finir en Samuel Paty ». On la comprend. Il y a, chez nous en France, en effet, d’atroces précédents, des enseignants immolés sur l’autel de la bêtise, de la barbarie et de la haine réunies. Ce sont donc Samuel Paty, Dominique Bernard et Agnès Lassalle. Probablement, M. Abdelkader B. n’en avait jamais entendu parler ? Par bonheur, le président du tribunal, lui, ne les avait pas oubliés. Qu’il en soit remercié et félicité.

Une hirondelle ne fait pas le printemps, comme se plaisait à dire ce vieil Aristote, mais si la fermeté de ce magistrat pouvait sonner quelque chose comme la fin d’un certain laxisme judiciaire qui n’a que trop duré et fait tant de dégâts chez les victimes, ce serait, oui, une sacrée embellie.

Mais le chemin est certainement encore long et semé d’embûches. Il y aura beaucoup à faire, c’est certain, pour changer les mentalités.

Au cours du procès, l’avocate du prévenu a cru présenter une défense non seulement cohérente mais décente, en proposant que son client ne soit condamné qu’à une peine d’intérêt général. Elle ajouta pour tout argument que « cela suffirait à réparer le mal fait à la société ».

Et le mal fait à la victime, on s’en tape ?

L’avocate non plus n’aura probablement jamais entendu parler des trois martyrs que nous avons cités.

Certes, cette dame est dans son rôle de défenseur. Mais pour qu’une défense soit efficace, digne, rationnelle et raisonnable, ne doit-elle pas tenir compte de la réelle gravité des actes commis, leur être proportionnée ? Donner à penser qu’une peine de balayage de square ou de surveillance de sortie d’école pourrait réparer si peu que ce soit les dommages causés par une menace de mort par décapitation me semble juste friser le foutage de gueule caractérisé avec effets de manche… Quand je disais qu’il y aurait du boulot pour faire évoluer certaines mentalités, je crois que je ne me trompais guère…




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Ex-prof de philo, auteur, conférencier, chroniqueur. Dernière parution : « Je suis Solognot mais je me soigne » éditions Héliopoles, 2025

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