La climatisation, dernier privilège
En ces temps d’extrême chaleur, la climatisation est devenue un sujet brûlant. D’aucuns considèrent qu’elle devrait être généralisée, en particulier dans les lieux où, sans elle, la vie devient intenable ou ne tient parfois plus qu’à un fil, surtout lorsque les vagues de chaleur excessive se succèdent : les écoles, les hôpitaux, les Ehpad. Les écologistes préconisent de privilégier la « gestion naturelle de l’air », favorisée selon eux par la végétalisation des murs et des toits des habitations. Ils proposent également quelques astuces pour rafraîchir l’atmosphère et les corps : un drap humide sur les fenêtres, un bol de glaçons devant le ventilateur, un mouchoir glacé sur le crâne – et le tour est joué. De son côté, l’Agence de transition écologique (Ademe) recommande aux citoyens de fermer les volets le jour, d’aérer la nuit, de se mouiller le corps et de boire régulièrement de l’eau – autant de choses qui ne seraient pas venues à l’esprit des Français si l’État ne s’en était pas mêlé. Alors, clim ou pas clim ?
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Le 26 juin, pour éviter une surchauffe électrique et une panne du système d’air conditionné, les hauts dirigeants de la Commission européenne ont décidé de couper la poire et le siège de ladite Commission en deux : du huitième au treizième étage, là où trônent la présidente Ursula von der Leyen et les 27 commissaires européens, la climatisation a fonctionné comme si de rien n’était. En revanche, au niveau des sept premiers étages occupés par les membres du personnel administratif et des services généraux de l’institution, elle a été coupée. Certains ont évoqué alors un « système féodal » et une caricature miniature des inégalités sociales au sein de l’UE : les classes populaires et moyennes crament et se font sermonner lorsqu’elles cherchent les moyens de se rafraîchir la couenne ; pendant ce temps, les « élites », bien au frais, mijotent une énième campagne de communication sur la « sobriété énergétique ». Cette sobriété ne s’applique naturellement qu’aux citoyens des couches inférieures, lesquels seront sûrement heureux d’apprendre que leur capacité à supporter cette injustice porte depuis quelques mois le joli nom de… « résilience climatique ». Merci qui ? Merci l’UE.





