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Le Trésor retrouvé du Roi-Soleil: un événement exceptionnel du 1er au 8 février 2026. Les tapis monumentaux commandés par Louis XIV pour la Grande Galerie du Louvre sont réunis et présentés sous la verrière du Grand Palais à Paris


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© Didier Plowy pour Grand Palais Rmn, 2026

Cette fabuleuse collection de 92 tapis de la Savonnerie pensée pour revêtir le sol de la Grande Galerie du Louvre sous Louis XIV en réunit ici une trentaine dans une débauche de couleurs d’un luxe tout royal.


L’immensité du Grand Palais suffit à peine à abriter cette interminable succession de tapis de la Savonnerie tissés au XVIIe siècle au cours d’une vingtaine d’années, en un temps où Louis XIV était jeune encore et plus prétentieux que jamais.  

Ils étaient 92 au moment de leur conception, destinés à revêtir, avec une somptuosité inégalée et sur une longueur de 460 mètres, le sol de la Grande Galerie du Louvre, plus joliment nommée Galerie du bord de l’eau, celle que Henri IV avait voulue pour relier le Louvre aux Tuileries. Ils ne sont plus que 42 aujourd’hui à avoir survécu aux vicissitudes de l’Histoire et à être en partie réunis pour créer cette immensité mordorée jamais exposée en près de quatre siècles d’existence.

Dans l’esprit des débordements baroques

C’est à l’aube du règne de Louis le Grand que naquit ce projet d’orner la Grande Galerie du Louvre d’une suite de 92 tapis de neuf mètres de largeur composant une surface de 4000 mètres carrés de couleurs éclatantes, de paysages, de figures allégoriques, de trophées, de rinceaux, de motifs ornementaux d’une richesse inégalée depuis et où chacun d’entre eux illustrait un thème glorieux. Jamais on n’avait conçu ensemble aussi considérable et aussi somptueux devant conduire de la Galerie d’Apollon au Pavillon de Flore où il était prévu d’installer le trône royal. Jamais non plus on ne s’y risqua une autre fois.

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Les dessins en avaient été évidemment confiés au Premier peintre du Roi, à Charles Le Brun. Et avec les membres de son atelier, celui-ci donna libre cours à une imagination foisonnante, bien dans l’esprit des débordements baroques. Les ateliers de la Couronne nouvellement créés à la Savonnerie allaient se charger de leur exécution durant une vingtaine d’années. Mais entretemps Louis XIV avait choisi Versailles comme lieu de résidence de la Cour, au grand dam de Colbert, son ministre, qui avait tout fait pour maintenir le siège de la monarchie dans la capitale. Et ce splendide projet s’écroula donc avant d’être né, cependant que des sommes mirifiques lui avaient été consacrées.

En France, que ce soit aujourd’hui ou sous l’Ancien Régime, le pouvoir a toujours su dilapider à profusion les deniers publics.

Les vicissitudes de l’Histoire

Ils ne sont donc plus que 42 tapis aujourd’hui à avoir triomphé du temps. Ils proviennent avant tout du Mobilier national où ils sont déposés désormais, mais aussi de collections publiques ou privées dispersées au Danemark, au Royaume Uni, en Italie, aux Etats-Unis, au gré des présents royaux, des ventes révolutionnaires, des vols et des rapines. Ils ont orné les palais de la République et ce sont désormais des pieds roturiers qui les foulent dans les ministères, les résidences présidentielles, les ambassades…  alors qu’ils étaient destinés à ravir les monarques, les princes du sang, les souverains étrangers, les ambassadeurs extraordinaires et tous ceux qui bénéficiaient des Honneurs du Louvre.

Bordant cette suite de tapis de la Savonnerie, quelques-unes des somptueuses tapisseries des Gobelins tissées pour illustrer l’Histoire du Roi sont exposées également au Grand Palais, renforçant ainsi cette débauche de luxe, d’art et de savoir-faire provenant des manufactures royales.

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Quel luxe également que cette spectaculaire exposition hélas éphémère, mais si remarquablement mise en scène, que de multiples commentaires apposés un peu partout enrichissent encore, cependant que des artistes du Mobilier national partagent un peu de leur savoir avec le public.

L’entreprise est admirable. Et la brièveté de l’exposition la rend plus précieuse encore. Plus irréelle aussi. Ceux qui en ont eu l’idée, ceux qui en ont conçu l’installation, tous ceux qui ont mené à bien cet éblouissant projet sont à saluer. Il y a peu ou pas de nations au monde assez prodigues pour savoir concevoir ce genre d’événement. Peu aussi à disposer d’un patrimoine aussi extraordinaire. Il ne manque à l’exposition que la diffusion de musiques de Lulli ou de Charpentier sous les voûtes spectaculaires du Grand Palais pour en achever l’enchantement.


Le Trésor retrouvé du Roi Soleil. Grand Palais. Jusqu’au 8 février

De 10h à 19h30, Le vendredi 6 février de 10h à minuit. Le dimanche 8 février de 10h à 16h. 8€ l’entrée



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