« Endormissement : passage de l’état de veille à l’état de sommeil », dit le Larousse. Pour avoir cherché à ramener la classe politique et, au-delà, les Français, à un « état de veille » vis-à-vis du FN, Manuel Valls a été désigné à la vindicte générale. De Marion Maréchal-Le Pen à Michel Onfray, le diagnostic a été unanime : l’hôte de Matignon serait un « crétin ».

Naturellement, le Premier ministre est parti en guerre contre le FN avant une échéance électorale qui s’annonçait redoutable pour le PS : il s’agissait d’abord pour lui de remobiliser un électorat socialiste déçu, pour ne pas dire navré, par la première partie du quinquennat de François Hollande. Depuis sa nomination à Matignon, Manuel Valls se signale par ailleurs de manière récurrente par des outrances verbales qui desservent les causes qu’il prétend servir : comme l’usage récent, et décalé, du mot « apartheid ». Mais en dénonçant l’« endormissement » de l’Hexagone devant la montée du FN, le Premier ministre a au contraire trouvé le mot juste : Marine Le Pen est désormais aux portes du pouvoir, son élection à l’Élysée en 2017 reste improbable, mais elle n’est plus inconcevable, et chacun continue de vaquer à ses petites occupations.

*Photo : ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA. 00705510_000017.

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Hervé Algalarrondo
est journaliste et essayiste.Auteur des Beaufs de gauche et de La Gauche et la préférence immigrée.
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