Comment gérer un échec sentimental et/ou un désastre financier à la suite d’une rupture, voilà ce que propose sans rire le « Salon du divorce, de la séparation et du veuvage » qui se tient à l’espace Champerret à Paris ce week-end.

Selon les organisateurs et les nombreux sponsors, qui ont flairé le bon filon, 11 millions de personnes sont actuellement en « rupture d’union » (sic), autant dire un gros marché encore mal exploité. Partant de ce constat, ils envisagent froidement la création d’une nouvelle profession : le « divorce planner », aux missions diverses, qui vont du juridique au relooking, de psychothérapie à l’amincissement, sans oublier les poudres de perlinpinpin. L’important, on se tue à vous le dire, c’est de positiver l’échec.

Jusqu’à ce soir, on pourra donc tirer profit de conférences sur les désavantages financiers et fiscaux du désastre : « Dissimulation de revenu, sous-évaluation du patrimoine, intérêts cachés, montage financier occulte… Comment faire pour le prouver ? » (Didier Rauch, groupe Avera), mais aussi envisager l’avenir pour se recaser. Jean-Louis Goin expliquera « La place de la chirurgie esthétique dans la reconquête de son image », Emmanuelle Grabat (EMP Conseil) proposera « Le marketing relationnel, développer son réseau de relations et construire un projet pour un nouveau départ » ; le Dr Hazout, nutritionniste, proposera, quant à lui, de « reconstruire son alimentation et de retrouver enfin son énergie en mincissant », et si ça ne va pas mieux, il restera toujours « Les fleurs de Bach, une méthode simple et naturelle pour harmoniser vos émotions » (Martine Viniger, Jardin d’Iris) … Avec tout ça, on est armé pour le prochain divorce. On ne pourra pas dire qu’on a été pris(e) en traître(sse).

Pendant qu’on y est, pourquoi ces génies du marketing n’ont-ils pas encore lancé le Salon de l’euthanasie, dont le potentiel commercial et juridique est incontestable et les conférenciers nombreux ?

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