À l’initiative de notre ami Gilles-William Goldnadel, une pétition pour le pluralisme dans le Service public de l’audiovisuel est lancée aujourd’hui. À Causeur où règne parfois l’hyper-démocratie (ce qui signifie que chacun a le droit à ses petites délicatesses idéologiques), nous avons opté pour l’élégante formule du soutien sans participation. Grâce à cette trouvaille casuistique des socialistes d’antan, nous adhérons pleinement à l’objectif de la pétition sans en assumer toutes les formulations. Ou en y apportant ce codicille : l’exigence de pluralisme n’est pas l’apanage d’un camp politique, la preuve, c’est que même des gens de gauche trouvent France Inter insupportable. Ne les décourageons pas de mener ce combat. Cela dit, trêve de chichis. Moi je signe !

Elisabeth Lévy

Eux-mêmes en conviennent : les journalistes ont mauvaise presse.

Une majorité de gens sont désormais exaspérés par l’information convenue et c’est ce qui explique le succès de l’information parallèle pas forcément convenable.

Curieusement, les journalistes dont c’est en principe le métier, n’ont pas la curiosité élémentaire de rechercher les raisons de l’exaspération.

Pour leur faire gagner du temps, nous leur dirons que celle-ci trouve sa source principale dans le moralisme prêchi-prêcha et l’occultation d’une partie de la réalité dérangeante.

Dans ce cadre révulsif, la palme ne saurait être disputée âprement à l’audiovisuel de service public de l’information français.

Les responsables de celui-ci ne se donnent même pas la peine de contester que la sensibilité de gauche y est majoritaire, tant la chose leur paraît naturelle.

Ils n’y trouvent rien de honteux ni de critiquable. Ils ne s’en cachent pas. C’est ainsi que très récemment, la préposée à la revue de presse de France Inter trouvait très gratifiant de citer le journal l’Humanité qui considérait que l’ensemble des humoristes de la radio active bien à gauche sauvaient l’honneur de l’antenne.

C’est ainsi encore, que la présidente très antiraciste de France Télévisions trouvait bienséant et nullement raciste de regretter qu’il y ait trop de blancs à la télévision.

C’est ainsi enfin que le président très distingué de Radio France décrétait tranquillement que la mission du service public était de combattre « le populisme »…

Le sentiment d’impunité paisible qui prévaut provient largement de la résignation du monde politique intellectuel, fût-il d’opposition, à la pensée médiatique gauchisante ou multiculturaliste.

Il considère une mauvaise fois pour toutes que l’audiovisuel du service public est un territoire occupé définitivement par la gauche et son extrémité.

En conséquence, la charte professionnelle qui le régit et qui impose à ses serviteurs le respect de la neutralité du pluralisme est devenu une simple et risible clause de style.

De la même manière, la gabegie financière qui y règne, et qui est chaque année rituellement autant que platoniquement dénoncée par la Cour des Comptes fait l’objet de la même obséquieuse résignation à ranger précautionneusement dans le magasin de faïences du privilège des permanents du spectacle audiovisuel.

Certains cependant, dont nous sommes, n’acceptent pas cette molle démission. Ils savent qu’elle est la source du politiquement correct comme du terrorisme intellectuel qui auront pratiquement détruit les structures sociales, sociétales et culturelles du pays.

Ils n’acceptent pas qu’en tant que copropriétaires de ce moyen d’information national, astreints au paiement d’une redevance fiscale, une majorité de Français soit exclus par une minorité d’un territoire culturel stratégique de la république.

Ils pensent que le scandale réside précisément dans le fait qu’il n’y ait pas scandale.

L’affaire est d’autant plus affligeante qu’il existe au sein du service public audiovisuel des gens de qualité qui ont à cœur de faire un travail qui leur ressemble. Nous ne voulons certainement pas les chasser, ce ne sont pas des sorciers, nous demandons seulement qu’ils s’ouvrent à d’autres esprits ouverts et qu’ils veuillent bien faire voir d’autres regards.

Un Collectif des Usagers du Service Public de l’Information met en ligne aujourd’hui sur change.org une pétition qui dénonce cette mainmise liberticide par une idéologie jalouse autant qu’intolérante.

Causeur, parmi d’autres médias libres et libérés a décidé d’en promouvoir largement la diffusion. Adhérez en masse à ce mouvement citoyen, pour employer cette expression trop longtemps dévoyée.

Le combat pour le pluralisme dans l’information de service public est un combat existentiel.

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