Voilà qui ne manque pas de classe. Après que Frédéric Martel a décrété que Renaud Camus était infréquentable (ce qui lui a attiré une réplique cinglante et hilarante d’Alain Finkielkraut), David Kessler, le directeur de France Culture (oui, oui, celui-là même qui en 2005…), a décidé de débattre lui-même avec l’écrivain maudit au cours de l’émission de Julie Clarini et Brice Couturier « Du grain à moudre », mercredi 25 juin à 17 heures. En ce qui concerne les autre invités, on imagine aisément que Maryvonne de Saint-Pulgent ne se montrera guère plus enthousiaste que Camus sur les mirifiques avancées de notre riante époque. Christophe Girard, culturocrate en chef et adjoint au Maire de Paris, aura la difficile mission de défendre ses belles inventions festives comme Paris-Plage ou La Nuit blanche (une occasion, avait-il déclaré lors de sa création, de voir des gens danser devant des Rembrandt). Quant à David Kessler, on attend avec curiosité de connaître son opinion. Ne boudons pas notre plaisir : ça, c’est France Culture comme on l’aime.
Vive le sous-développement durable !
Dans sa dernière livraison, National Geographic publie une enquête sur les modes de consommation de différents pays. Conclusion sans appel : « Les pays du Sud polluent moins. » Achetant moins de voitures, moins d’écrans plats, moins de produits surgelés et prenant plus rarement l’avion que ceux du Nord, les consommateurs du Sud nuiraient moins à l’environnement. Ce qui appelle une question : pourquoi les pays en développement sont-ils, de Mexico au Fleuve Jaune, les endroits les plus pollués du monde ? Et une suggestion : quitte à vraiment « respecter » la nature, pourquoi ne pas cesser définitivement de consommer?
Histoire belge
Trois hommes ont été découverts ce week-end sur le toit du Palais Royal de Bruxelles. Des admirateurs de Jean Giono, venus, à leur manière célébrer, par-dessus la tête d’Albert II, l’auteur du Hussard sur le toit ? Non : deux Polonais (même pas plombiers) et un Français (même pas rattachiste) travaillant (au noir ?) à la réfection de la royale toiture. Il n’y a pas à dire : l’Europe avance à Bruxelles. On peut même dire qu’elle monte en l’air !
Cuba vire sarkozyste
En leur temps, les situationnistes se demandaient si la dialectique pouvait casser des briques . Le régime cubain veut qu’elle en fasse gagner ! La résolution 9/2008 vient en effet, au prix de contorsions idéologiques assez comiques, d’annoncer aux Cubains qu’ils seront désormais payés au rendement et selon des « critères d’efficacité ». Sur l’île du Dr. Castro, la règle était, selon une blague connue, que l’Etat fasse semblant de payer les travailleurs, qui en retour faisaient semblant de travailler…
Mondialisation mondaine
Son Altesse Sérénissime le prince Albert II de Monaco était samedi à Genève pour y lancer la branche suisse de sa Fondation pour l’Environnement. Les banques monégasques et suisses vont-elles désormais laver plus propre ? On l’espère. Pour la Planète.
Jean Daniel, spectateur consterné ?
Jean Daniel a choisi la pire des façons de s’adresser à ses amis : en leur disant la vérité. Leur vérité. Depuis 1956, date de son premier reportage en Israël, et alors que tant d’autres donnaient dans le genre « ambassadeur de l’Unesco » – amis de tous, ennemis des vérités qui fâchent… –, il n’aura jamais cessé de remuer le fer dans la plaie et de mettre chaque camp face à ses responsabilités.
Aux Israéliens, il a conseillé dès les années 1960 d’abandonner « la chimère d’un Grand Israël », puis d’envisager de « partager » Jérusalem et enfin, plus que tout, de se croire assez forts pour accéder aux demandes légitimes des Palestiniens et de prendre en compte leurs souffrances. Jamais il n’aura posé sa plume quand il s’agissait de critiquer le jeune Etat ou son armée, et jamais il n’aura manqué de dénoncer leurs dérives – jusqu’à Sabra et Chatila, qui fut le théâtre du massacre de Palestiniens par des Libanais, avec la bénédiction, estime-t-il, de Tsahal[1. On verra, à ce sujet, le film Valse avec Bachir de l’israélien Ari Folman (actuellement sur les écrans). En attendant, un jour, que les cinémas égyptien ou syrien soient capables de tels exercices…]. Mais celui qui fut insulté et soupçonné pour ses origines juives, n’aura pas non plus échappé à l’accusation de trahison : en s’interrogeant, à un demi-siècle de distance, sur l’hypothèse de la disparition d’Israël, puis sur l’américanisation (à ses yeux néfastes) du sionisme, Jean Daniel a régulièrement froissé ceux qui attendaient de lui un engagement aveugle en faveur d’Israël.
De même n’aura-t-il jamais ménagé ses amis et interlocuteurs arabes ou Palestiniens. Et cet équilibre dans la critique, qui n’a rien de formel, mais répond à la désespérante complexité du drame moyen-oriental, n’est pas le moindre des intérêts de cette somme. La tentation, constante chez certains, de propager la haine des Juifs trouvera toujours, sous sa plume, une réprobation immédiate et argumentée. De même, l’hypocrisie des leaders musulmans sur la « fraternité arabe » : des massacres de Septembre Noir à l’organisation délibérée de la misère des réfugiés, les pays arabes auront très largement contribué à la souffrance et au désespoir palestiniens. On trouvera également, dans cet épais volume, des analyses sur l’évolution de la politique arabe (du nationalisme au religieux), sur les neocons, mais aussi des portraits éclairants de Sadate et d’Arafat, ainsi qu’une longue réflexion sur De Gaulle et les Juifs dont les conclusions, déroutantes, feront les délices du lecteur.
Reste une question : Jean Daniel croit-il à la paix ? Curieusement, oui. Sa consternation ne s’abandonne jamais au fatalisme. De culture arabe, familiers de leurs leaders, il sent proche le moment où les peuples musulmans devront choisir entre l’aventure confessionnelle et la réconciliation avec l’idée du bonheur et de la cohabitation – et alors, tout deviendra possible. Quant aux Israéliens, il les sait exténués par ce conflit qui ronge leurs âmes et prend leurs enfants. La paix de guerre lasse : qui sait ? Ce pourrait être du reste, selon moi, le fin mot de cet ouvrage : « Amis, vous ferez un jour la paix, car vous avez tous également tort. »
Raymond l’inconscience
Quelques secondes après la défaite contre l’Italie, l’envoyé spécial de Causeur.fr alpaguait Raymond Domenech (aka Raymond-la-Science) dans les couloirs du KriegGrossMalher Stadium, pour une interview aussi exclusive qu’imaginaire[1. Imaginaire ? Merci tout de même à M6, lequipe.fr et liberation.fr dont la (presque) totalité des propos de Raymond Domenech sont tirés. A côté des buts, hélas.].
Causeur : Raymond, la défaite est ce soir sans appel, et vive est la déception…
Domenech (béat) : J’aime Estelle…
Causeur : Certes. Mais quel match calamiteux, tout de même !
Domenech (catégorique) : La seule chose à laquelle je pense désormais, c’est à me marier avec Estelle. Je demande sa main… Dans ces moments là, on a besoin des gens proches. Et là, j’ai besoin d’elle.
Causeur : On me signale dans l’oreillette qu’elle vient d’ouvrir son magazine sur M6 par cette question : « Faut-il virer le sélectionneur ? »
Domenech (grand seigneur) : Je ne fais pas de politique…
Causeur : Votre demande en mariage, en ce soir d’affliction patriotique, n’est-elle pas… déplacée ?
Domenech (extatique) : Pardonnez-moi. Pardonnez-moi d’avoir eu un moment d’humanité quand il aurait fallu rester froid, professionnel. J’ai eu une… lueur.
Causeur : Amen. Revenons à l’Euro : c’est fini…
Domenech (outré) : Pas du tout ! Il reste encore des matches, et moi, je compte bien tous les regarder !
Causeur : Le bilan, pour les Bleus, est catastrophique, n’est-il pas ?
Domenech (rêveur) : C’est vrai, soyons francs, soyons directs : tout n’a pas complètement fonctionné.
Causeur : On évoque une ambiance détestable dans le groupe…
Domenech (indigné) : Mais je…
Patrick Viera (qui passe en béquilles) : Diafoirus !
Domenech (imperturbable) : Je vais vous…
Patrice Evra (les dents serrés) : Mytho !
Domenech : Je vais vous dire…
Franck Ribéry (depuis sa civière) : Nadinemouk !
Domenech : L’ambiance était bonne…
Thierry Henry (crachant) : Loser…
Domenech : Trop bonne peut-être ?
Causeur : Comment en sommes-nous arrivés là ?
Domenech : Je ne comprends pas. J’avais fait le thème astral de l’équipe. Pluton, à l’influence si néfaste, était hors-jeu, et Vénus….
Causeur : Raymond…
Domenech : L’équipe était bonne, la tactique était bonne : différents facteurs ont, bien malgré nous, différé la victoire. Mais en 2010, nous serons prêts pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Je vous emmènerai vers d’autres victoires ![2. Propos également attribués à Ségolène Royale, ex-attaquante de Hollande.]
Causeur : Serez-vous seulement encore sélectionneur à la rentrée ?
Domenech : Houla ! Pas de politique ! Je n’entre pas dans ces combines… J’ai un bon groupe, toute sa confiance… (Karim Benzema, qui passe l’air de rien, tente soudainement un coup de boule). Tout roule, seuls les journalistes, ces charognards, jouissent de la critique pour la critique…
Causeur : Vous n’êtes donc ni responsable ni…
Domenech (martial): Je hais la langue de bois, tenez-le vous pour dit. On n’a pas tout à fait atteint nos objectifs, c’est vrai. Mais ne pinaillons pas : les bases sont là. L’avenir est à nous !
Causeur : J’insiste : la Fédération va-t-elle vous virer ?
Domenech (philosophe): Je ne dis ni oui, ni non, je ne réponds pas à cette question. Il peut m’arriver de faire de la langue de bois. Là, ce n’est pas ça. Je ne réponds pas. Moi je dis que cette équipe a un avenir, des capacités, que cet Euro était une expérience intéressante pour une jeune génération et je n’ai plus rien à dire là-dessus. Mon sort personnel n’a pour moi aucun intérêt ! Pensez un peu au sport, bordel, à sa beauté ! Vous parlez d’échec. C’est votre droit. Moi, je rappelle juste que j’ai un contrat en béton jusqu’à 2010 et un cabinet d’avocats anglo-saxons derrière moi. C’est grand, non ?
Causeur : Quant à l’Italie…
Domenech (les yeux frits): Ah ! Ouais… Je pense y amener Estelle en voyage de noces : Palerme, Venise, Barcelone…
Causeur : Barcelone, c’est en Espagne.
Domenech (chagriné): Putain, vous êtes vachement négatif ! Y faut toujours voir tout en noir pour avoir sa carte de presse ou quoi ?
Causeur : Non, mais…
Domenech (complice) : Et puis, l’Espagne, on a largement les moyens de les battre.
Causeur : Raymond, on est é-li-mi-né.
Domenech (sardonique) : Détail !
Causeur : Plusieurs joueurs annoncent ce soir leur retraite. Ainsi Thuram…
Domenech (à ses assistants) : Estelle a téléphoné ? Non ? Etrange…
Causeur : Admettez-vous oui ou non que nous avons pris une raclée à l’Euro ?
Domenech (triomphant) : Impossible : la Commission de Bruxelles interdit désormais cette pratique d’un autre âge !
Causeur : Encore une fois : les dirigeants de la Fédération vous maintiendront-ils en place ?
Domenech (air entendu) : Oh ! vous savez, le propre des dirigeants, c’est la langue de bois et la déconnexion de la réalité… Moi, je suis un technicien, je m’en tiens aux faits. Tout va bien, général Gamelin !
Causeur : Pardon !?
Domenech (à un vigile helvète) : Estelle, ma douce ?
Causeur : C’était, en exclusivité et à chaud, la réaction de Raymond Domenech…
Domenech (attaqué à coup d’extincteur par Willy Sagniol, à l’entrée du vestiaire) : L’amour est enfant de…
Libé : falot ou phallo ?
« Les 400 culs », un des blogs de Libération.fr, s’attarde sur « les grosses queues ». Outre des informations assez surprenantes (seulement 2 % des messieurs au-dessus de 20 cm !), c’est l’occasion de découvrir une facette ignorée de Libé, qui postule sans ambages que « beaucoup de femmes et d’hommes trouvent la vue d’un gros pénis excitante car c’est un symbole de puissance ». Et supplie : « Ne vous faites jamais réduire le pénis. Restez nos idoles ! » Et dire que, rue Béranger, certains reprochent à Joffrin et Pourquery de ne pas prendre les mesures qui s’imposent…
Social-chauvin
Interrogé sur son favori pour la suite de l’Euro 2008, le premier secrétaire du PS a répondu avec un grand sourire: « La Hollande, bien sûr… »
A la loyale
Voilà qui ne manque pas de classe. Après que Frédéric Martel a décrété que Renaud Camus était infréquentable (ce qui lui a attiré une réplique cinglante et hilarante d’Alain Finkielkraut), David Kessler, le directeur de France Culture (oui, oui, celui-là même qui en 2005…), a décidé de débattre lui-même avec l’écrivain maudit au cours de l’émission de Julie Clarini et Brice Couturier « Du grain à moudre », mercredi 25 juin à 17 heures. En ce qui concerne les autre invités, on imagine aisément que Maryvonne de Saint-Pulgent ne se montrera guère plus enthousiaste que Camus sur les mirifiques avancées de notre riante époque. Christophe Girard, culturocrate en chef et adjoint au Maire de Paris, aura la difficile mission de défendre ses belles inventions festives comme Paris-Plage ou La Nuit blanche (une occasion, avait-il déclaré lors de sa création, de voir des gens danser devant des Rembrandt). Quant à David Kessler, on attend avec curiosité de connaître son opinion. Ne boudons pas notre plaisir : ça, c’est France Culture comme on l’aime.
Vive le sous-développement durable !
Dans sa dernière livraison, National Geographic publie une enquête sur les modes de consommation de différents pays. Conclusion sans appel : « Les pays du Sud polluent moins. » Achetant moins de voitures, moins d’écrans plats, moins de produits surgelés et prenant plus rarement l’avion que ceux du Nord, les consommateurs du Sud nuiraient moins à l’environnement. Ce qui appelle une question : pourquoi les pays en développement sont-ils, de Mexico au Fleuve Jaune, les endroits les plus pollués du monde ? Et une suggestion : quitte à vraiment « respecter » la nature, pourquoi ne pas cesser définitivement de consommer?
Histoire belge
Trois hommes ont été découverts ce week-end sur le toit du Palais Royal de Bruxelles. Des admirateurs de Jean Giono, venus, à leur manière célébrer, par-dessus la tête d’Albert II, l’auteur du Hussard sur le toit ? Non : deux Polonais (même pas plombiers) et un Français (même pas rattachiste) travaillant (au noir ?) à la réfection de la royale toiture. Il n’y a pas à dire : l’Europe avance à Bruxelles. On peut même dire qu’elle monte en l’air !
Cuba vire sarkozyste
En leur temps, les situationnistes se demandaient si la dialectique pouvait casser des briques . Le régime cubain veut qu’elle en fasse gagner ! La résolution 9/2008 vient en effet, au prix de contorsions idéologiques assez comiques, d’annoncer aux Cubains qu’ils seront désormais payés au rendement et selon des « critères d’efficacité ». Sur l’île du Dr. Castro, la règle était, selon une blague connue, que l’Etat fasse semblant de payer les travailleurs, qui en retour faisaient semblant de travailler…
Mondialisation mondaine
Son Altesse Sérénissime le prince Albert II de Monaco était samedi à Genève pour y lancer la branche suisse de sa Fondation pour l’Environnement. Les banques monégasques et suisses vont-elles désormais laver plus propre ? On l’espère. Pour la Planète.
Jean Daniel, spectateur consterné ?
Jean Daniel a choisi la pire des façons de s’adresser à ses amis : en leur disant la vérité. Leur vérité. Depuis 1956, date de son premier reportage en Israël, et alors que tant d’autres donnaient dans le genre « ambassadeur de l’Unesco » – amis de tous, ennemis des vérités qui fâchent… –, il n’aura jamais cessé de remuer le fer dans la plaie et de mettre chaque camp face à ses responsabilités.
Aux Israéliens, il a conseillé dès les années 1960 d’abandonner « la chimère d’un Grand Israël », puis d’envisager de « partager » Jérusalem et enfin, plus que tout, de se croire assez forts pour accéder aux demandes légitimes des Palestiniens et de prendre en compte leurs souffrances. Jamais il n’aura posé sa plume quand il s’agissait de critiquer le jeune Etat ou son armée, et jamais il n’aura manqué de dénoncer leurs dérives – jusqu’à Sabra et Chatila, qui fut le théâtre du massacre de Palestiniens par des Libanais, avec la bénédiction, estime-t-il, de Tsahal[1. On verra, à ce sujet, le film Valse avec Bachir de l’israélien Ari Folman (actuellement sur les écrans). En attendant, un jour, que les cinémas égyptien ou syrien soient capables de tels exercices…]. Mais celui qui fut insulté et soupçonné pour ses origines juives, n’aura pas non plus échappé à l’accusation de trahison : en s’interrogeant, à un demi-siècle de distance, sur l’hypothèse de la disparition d’Israël, puis sur l’américanisation (à ses yeux néfastes) du sionisme, Jean Daniel a régulièrement froissé ceux qui attendaient de lui un engagement aveugle en faveur d’Israël.
De même n’aura-t-il jamais ménagé ses amis et interlocuteurs arabes ou Palestiniens. Et cet équilibre dans la critique, qui n’a rien de formel, mais répond à la désespérante complexité du drame moyen-oriental, n’est pas le moindre des intérêts de cette somme. La tentation, constante chez certains, de propager la haine des Juifs trouvera toujours, sous sa plume, une réprobation immédiate et argumentée. De même, l’hypocrisie des leaders musulmans sur la « fraternité arabe » : des massacres de Septembre Noir à l’organisation délibérée de la misère des réfugiés, les pays arabes auront très largement contribué à la souffrance et au désespoir palestiniens. On trouvera également, dans cet épais volume, des analyses sur l’évolution de la politique arabe (du nationalisme au religieux), sur les neocons, mais aussi des portraits éclairants de Sadate et d’Arafat, ainsi qu’une longue réflexion sur De Gaulle et les Juifs dont les conclusions, déroutantes, feront les délices du lecteur.
Reste une question : Jean Daniel croit-il à la paix ? Curieusement, oui. Sa consternation ne s’abandonne jamais au fatalisme. De culture arabe, familiers de leurs leaders, il sent proche le moment où les peuples musulmans devront choisir entre l’aventure confessionnelle et la réconciliation avec l’idée du bonheur et de la cohabitation – et alors, tout deviendra possible. Quant aux Israéliens, il les sait exténués par ce conflit qui ronge leurs âmes et prend leurs enfants. La paix de guerre lasse : qui sait ? Ce pourrait être du reste, selon moi, le fin mot de cet ouvrage : « Amis, vous ferez un jour la paix, car vous avez tous également tort. »
Raymond l’inconscience
Quelques secondes après la défaite contre l’Italie, l’envoyé spécial de Causeur.fr alpaguait Raymond Domenech (aka Raymond-la-Science) dans les couloirs du KriegGrossMalher Stadium, pour une interview aussi exclusive qu’imaginaire[1. Imaginaire ? Merci tout de même à M6, lequipe.fr et liberation.fr dont la (presque) totalité des propos de Raymond Domenech sont tirés. A côté des buts, hélas.].
Causeur : Raymond, la défaite est ce soir sans appel, et vive est la déception…
Domenech (béat) : J’aime Estelle…
Causeur : Certes. Mais quel match calamiteux, tout de même !
Domenech (catégorique) : La seule chose à laquelle je pense désormais, c’est à me marier avec Estelle. Je demande sa main… Dans ces moments là, on a besoin des gens proches. Et là, j’ai besoin d’elle.
Causeur : On me signale dans l’oreillette qu’elle vient d’ouvrir son magazine sur M6 par cette question : « Faut-il virer le sélectionneur ? »
Domenech (grand seigneur) : Je ne fais pas de politique…
Causeur : Votre demande en mariage, en ce soir d’affliction patriotique, n’est-elle pas… déplacée ?
Domenech (extatique) : Pardonnez-moi. Pardonnez-moi d’avoir eu un moment d’humanité quand il aurait fallu rester froid, professionnel. J’ai eu une… lueur.
Causeur : Amen. Revenons à l’Euro : c’est fini…
Domenech (outré) : Pas du tout ! Il reste encore des matches, et moi, je compte bien tous les regarder !
Causeur : Le bilan, pour les Bleus, est catastrophique, n’est-il pas ?
Domenech (rêveur) : C’est vrai, soyons francs, soyons directs : tout n’a pas complètement fonctionné.
Causeur : On évoque une ambiance détestable dans le groupe…
Domenech (indigné) : Mais je…
Patrick Viera (qui passe en béquilles) : Diafoirus !
Domenech (imperturbable) : Je vais vous…
Patrice Evra (les dents serrés) : Mytho !
Domenech : Je vais vous dire…
Franck Ribéry (depuis sa civière) : Nadinemouk !
Domenech : L’ambiance était bonne…
Thierry Henry (crachant) : Loser…
Domenech : Trop bonne peut-être ?
Causeur : Comment en sommes-nous arrivés là ?
Domenech : Je ne comprends pas. J’avais fait le thème astral de l’équipe. Pluton, à l’influence si néfaste, était hors-jeu, et Vénus….
Causeur : Raymond…
Domenech : L’équipe était bonne, la tactique était bonne : différents facteurs ont, bien malgré nous, différé la victoire. Mais en 2010, nous serons prêts pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Je vous emmènerai vers d’autres victoires ![2. Propos également attribués à Ségolène Royale, ex-attaquante de Hollande.]
Causeur : Serez-vous seulement encore sélectionneur à la rentrée ?
Domenech : Houla ! Pas de politique ! Je n’entre pas dans ces combines… J’ai un bon groupe, toute sa confiance… (Karim Benzema, qui passe l’air de rien, tente soudainement un coup de boule). Tout roule, seuls les journalistes, ces charognards, jouissent de la critique pour la critique…
Causeur : Vous n’êtes donc ni responsable ni…
Domenech (martial): Je hais la langue de bois, tenez-le vous pour dit. On n’a pas tout à fait atteint nos objectifs, c’est vrai. Mais ne pinaillons pas : les bases sont là. L’avenir est à nous !
Causeur : J’insiste : la Fédération va-t-elle vous virer ?
Domenech (philosophe): Je ne dis ni oui, ni non, je ne réponds pas à cette question. Il peut m’arriver de faire de la langue de bois. Là, ce n’est pas ça. Je ne réponds pas. Moi je dis que cette équipe a un avenir, des capacités, que cet Euro était une expérience intéressante pour une jeune génération et je n’ai plus rien à dire là-dessus. Mon sort personnel n’a pour moi aucun intérêt ! Pensez un peu au sport, bordel, à sa beauté ! Vous parlez d’échec. C’est votre droit. Moi, je rappelle juste que j’ai un contrat en béton jusqu’à 2010 et un cabinet d’avocats anglo-saxons derrière moi. C’est grand, non ?
Causeur : Quant à l’Italie…
Domenech (les yeux frits): Ah ! Ouais… Je pense y amener Estelle en voyage de noces : Palerme, Venise, Barcelone…
Causeur : Barcelone, c’est en Espagne.
Domenech (chagriné): Putain, vous êtes vachement négatif ! Y faut toujours voir tout en noir pour avoir sa carte de presse ou quoi ?
Causeur : Non, mais…
Domenech (complice) : Et puis, l’Espagne, on a largement les moyens de les battre.
Causeur : Raymond, on est é-li-mi-né.
Domenech (sardonique) : Détail !
Causeur : Plusieurs joueurs annoncent ce soir leur retraite. Ainsi Thuram…
Domenech (à ses assistants) : Estelle a téléphoné ? Non ? Etrange…
Causeur : Admettez-vous oui ou non que nous avons pris une raclée à l’Euro ?
Domenech (triomphant) : Impossible : la Commission de Bruxelles interdit désormais cette pratique d’un autre âge !
Causeur : Encore une fois : les dirigeants de la Fédération vous maintiendront-ils en place ?
Domenech (air entendu) : Oh ! vous savez, le propre des dirigeants, c’est la langue de bois et la déconnexion de la réalité… Moi, je suis un technicien, je m’en tiens aux faits. Tout va bien, général Gamelin !
Causeur : Pardon !?
Domenech (à un vigile helvète) : Estelle, ma douce ?
Causeur : C’était, en exclusivité et à chaud, la réaction de Raymond Domenech…
Domenech (attaqué à coup d’extincteur par Willy Sagniol, à l’entrée du vestiaire) : L’amour est enfant de…
Libé : falot ou phallo ?
« Les 400 culs », un des blogs de Libération.fr, s’attarde sur « les grosses queues ». Outre des informations assez surprenantes (seulement 2 % des messieurs au-dessus de 20 cm !), c’est l’occasion de découvrir une facette ignorée de Libé, qui postule sans ambages que « beaucoup de femmes et d’hommes trouvent la vue d’un gros pénis excitante car c’est un symbole de puissance ». Et supplie : « Ne vous faites jamais réduire le pénis. Restez nos idoles ! » Et dire que, rue Béranger, certains reprochent à Joffrin et Pourquery de ne pas prendre les mesures qui s’imposent…
Social-chauvin
Interrogé sur son favori pour la suite de l’Euro 2008, le premier secrétaire du PS a répondu avec un grand sourire: « La Hollande, bien sûr… »


