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Belgique : une fleur pour la couronne

Coïncidence qui aura échappé à Trudi Kohl : moribonde, la Belgique célèbre ces jours-ci au jardin botanique de Meise (Flandres) « la plus grande fleur du monde », l’Arum Titan, qui peut atteindre jusqu’à trois mètres. La particularité de cette plante, aussi surnommée « fleur cadavre », est de dégager au moment de sa floraison « une forte odeur de viande pourrie ». Les Wallons guettent déjà avec impatience le passage d’Interflora.

Siné, sans regret

Vous trouvez son humour douteux ? Ses partisans eux-mêmes le reconnaissent volontiers – certains y voient la marque d’un esprit libre, d’autres un travers malheureux dont il ne se défera jamais… C’est ainsi. Il y a également son ton, toujours hargneux, sinon haineux, et cette incapacité à parler des femmes ou des homosexuels sans la moindre délicatesse. Grands dieux !, protestent ses amis, c’est un paillard, un Gaulois un peu anar, que voulez-vous ! Jeune déjà, il adorait provoquer, les militaires comme les curés – ce qui lui valu, un soir de beuverie, d’être appréhendé après s’être laissé aller dans un bénitier… Vous voyez le genre. Ses propos sur les Juifs sont ambigus, parfois odieux ? Mais c’est vous, bande-mous, qui tremblez de trouille devant le terrorisme intellectuel ! Il abuse d’une gouaille digne de Danton, son héros d’adolescence, voilà tout ! Il ne respecte rien, ajoutez-vous, c’est un sale type ? Eh bien, c’est faux : il adore les animaux, la musique – voilà qui renseigne, non ? – chante fort bien et, dans un registre plus sérieux, ne manqua pas de prendre des positions risquées au sujet de l’Algérie, soutenant même un candidat musulman…

Depuis le début de ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Siné, on ne s’est guère étonné des arguments avancés par les amis du dessinateur : pas antisémite parce que de gauche ; de gauche parce que ne respectant rien ni personne. Le portrait offert par ses proches à l’opinion le croquait ainsi en véritable réincarnation du Béru de San Antonio. Il suffirait donc de brailler, d’être un malotru qui ne résiste à aucune transgression pour être de gauche ? Un peu léger, comme titres… Pour preuve, et l’on voudra bien excuser cette petite malice : la liste des « reproches » ci-dessus adressés à Siné visait, en réalité, non pas Siné mais un dénommé Jean-Marie Le Pen[1. Le Pen, Gilles Bresson et Christian Lionet (Seuil, 1994). Les faits et qualificatifs utilisés dans le premier paragraphe de ce texte sont tirés de cette remarquable biographie.]. Au mot près. Une grande figure de gauche, comme on sait… Drôle d’époque : cette description de mufle, qui sied à Le Pen comme à Siné, aura suffit pour beaucoup à attester l’appartenance de ce dernier au camp du Bien – je veux dire : de la gauche. Après tout, Le Pen vient bien de donner son certificat de chrétienne à la petite Dieudonné, alors pourquoi pas celui de « gauchiste » à Siné ?

Ce qui est beaucoup plus curieux, en revanche, c’est que personne ou presque n’ait tiqué à l’évocation du caractère prétendument libertaire de Siné. Et d’une, parce que Siné, dans sa jeunesse, ne fut jamais un libertaire façon Cohn-Bendit, mais un stalinien de la plus féroce espèce – positionné là où, déjà, il était loisible, avec la meilleure conscience du monde, de vitupérer, de condamner sans ambages et d’appeler à la baston. Et de deux, parce qu’être « paillard » est un concept idéologique assez flou : dans l’histoire récente, les pires salauds n’ont pas tous été des « coincés du c… » (Siné, dans le texte). Loin s’en faut ! D’Ernst Röhm (assassiné fardé et entourés de mignons lors de la nuit des Longs Couteaux) à Göering (grand et gros jouisseur), en passant par les frères Strasser (pamphlétaires pornos et partouzeurs notoires), le nazisme a amplement démontré qu’une liberté absolue, en matière de parole et de sexe, n’était en rien garante de progressisme, au sens où on l’entend aujourd’hui au Nouvel Obs[2. Dont le site, assez inexplicablement, est devenu un haut lieu de la défense de Siné.]. Ces voyous, eux aussi, parlaient cru et brocardaient les curés (et les Juifs, naturlisch), vomissaient les bourgeois et leurs convenances – peut-être aimaient-ils d’ailleurs aussi les chats ? Conclusion ? Aucune, précisément.

Dans l’affaire Siné, mieux vaut donc s’en tenir aux faits. Qu’importe, en effet, que Siné canarde sans distinction les toréadors et les tchadors, les rabbins et les tueurs de lapins, bref (presque) tout le monde. Par ses constants appels au meurtre et son incapacité à se défaire de la violence la plus crue dans ses écrits, il ne s’inscrit pas dans la filiation de Voltaire, de Zola ou de Camus, mais bien plutôt dans celle, autrement pathologique, qui débuta avec Marat. Arguer de ses outrances pour le dédouaner ? Siné lui-même en ricane : l’auteur du délicat « Je veux que chaque Juif vive dans la peur, sauf s’il est pro palestinien… » vient de reprendre son stylo-à-bile pour avertir qu’il continuera de nous donner du fil à retordre. Et du « fil barbelé », s’il vous plaît [3. Lettre ouverte de Siné, site du Nouvel Observateur, 4 août 2008.]. La classe.

Pièce rapportée

2

Un vendeur de bonbons espagnol a trouvé dans sa caisse une pièce d’un euro où le portrait du roi Juan Carlos a été savamment remplacé par l’effigie de Homer Simpson. La piste privilégiée par les enquêteurs de Madrid ? Il s’agirait d’un pourboire laissé par Hugo Chavez.

Pitié pour le matador

68

Ainsi donc, comme chaque été, on a pu voir ces jours-ci aux portes des arènes des cohortes de rombières vindicatives tenter d’empêcher les spectateurs d’assister aux corridas et même d’interdire, par voie légale, aux matadors de toréer. Et comme chaque année, bien que n’étant pas spécialement amateur de tauromachie, je me suis immédiatement senti solidaire des aficionados.

Tout d’abord, parce que les braillards qui condamnent la corrida sont de toute évidence des crétins infréquentables. Encore plus sûrs de leur bon droit que les propagandistes anti-tabac, encore plus hermétiques à la contradiction que les séides de Robert Ménard, ces professionnels de l’engagement zéro risque, nous indiquent à coup sûr quelles causes il ne faut pas défendre.

Et puis, la corrida a quand même inspiré Goya, Bizet et Picasso. Alors que la défense des animaux n’a légué à la civilisation que les discours pathétiques de Nicolas Hulot, les clichés de Yann Arthus-Bertrand et les canapés-lits en skaï.

Par ailleurs, et n’en déplaise aux abrutis qui font baptiser leur poisson rouge, on serait bien bête de ravaler l’homme au niveau de l’animal. Celui-ci est fait pour être domestiqué, mangé, ou éliminé par celui-là. D’ailleurs, on se pose moins de questions quand on use un insecticide contre les moustiques.

A ce tarif-là, on ne pourrait bientôt plus faire de feu de cheminée par respect envers le bois (qui « doit beaucoup souffrir » quand on le brûle) ni s’asseoir sur une chaise (qui « doit se sentir bafouée dans sa dignité quand on y pose ses fesses »).

De surcroît, il suffit de suivre cinq minutes une banda pour comprendre ce que la tauromachie a de miraculeux : dans une banda, derrière l’hélicon, la clarinette ou la grosse caisse, on retrouve côte à côte le gamin et l’octogénaire, la Marie-Hortense et le Mamadou, le DJ et l’agrégé. Aucun doute, la corrida a fait plus pour réduire la fracture sociale que de grandes marques célèbres de présidents de la République.

Et puis après tout, si le spectacle d’une corrida vous insupporte, c’est tellement facile de l’éviter. Contrairement à Marc Lévy, Laure Manaudou ou le Dalaï Lama.

Star Ac : gay unfriendly

1

Endemol vient de l’annoncer : la future Star Ac’ se déroulera rue Charlot, dans le Marais, au grand dam des riverains qui craignent un afflux massif d’adolescentes poussant de petits cris aigus dans un quartier où cette pratique est strictement réservée aux hommes. Pour notre part, nous félicitons la société Endemol : il n’y avait pas de rue mieux nommée pour accueillir l’académie des futures ex-stars.

L’Europe mourra-t-elle à Tbilissi ?

Il flotte dans l’air du Caucase comme un parfum de Guerre froide. Sans doute a-t-on usé de cette réminiscence à force de la brandir. Reste que la guerre que se mènent la Russie et la Géorgie, protégée de l’Amérique, fait bien penser à ce temps où deux superpuissances s’affrontaient, en Afrique et en Asie, par l’intermédiaire des mouvements de libération, guérillas et autres sectes que l’une et l’autre parrainaient. Sauf que là, pour la première fois depuis 1979, la Russie elle-même est descendue dans l’arène.

On dira qu’entre les années 1960 et 2010, le monde a changé – c’est indéniable. Il y a pourtant une tendance de longue durée qui crève les yeux mais qu’on préfère ne pas voir : aujourd’hui, comme à l’époque, l’Europe est paralysée. Et, paradoxalement, peut-être l’est-elle encore plus aujourd’hui qu’hier, quand elle était amputée de sa partie orientale, placée sous la bonne garde des chars russes. Il est vrai que si l’Europe de l’Ouest était l’enjeu symbolique de l’affrontement est-ouest, on n’y tira pas un coup de feu. En tout cas, la bonne vieille CEE dont les membres surent jouer de leur position centrale entre Est et Ouest parvint souvent, malgré sa vassalisation militaire, à mener sa propre diplomatie – celle de la « Détente ». On ne saurait en dire autant de l’actuelle Union. Peut-être parce que, se proclamant – et se pensant – fondée sur les Droits de l’Homme, elle ne comprend plus grand-chose aux aspirations des peuples.

L’Europe libérée, l’Europe réunifiée, l’Europe retrouvée… oui mais l’Europe divisée, minée par les aspirations irrédentistes ravivées par la chute du Mur de Berlin. Elle fut incapable d’empêcher ou d’arrêter la guerre en Yougoslavie. Tout simplement parce que ses membres n’ont ni les mêmes rêves, ni les mêmes cauchemars, ni surtout les mêmes intérêts. La guerre entre la Russie et la Géorgie vient aujourd’hui cruellement rappeler cette réalité de fer. Bref, ce qui se joue dans ce lointain si proche n’est pas notre approvisionnement énergétique mais l’avenir même de l’Union. Et il n’est guère prometteur.

Pour les anciens « pays frères » de l’Union soviétique, qu’ils soient aujourd’hui membres ou frontaliers de l’Union, la crise actuelle est la réalisation de leur pire cauchemar. Des Républiques baltes à la Bulgarie en passant par la Pologne, la Roumanie, mais aussi l’Ukraine, les regards se tournent alternativement Tbilissi, Paris et Bruxelles, Moscou et Washington. Comme s’ils se refusaient à croire ce qu’ils voient : l’Ours russe responsable de tant de leurs malheurs est en train de sortir de deux décennies d’hibernation ; il montre ses dents et ses griffes. La récré géopolitique est finie. On se dit que l’Histoire est de retour. À moins que ce ne soit la post-Histoire…

Laissons de côté les détails du conflit caucasien – imbroglio dont l’analyse exige mieux que l’information partielle et biaisée disponible pour l’instant. Le traitement réservé par le berger russe à la brebis géorgienne égarée est une question vitale pour la Pologne et les trois Républiques baltes. Il est significatif que, dans leur communiqué commun, ces pays se soient qualifiés « d’ex-nations captives de l’Urss ». Ce n’est pas une clause de style. En plein centre-ville de Riga, on peut visiter le musée « des occupations de la Lettonie 1940-1991 ». On ne comprend rien si on ne comprend pas que la longue expérience communiste a peu ou prou effacé dans la mémoire collective la féroce mais lointaine férule nazie. D’où ce daltonisme politique, si décrié par nos progressistes, qui rend les peuples de l’Est aveugles à la rassurante distinction entre rouge et brun. Non loin de Riga, à Vilnius, une stèle dressée devant le Parlement rappelle qu’en 2002 George Bush prit, au nom des Etats-Unis, l’engagement solennel de ne jamais abandonner la Lituanie. Sourd aux fantômes de ces petits peuples qui, sans doute, ne l’intéressaient pas plus que cela, Jacques Chirac se contenta, en 2004, de les engueuler vertement en les traitant en substance de caniches des Américains. Ce n’était pas une bonne idée.

Que cela plaise ou non, il faut admettre que chaque pays, et peut-être chaque peuple, est tributaire de son histoire et de sa géographie – et que de surcroît, peuples et pays ne coïncident pas, d’où la multiplication des foyers de tensions. Dans les anciens « pays satellites », la méfiance séculaire envers la puissance russe, nourrie par l’expérience communiste et attisée par une logique politicienne propre au jeu démocratique aboutissent à faire de la question des garanties militaires contre la Russie un enjeu disproportionné au regard de la réalité des intentions russes (le Caucase est une autre affaire). Légitime ou non, cela importe peu : à Riga, Vilnius et Varsovie on veut un protecteur sûr, qui ne tergiversera pas s’il faut user de la force pour ramener à la raison le voisin redouté. A l’évidence, l’Union européenne est incapable, et militairement, et politiquement, d’être ce puissant parrain. Restent les Etats-Unis et l’Otan que les nouveaux membres se sont d’ailleurs empressés d’intégrer dès qu’ils ont pu le faire.

L’ennui, c’est que les « anciens » ont de tout autres intérêts. La France, l’Allemagne et les autres veulent plutôt rassurer la Russie, la traiter avec plus d’égards, trop pensent certains, pour la convaincre que son intérêt à elle est d’avoir de bonnes relations avec l’Union. Politique raisonnable, au demeurant, dès lors que la Russie est en Europe – plus que l’Amérique en tout cas – et que le chaos russe ne profite jamais à personne.

Entre les uns et les autres, les petits nouveaux et les grands anciens, la tension est palpable, l’agacement réciproque perce derrière le langage diplomatique. Interrogé par un journaliste sur le communiqué des « quatre ex » qui appelle l’Otan et l’Union à « s’opposer à la propagation de la politique impérialiste et révisionniste dans l’Est de l’Europe », Bernard Kouchner n’a pas caché un mouvement d’humeur. « Il ne sert à rien d’insulter les gens », a lâché le chef de la diplomatie française à qui incombe la mission impossible de représenter les 27. Pour la France, pas question de montrer du doigt la Russie. « Ce ne sera pas la position de l’Europe », a affirmé Kouchner. Le plus probable est que l’Europe n’aura pas de position et donc, pas de politique. De même qu’elle n’en a pas eu lors de la déclaration d’indépendance du Kosovo, Etat que plusieurs membres de l’Union Européenne n’ont pas reconnu. Ce qui n’empêche pas les dirigeants de ce pays mal né, encouragés par les hordes de conseillers internationaux qui financent ainsi l’achat de leurs maisons de campagne, de promettre, en guise d’avenir radieux, l’adhésion à l’UE. Bien malin qui pourrait dire à quoi elle ressemblera, cette Europe Unie, dans cinq ou dix ans. Quoi qu’il en soit, hier dans les Balkans, aujourd’hui dans le Caucase, l’Europe politique est morte. A supposer que, depuis la Sainte Alliance, elle ait jamais existé.

Sarkozy traite le problème de l’immigration à la source

Les 3 et 4 novembre prochains, Nicolas Sarkozy a décidé d’organiser une conférence internationale à Vichy, dans la Région Auvergne chère à Hortefeux. Le choix de la ville d’eau est explicite : en finir avec la sinistre mémoire du régime éponyme. Le thème de la conférence, lui, est peut-être moins habile : l’immigration.

Pas de ça chez nous

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A priori, je suis bien sûr favorable au rattachement de la Wallonie à la France, prélude nécessaire à l’annexion intégrale de la Belgique, et, à terme, de la totalité de la rive gauche du Rhin. Mais, on the other hand, ai-je vraiment envie de me retrouver compatriote avec les abominables Frères Dardenne ?

Albert III, roi des Belges

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Assez représentatif de l’école néo-flamande, ce portrait d’Albert III, roi des Belges, est l’oeuvre de Jan van Verendael. Tenu pour un faux grossier par les historiens wallons de l’art (qui prétendent que les Ray Ban n’existaient pas au temps d’Albert III), le tableau reste néanmoins la pièce maîtresse du musée des Arts et traditions populaires wallones d’Antwerpen.

Jan van Verendael, Portrait de SM Albert III, roi des Belges. Huile sur toile conservée au musée des Arts et traditions populaires wallones, Antwerpen.

Insipides dating

Jour 1. Pas à tortiller : en amour, il faut raquer. Pour un mois : 29,99 euros. Pour six mois : 16,95 € mensuels (petite indélicatesse : il n’est pas clairement expliqué que, sans dénonciation explicite du contrat d’abonnement, il sera reconduit automatiquement). La romance commence donc par un arbitrage financier. Et continue par l’établissement d’une fiche digne des RG : âge, ethnie, taille, poids, photos, situation sociale, revenus, religion, etc. Sans omettre votre lettre de motivation (« annonce »). Magie à l’état pur.

Jour 2
Mon acolyte pour ce reportage : Dovra. Un collectionneur. Il passe en revue les fiches que j’ai sélectionnées la veille : « Les pas connectées depuis plus d’un mois, tu oublies. Pour les autres : un flash et un courriel type. » Pour attrapper l’âme sœur, en général, on se résigne à l’hameçon des petites astuces, mais là, c’est la pêche au filet dérivant. Dovra, lui, pianote en fredonnant du Bryan Ferry : « Jump up ! Bubble up ! What’s in store ? Love is the drug and I need to score… »

Jour 3
Café Marly, samedi après-midi, premier rendez-vous. Les premières entrevues se ressembleront toutes : elle flippe, habitué à filer rencard à Brad Pitt et à voir débarquer Michel Blanc. Sa panique se double du syndrome Price Minister : être retournée comme un colis décevant.

Jour 4
Moteur de recherche épatant : on peut trier selon ce qu’elles estiment le « plus attirant » chez elles. Les sophistiquées choisissent « le regard » ou « la nuque », les téméraires « les fesses », et les facétieuses optent pour « les pieds ». Les options « esprit » ou « humour » ne sont pas proposées. Au jeu du maquignon, et selon mes critères, je trouve : « Avocat » (229), « Fleuriste » (71), « Agriculteur » (8), « Chauffeur routier » (5), « Hôtesse de l’air » (215), « Médecin légiste » (kidding !). Et aussi des minis (moins de 1,49 m : 286), des girafes (plus de 1,98 m : 17) – dont Sala89 (1m99 pour 84kg), chasseuse de têtes dans le civil, qui dit parler kazakh et se définit comme « tenace ». Miam ! Bienvenue dans la cour des Meeracles.

Jour 5
Café de Flore, avec Blue_Shyn, jolie maman de trente-trois ans. Inscrite depuis deux ans – « une seule aventure » – et désabusée : « Je suis comme une DRH qui enchaîne les auditions de tocards… »

Jour 6
Une dizaine de messages chaque jour, des centaines de « nouveaux profils ». L’impression d’un cheptel. Il suffit d’entrer. De choisir. Meetic, le fantasme du backroom à portée des hétéros ?

Jour 7
Chez Fuxia avec Klara_Ma : premier blind date (pas de photo). Beaucoup de filles protègent ainsi leur anonymat, afin de ne pas être repérées par une connaissance. Dovra ricane : « Savoir si une nana est inscrite, même incognito ? Fastoche… » Lorsqu’on a oublié son mot de passe, le système propose de vous renvoyer vos « identifiants » par courriel. Un petit malin (ou votre femme…) peut donc aisément interroger le site en testant votre e-mail. De retour chez moi, j’essaye le courriel d’une insoupçonnable[1. Il ne s’agit pas d’Elisabeth L.]… Surprise !

Jour 8
D’origine malgache, Orinka88 se la joue « entretien d’embauche » lors de nos échanges. Bonne pâte, je tolère. Mais quand je retrouve cette créature habituée du Flore[2. Il ne s’agit pas de Marc C.] et qu’elle me décoche : « Un bon point pour toi, tu es ponctuel », je prends la mesure du romantisme à l’œuvre – sélectionné sur CV pour un entretien de débauche… En rentrant, un énième message de Calou4Ever, clone de Claire Chazal. Elle m’invite sur MSN, branche sa webcam, se met à poil (façon de parler : elle est 100 % épilée). Quelque part, Cupidon s’ouvre les veines.

Jour 9
Accoster un canon on line ? Mission impossible. A peine inscrite, elle reçoit un tombereau de mails. Ecœurée ou casée, la bombe ne connaît sur Meetic qu’une durée de vie éphémère. Deux hameçons possibles : un titre de mail qui se distingue des « Coucou ! » et autres « Slt ! » ou l’attente au coin du bois. Car, si dans la vie vraie, on les attend à la sortie (de la fac, puis du bureau…), ici, tout marche à l’envers : il faut les attendre à l’entrée. Catégorie : « nouveaux membres ».

Belgique : une fleur pour la couronne

1

Coïncidence qui aura échappé à Trudi Kohl : moribonde, la Belgique célèbre ces jours-ci au jardin botanique de Meise (Flandres) « la plus grande fleur du monde », l’Arum Titan, qui peut atteindre jusqu’à trois mètres. La particularité de cette plante, aussi surnommée « fleur cadavre », est de dégager au moment de sa floraison « une forte odeur de viande pourrie ». Les Wallons guettent déjà avec impatience le passage d’Interflora.

Siné, sans regret

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Vous trouvez son humour douteux ? Ses partisans eux-mêmes le reconnaissent volontiers – certains y voient la marque d’un esprit libre, d’autres un travers malheureux dont il ne se défera jamais… C’est ainsi. Il y a également son ton, toujours hargneux, sinon haineux, et cette incapacité à parler des femmes ou des homosexuels sans la moindre délicatesse. Grands dieux !, protestent ses amis, c’est un paillard, un Gaulois un peu anar, que voulez-vous ! Jeune déjà, il adorait provoquer, les militaires comme les curés – ce qui lui valu, un soir de beuverie, d’être appréhendé après s’être laissé aller dans un bénitier… Vous voyez le genre. Ses propos sur les Juifs sont ambigus, parfois odieux ? Mais c’est vous, bande-mous, qui tremblez de trouille devant le terrorisme intellectuel ! Il abuse d’une gouaille digne de Danton, son héros d’adolescence, voilà tout ! Il ne respecte rien, ajoutez-vous, c’est un sale type ? Eh bien, c’est faux : il adore les animaux, la musique – voilà qui renseigne, non ? – chante fort bien et, dans un registre plus sérieux, ne manqua pas de prendre des positions risquées au sujet de l’Algérie, soutenant même un candidat musulman…

Depuis le début de ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Siné, on ne s’est guère étonné des arguments avancés par les amis du dessinateur : pas antisémite parce que de gauche ; de gauche parce que ne respectant rien ni personne. Le portrait offert par ses proches à l’opinion le croquait ainsi en véritable réincarnation du Béru de San Antonio. Il suffirait donc de brailler, d’être un malotru qui ne résiste à aucune transgression pour être de gauche ? Un peu léger, comme titres… Pour preuve, et l’on voudra bien excuser cette petite malice : la liste des « reproches » ci-dessus adressés à Siné visait, en réalité, non pas Siné mais un dénommé Jean-Marie Le Pen[1. Le Pen, Gilles Bresson et Christian Lionet (Seuil, 1994). Les faits et qualificatifs utilisés dans le premier paragraphe de ce texte sont tirés de cette remarquable biographie.]. Au mot près. Une grande figure de gauche, comme on sait… Drôle d’époque : cette description de mufle, qui sied à Le Pen comme à Siné, aura suffit pour beaucoup à attester l’appartenance de ce dernier au camp du Bien – je veux dire : de la gauche. Après tout, Le Pen vient bien de donner son certificat de chrétienne à la petite Dieudonné, alors pourquoi pas celui de « gauchiste » à Siné ?

Ce qui est beaucoup plus curieux, en revanche, c’est que personne ou presque n’ait tiqué à l’évocation du caractère prétendument libertaire de Siné. Et d’une, parce que Siné, dans sa jeunesse, ne fut jamais un libertaire façon Cohn-Bendit, mais un stalinien de la plus féroce espèce – positionné là où, déjà, il était loisible, avec la meilleure conscience du monde, de vitupérer, de condamner sans ambages et d’appeler à la baston. Et de deux, parce qu’être « paillard » est un concept idéologique assez flou : dans l’histoire récente, les pires salauds n’ont pas tous été des « coincés du c… » (Siné, dans le texte). Loin s’en faut ! D’Ernst Röhm (assassiné fardé et entourés de mignons lors de la nuit des Longs Couteaux) à Göering (grand et gros jouisseur), en passant par les frères Strasser (pamphlétaires pornos et partouzeurs notoires), le nazisme a amplement démontré qu’une liberté absolue, en matière de parole et de sexe, n’était en rien garante de progressisme, au sens où on l’entend aujourd’hui au Nouvel Obs[2. Dont le site, assez inexplicablement, est devenu un haut lieu de la défense de Siné.]. Ces voyous, eux aussi, parlaient cru et brocardaient les curés (et les Juifs, naturlisch), vomissaient les bourgeois et leurs convenances – peut-être aimaient-ils d’ailleurs aussi les chats ? Conclusion ? Aucune, précisément.

Dans l’affaire Siné, mieux vaut donc s’en tenir aux faits. Qu’importe, en effet, que Siné canarde sans distinction les toréadors et les tchadors, les rabbins et les tueurs de lapins, bref (presque) tout le monde. Par ses constants appels au meurtre et son incapacité à se défaire de la violence la plus crue dans ses écrits, il ne s’inscrit pas dans la filiation de Voltaire, de Zola ou de Camus, mais bien plutôt dans celle, autrement pathologique, qui débuta avec Marat. Arguer de ses outrances pour le dédouaner ? Siné lui-même en ricane : l’auteur du délicat « Je veux que chaque Juif vive dans la peur, sauf s’il est pro palestinien… » vient de reprendre son stylo-à-bile pour avertir qu’il continuera de nous donner du fil à retordre. Et du « fil barbelé », s’il vous plaît [3. Lettre ouverte de Siné, site du Nouvel Observateur, 4 août 2008.]. La classe.

Pièce rapportée

2

Un vendeur de bonbons espagnol a trouvé dans sa caisse une pièce d’un euro où le portrait du roi Juan Carlos a été savamment remplacé par l’effigie de Homer Simpson. La piste privilégiée par les enquêteurs de Madrid ? Il s’agirait d’un pourboire laissé par Hugo Chavez.

Pitié pour le matador

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Ainsi donc, comme chaque été, on a pu voir ces jours-ci aux portes des arènes des cohortes de rombières vindicatives tenter d’empêcher les spectateurs d’assister aux corridas et même d’interdire, par voie légale, aux matadors de toréer. Et comme chaque année, bien que n’étant pas spécialement amateur de tauromachie, je me suis immédiatement senti solidaire des aficionados.

Tout d’abord, parce que les braillards qui condamnent la corrida sont de toute évidence des crétins infréquentables. Encore plus sûrs de leur bon droit que les propagandistes anti-tabac, encore plus hermétiques à la contradiction que les séides de Robert Ménard, ces professionnels de l’engagement zéro risque, nous indiquent à coup sûr quelles causes il ne faut pas défendre.

Et puis, la corrida a quand même inspiré Goya, Bizet et Picasso. Alors que la défense des animaux n’a légué à la civilisation que les discours pathétiques de Nicolas Hulot, les clichés de Yann Arthus-Bertrand et les canapés-lits en skaï.

Par ailleurs, et n’en déplaise aux abrutis qui font baptiser leur poisson rouge, on serait bien bête de ravaler l’homme au niveau de l’animal. Celui-ci est fait pour être domestiqué, mangé, ou éliminé par celui-là. D’ailleurs, on se pose moins de questions quand on use un insecticide contre les moustiques.

A ce tarif-là, on ne pourrait bientôt plus faire de feu de cheminée par respect envers le bois (qui « doit beaucoup souffrir » quand on le brûle) ni s’asseoir sur une chaise (qui « doit se sentir bafouée dans sa dignité quand on y pose ses fesses »).

De surcroît, il suffit de suivre cinq minutes une banda pour comprendre ce que la tauromachie a de miraculeux : dans une banda, derrière l’hélicon, la clarinette ou la grosse caisse, on retrouve côte à côte le gamin et l’octogénaire, la Marie-Hortense et le Mamadou, le DJ et l’agrégé. Aucun doute, la corrida a fait plus pour réduire la fracture sociale que de grandes marques célèbres de présidents de la République.

Et puis après tout, si le spectacle d’une corrida vous insupporte, c’est tellement facile de l’éviter. Contrairement à Marc Lévy, Laure Manaudou ou le Dalaï Lama.

Star Ac : gay unfriendly

1

Endemol vient de l’annoncer : la future Star Ac’ se déroulera rue Charlot, dans le Marais, au grand dam des riverains qui craignent un afflux massif d’adolescentes poussant de petits cris aigus dans un quartier où cette pratique est strictement réservée aux hommes. Pour notre part, nous félicitons la société Endemol : il n’y avait pas de rue mieux nommée pour accueillir l’académie des futures ex-stars.

L’Europe mourra-t-elle à Tbilissi ?

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Il flotte dans l’air du Caucase comme un parfum de Guerre froide. Sans doute a-t-on usé de cette réminiscence à force de la brandir. Reste que la guerre que se mènent la Russie et la Géorgie, protégée de l’Amérique, fait bien penser à ce temps où deux superpuissances s’affrontaient, en Afrique et en Asie, par l’intermédiaire des mouvements de libération, guérillas et autres sectes que l’une et l’autre parrainaient. Sauf que là, pour la première fois depuis 1979, la Russie elle-même est descendue dans l’arène.

On dira qu’entre les années 1960 et 2010, le monde a changé – c’est indéniable. Il y a pourtant une tendance de longue durée qui crève les yeux mais qu’on préfère ne pas voir : aujourd’hui, comme à l’époque, l’Europe est paralysée. Et, paradoxalement, peut-être l’est-elle encore plus aujourd’hui qu’hier, quand elle était amputée de sa partie orientale, placée sous la bonne garde des chars russes. Il est vrai que si l’Europe de l’Ouest était l’enjeu symbolique de l’affrontement est-ouest, on n’y tira pas un coup de feu. En tout cas, la bonne vieille CEE dont les membres surent jouer de leur position centrale entre Est et Ouest parvint souvent, malgré sa vassalisation militaire, à mener sa propre diplomatie – celle de la « Détente ». On ne saurait en dire autant de l’actuelle Union. Peut-être parce que, se proclamant – et se pensant – fondée sur les Droits de l’Homme, elle ne comprend plus grand-chose aux aspirations des peuples.

L’Europe libérée, l’Europe réunifiée, l’Europe retrouvée… oui mais l’Europe divisée, minée par les aspirations irrédentistes ravivées par la chute du Mur de Berlin. Elle fut incapable d’empêcher ou d’arrêter la guerre en Yougoslavie. Tout simplement parce que ses membres n’ont ni les mêmes rêves, ni les mêmes cauchemars, ni surtout les mêmes intérêts. La guerre entre la Russie et la Géorgie vient aujourd’hui cruellement rappeler cette réalité de fer. Bref, ce qui se joue dans ce lointain si proche n’est pas notre approvisionnement énergétique mais l’avenir même de l’Union. Et il n’est guère prometteur.

Pour les anciens « pays frères » de l’Union soviétique, qu’ils soient aujourd’hui membres ou frontaliers de l’Union, la crise actuelle est la réalisation de leur pire cauchemar. Des Républiques baltes à la Bulgarie en passant par la Pologne, la Roumanie, mais aussi l’Ukraine, les regards se tournent alternativement Tbilissi, Paris et Bruxelles, Moscou et Washington. Comme s’ils se refusaient à croire ce qu’ils voient : l’Ours russe responsable de tant de leurs malheurs est en train de sortir de deux décennies d’hibernation ; il montre ses dents et ses griffes. La récré géopolitique est finie. On se dit que l’Histoire est de retour. À moins que ce ne soit la post-Histoire…

Laissons de côté les détails du conflit caucasien – imbroglio dont l’analyse exige mieux que l’information partielle et biaisée disponible pour l’instant. Le traitement réservé par le berger russe à la brebis géorgienne égarée est une question vitale pour la Pologne et les trois Républiques baltes. Il est significatif que, dans leur communiqué commun, ces pays se soient qualifiés « d’ex-nations captives de l’Urss ». Ce n’est pas une clause de style. En plein centre-ville de Riga, on peut visiter le musée « des occupations de la Lettonie 1940-1991 ». On ne comprend rien si on ne comprend pas que la longue expérience communiste a peu ou prou effacé dans la mémoire collective la féroce mais lointaine férule nazie. D’où ce daltonisme politique, si décrié par nos progressistes, qui rend les peuples de l’Est aveugles à la rassurante distinction entre rouge et brun. Non loin de Riga, à Vilnius, une stèle dressée devant le Parlement rappelle qu’en 2002 George Bush prit, au nom des Etats-Unis, l’engagement solennel de ne jamais abandonner la Lituanie. Sourd aux fantômes de ces petits peuples qui, sans doute, ne l’intéressaient pas plus que cela, Jacques Chirac se contenta, en 2004, de les engueuler vertement en les traitant en substance de caniches des Américains. Ce n’était pas une bonne idée.

Que cela plaise ou non, il faut admettre que chaque pays, et peut-être chaque peuple, est tributaire de son histoire et de sa géographie – et que de surcroît, peuples et pays ne coïncident pas, d’où la multiplication des foyers de tensions. Dans les anciens « pays satellites », la méfiance séculaire envers la puissance russe, nourrie par l’expérience communiste et attisée par une logique politicienne propre au jeu démocratique aboutissent à faire de la question des garanties militaires contre la Russie un enjeu disproportionné au regard de la réalité des intentions russes (le Caucase est une autre affaire). Légitime ou non, cela importe peu : à Riga, Vilnius et Varsovie on veut un protecteur sûr, qui ne tergiversera pas s’il faut user de la force pour ramener à la raison le voisin redouté. A l’évidence, l’Union européenne est incapable, et militairement, et politiquement, d’être ce puissant parrain. Restent les Etats-Unis et l’Otan que les nouveaux membres se sont d’ailleurs empressés d’intégrer dès qu’ils ont pu le faire.

L’ennui, c’est que les « anciens » ont de tout autres intérêts. La France, l’Allemagne et les autres veulent plutôt rassurer la Russie, la traiter avec plus d’égards, trop pensent certains, pour la convaincre que son intérêt à elle est d’avoir de bonnes relations avec l’Union. Politique raisonnable, au demeurant, dès lors que la Russie est en Europe – plus que l’Amérique en tout cas – et que le chaos russe ne profite jamais à personne.

Entre les uns et les autres, les petits nouveaux et les grands anciens, la tension est palpable, l’agacement réciproque perce derrière le langage diplomatique. Interrogé par un journaliste sur le communiqué des « quatre ex » qui appelle l’Otan et l’Union à « s’opposer à la propagation de la politique impérialiste et révisionniste dans l’Est de l’Europe », Bernard Kouchner n’a pas caché un mouvement d’humeur. « Il ne sert à rien d’insulter les gens », a lâché le chef de la diplomatie française à qui incombe la mission impossible de représenter les 27. Pour la France, pas question de montrer du doigt la Russie. « Ce ne sera pas la position de l’Europe », a affirmé Kouchner. Le plus probable est que l’Europe n’aura pas de position et donc, pas de politique. De même qu’elle n’en a pas eu lors de la déclaration d’indépendance du Kosovo, Etat que plusieurs membres de l’Union Européenne n’ont pas reconnu. Ce qui n’empêche pas les dirigeants de ce pays mal né, encouragés par les hordes de conseillers internationaux qui financent ainsi l’achat de leurs maisons de campagne, de promettre, en guise d’avenir radieux, l’adhésion à l’UE. Bien malin qui pourrait dire à quoi elle ressemblera, cette Europe Unie, dans cinq ou dix ans. Quoi qu’il en soit, hier dans les Balkans, aujourd’hui dans le Caucase, l’Europe politique est morte. A supposer que, depuis la Sainte Alliance, elle ait jamais existé.

Sarkozy traite le problème de l’immigration à la source

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Les 3 et 4 novembre prochains, Nicolas Sarkozy a décidé d’organiser une conférence internationale à Vichy, dans la Région Auvergne chère à Hortefeux. Le choix de la ville d’eau est explicite : en finir avec la sinistre mémoire du régime éponyme. Le thème de la conférence, lui, est peut-être moins habile : l’immigration.

Pas de ça chez nous

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A priori, je suis bien sûr favorable au rattachement de la Wallonie à la France, prélude nécessaire à l’annexion intégrale de la Belgique, et, à terme, de la totalité de la rive gauche du Rhin. Mais, on the other hand, ai-je vraiment envie de me retrouver compatriote avec les abominables Frères Dardenne ?

Albert III, roi des Belges

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Assez représentatif de l’école néo-flamande, ce portrait d’Albert III, roi des Belges, est l’oeuvre de Jan van Verendael. Tenu pour un faux grossier par les historiens wallons de l’art (qui prétendent que les Ray Ban n’existaient pas au temps d’Albert III), le tableau reste néanmoins la pièce maîtresse du musée des Arts et traditions populaires wallones d’Antwerpen.

Jan van Verendael, Portrait de SM Albert III, roi des Belges. Huile sur toile conservée au musée des Arts et traditions populaires wallones, Antwerpen.

Insipides dating

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Jour 1. Pas à tortiller : en amour, il faut raquer. Pour un mois : 29,99 euros. Pour six mois : 16,95 € mensuels (petite indélicatesse : il n’est pas clairement expliqué que, sans dénonciation explicite du contrat d’abonnement, il sera reconduit automatiquement). La romance commence donc par un arbitrage financier. Et continue par l’établissement d’une fiche digne des RG : âge, ethnie, taille, poids, photos, situation sociale, revenus, religion, etc. Sans omettre votre lettre de motivation (« annonce »). Magie à l’état pur.

Jour 2
Mon acolyte pour ce reportage : Dovra. Un collectionneur. Il passe en revue les fiches que j’ai sélectionnées la veille : « Les pas connectées depuis plus d’un mois, tu oublies. Pour les autres : un flash et un courriel type. » Pour attrapper l’âme sœur, en général, on se résigne à l’hameçon des petites astuces, mais là, c’est la pêche au filet dérivant. Dovra, lui, pianote en fredonnant du Bryan Ferry : « Jump up ! Bubble up ! What’s in store ? Love is the drug and I need to score… »

Jour 3
Café Marly, samedi après-midi, premier rendez-vous. Les premières entrevues se ressembleront toutes : elle flippe, habitué à filer rencard à Brad Pitt et à voir débarquer Michel Blanc. Sa panique se double du syndrome Price Minister : être retournée comme un colis décevant.

Jour 4
Moteur de recherche épatant : on peut trier selon ce qu’elles estiment le « plus attirant » chez elles. Les sophistiquées choisissent « le regard » ou « la nuque », les téméraires « les fesses », et les facétieuses optent pour « les pieds ». Les options « esprit » ou « humour » ne sont pas proposées. Au jeu du maquignon, et selon mes critères, je trouve : « Avocat » (229), « Fleuriste » (71), « Agriculteur » (8), « Chauffeur routier » (5), « Hôtesse de l’air » (215), « Médecin légiste » (kidding !). Et aussi des minis (moins de 1,49 m : 286), des girafes (plus de 1,98 m : 17) – dont Sala89 (1m99 pour 84kg), chasseuse de têtes dans le civil, qui dit parler kazakh et se définit comme « tenace ». Miam ! Bienvenue dans la cour des Meeracles.

Jour 5
Café de Flore, avec Blue_Shyn, jolie maman de trente-trois ans. Inscrite depuis deux ans – « une seule aventure » – et désabusée : « Je suis comme une DRH qui enchaîne les auditions de tocards… »

Jour 6
Une dizaine de messages chaque jour, des centaines de « nouveaux profils ». L’impression d’un cheptel. Il suffit d’entrer. De choisir. Meetic, le fantasme du backroom à portée des hétéros ?

Jour 7
Chez Fuxia avec Klara_Ma : premier blind date (pas de photo). Beaucoup de filles protègent ainsi leur anonymat, afin de ne pas être repérées par une connaissance. Dovra ricane : « Savoir si une nana est inscrite, même incognito ? Fastoche… » Lorsqu’on a oublié son mot de passe, le système propose de vous renvoyer vos « identifiants » par courriel. Un petit malin (ou votre femme…) peut donc aisément interroger le site en testant votre e-mail. De retour chez moi, j’essaye le courriel d’une insoupçonnable[1. Il ne s’agit pas d’Elisabeth L.]… Surprise !

Jour 8
D’origine malgache, Orinka88 se la joue « entretien d’embauche » lors de nos échanges. Bonne pâte, je tolère. Mais quand je retrouve cette créature habituée du Flore[2. Il ne s’agit pas de Marc C.] et qu’elle me décoche : « Un bon point pour toi, tu es ponctuel », je prends la mesure du romantisme à l’œuvre – sélectionné sur CV pour un entretien de débauche… En rentrant, un énième message de Calou4Ever, clone de Claire Chazal. Elle m’invite sur MSN, branche sa webcam, se met à poil (façon de parler : elle est 100 % épilée). Quelque part, Cupidon s’ouvre les veines.

Jour 9
Accoster un canon on line ? Mission impossible. A peine inscrite, elle reçoit un tombereau de mails. Ecœurée ou casée, la bombe ne connaît sur Meetic qu’une durée de vie éphémère. Deux hameçons possibles : un titre de mail qui se distingue des « Coucou ! » et autres « Slt ! » ou l’attente au coin du bois. Car, si dans la vie vraie, on les attend à la sortie (de la fac, puis du bureau…), ici, tout marche à l’envers : il faut les attendre à l’entrée. Catégorie : « nouveaux membres ».